XVII . KAL . DEG • AN • MDCGGXLVIII
iETAT • ANN • LXI • M • IIII - D • XII
et au-dessous :
GAUSAM . OPTIMAM • MIHl TUENDAM • ASSUMPSI
MISEREBITUR . DEUS
Perbgiiino Rossi naquit à Carrare en juillet 4787 et fut banni de Tltalie en 4845. En 4845 il fut envoyé à Rome en qualité d*ambassadeur du roi des Français près du Saint-Siège, après trente années d*exil passées en Suisse et en France au milieu de savantes études et de brillants emplois. En 4848f Pie IX Tinvita à former un ministère, et Rossi accepta cette mission. A ses yeux, « le suprême pontificat était la seule grandeur qui fut encore debout, et qui, restant à l'Italie, lui attirait le respçct et les hommages du monde catholique. » Ces nobles paroles étaient un crime et sa perte fut résolue.
Le 46 novembre 4848, malgré les avertissements qui lui avaient été prodigués, Rossi voulut aller au Palais législatif; mais avant de s'y rendre, il alla trouver le Pape qui lui recommanda « de prendre toutes les précautions possibles pour éviter, disait-il, à nos ennemis un grand crime et à moi une immense douleur. » — « Ils sont trop lâches, avait répondu Rossi, ils n'oseront pas. » — « Dieu le veuille, reprit le Saiot-Père, en attendant, recevez la bénédiction que je vous donne de toute mon âme. » Pendant ce temps soixante assassins attendaient sous le vestibule de la Chancellerie ; ils formaient une aile de chaque côté du passage, dans toute l'étendue de l'espace qui séparait le carrosse de Rossi de l'escalier. Dès que le ministre parut, les sicaires commencèrent à siffler, à frémir, à grincer des dents; puis l'on entendit un efTroyaMe rugissement de voix qui hurlaient : tt Massacrez-le, massacrez-le ; à bas Rossi , mort à Rossi ! » Au milieu de cette tempête Rossi s'avança vers l'escalier, la tôte haute, la démarche assurée, le regard fier. A peine eut-il fait quelques pas, qu'un des assassins le heurta avec le bout d'une canne au flanc droit. Rossi tourna la tête ; au même instant un des sicaires sortit do la file opposée, passa rapidement devant lui et lui porta un coup de poignard, à gauche du cou qui se montrait à découvert. Rossi n'en continua pas moins sa marche, mais bientôt ses forces l'abandonnèrent, il commença à chanceler, se traîna
278 ÉGLISE DE SAINT-LAURENT-m-DAMASO.
▼ers le mur pour y chercher un appui et tomba en défaillance pendant qu^an large ruisseaa de sang sortait de sa blessure. Transporté dans les appartements du cardinal Gazzoli, à la Chancellerie, il put encore recevoir Tabsolution du curé de Saiot-Laurent-tn-Dama<o et mourut en répétant la pieuse invocatioo Gesù mio misericordia. Puis des bandes hideuses parcoururent les rues de Rome, promenant le meurtrier en triomphe et portant attaché à leur drapeau le poignard homicide. Elles chantaient : Bene<ieUa la mano che Rossi pugnalà, « bénie soit la main qui a poignardé Rossi. • Après avoir parcouru toute la ville, elles s'arrêtèrent devant la maison de la veuve de Finfortuné ministre et s'efforcèrent d*élever jusqu'à la hauteur de l'appartement le drapeau et le poignard.
On peut voir dans le palais de la Chancellerie, à côté de l'église, l'escalier qui fut rougi du sang de cette victime de la révolution.
La sacristie est à côté du monument du comte Rossi ; on y admire une belle statue de saint Charles Borromée par Etienne Maderne. Au fond de la nef latérale gauche est l'autel dédié à saint Michel et à saint André. Le maître-autel a été dessiné par le Bernin ; le tableau qui représente le couronnement de la sainte Vierge est de Zuccaro. Sous l'autel reposent le pape saint Damase et saint Eutychius, martyr.
Nef latérale droite. Le premier autel possède une image de la Madone , très-ancienne et qui a été apportée d'Orient. En continuant à se diriger vers le vestibule, on rencontre successivement l'autel de Notre-Dame du Rosaire , celui de la Madone addolorata, les fonts baptismaux et enfin , dans le vestibule, la chapelle du Saint-Sacrement. On remarque dans cette collégiale les tombeaux du poète Annibal Garo, de Sadolet, le secrétaire de Léon X, et de Caprera, capitaine des armes de Pie VL
SAINT-LAURENT-IN-FONTE (S. Lorenzo in Fonte),
Via Urbana,
Cette église est bâtie au-dessus de la prison dans laquelle saint Laurent fut enfermé avant de subir le martyre ; cette prison est construite de pierres quadrangulaires. Le éaint diacre y convertit Hippolyte, chevalier romain, qui était chargé de le garder, et pour baptiser le néophyte il fit jaillir du sol une fontaine d'où l'église a pris son nom. Il y baptisa