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Temple de Jupiter Fêrétrien. Voir p

10. Temple de Mars Ultor, érigé par l'empereur Auguste à Mars Vengeur. Ce temple était le complément du forum qu'Auguste avait bâti dans les environs du Forum de César.

Il ne reste plus d'autres vestiges de ces monuments que YArco de Pantani dans la Via di Tor de' Conti, la muraille formée d'énormes quartiers de travertin , unis au moyen de pivots de bois qui constituaient l'enceinte de l'édifice et les trois colonnes cannelées à chapitaux très-ornés qui entouraient la cella du côté gauche du temple.

11. Temple de Minerva Medica (dans une vigne à gauche de la Via di Porta Maggiore)^ consistant dans une grande rotonde divisée en dix travées qui ont chacune leur niche. Il faut cependant en excepter la travée à laquelle correspond la porte d'entrée. C'est aujourd'hui une ruine des plus imposantes.

12. Temple de Pallas, érigé par Domitien en l'honneur de Minerve, à laquelle il avait voué un culte particulier. Ce temple faisait partie du forum commencé par ce prince et achevé par Nerva. Les deux colonnes d'ordre corinthien qui sont enterrées aux deux tiers et désignées sous le nom de Colonnaccie dans la Via Alessandrina, sont tout ce qui nous reste de ce temple. Il y a cependant des antiquaires qui prétendent qu'elles appartenaient au forum même de Nerva.

13. Le Panthéon (la Rotonda sur la place de ce nom entre le Corso et la place Navone). C'était le plus beau des nombreux monuments qui s'élevaient dans l'immense plaine du Champde-Mars. Il avait été b&ti l'an 27 avant Jésus-Christ par Agrippa en l'honneur de Jupiter Verdeur. Elevé sur un soubassement

aujourd'hui enfoui en partie, il est précédé d'un péristyle de SS'^ySO de largeur sur 25 m. de profondeur, composé de seize colonnes de granit. Elles sont d'un seul bloc et ont au moins 14'",64 de hauteur. Une d'entre elles y a été placée, en 1627, par Urbain YIII ; on la reconnaît à l'abeille (signe distinctif des armoiries des Barberini) qui en décore le chapiteau ; deux autres y furent introduites par Alexandre YII, qui fit intercaler entre les feuilles l'étoile des Ghigi. Ces colonnes rangées par huit de front, supportent un majestueux fronton, dont le tympan était décoré autrefois d'un bas-relief en airain qu'on a supposé représenter Jupiter foudroyant les Titans. Les entre-colonnements vont en diminuant, à partir de celui du milieu ; les colonnes des extrémités ont un diamètre un peu plus fort que celles du milieu. Sur la frise on lit l'inscription suivante : m . agrippa . l . p . cos . tertium . fecit . (Fait par Marcus Agrippa, fils de Lucitis, consul pour la troisième fois). L'inscription de l'architrave nous apprend l'époque certaine de la restauration faite l'an 202 après Jésus-Christ par les empereurs Septime-Sévère et Garacalla, ainsi que la dénomination de Panthéon sous laquelle l'édifice était désigné à cette époque : pântheum . vetustate . corruptum . cuM . OVNI . cuLTu . RESTiTUERUNT. Lcs abopds dc cc mouument étaient, à l'époque d'Auguste, bien difiTérents de ceux qui l'entourent aujourd'hui. Un escalier de sept degrés, dont on n'en voit plus que deux, conduisait au péristyle. De chaque côté de la porte il y a une niche. Agrippa avait fait placer la statue de l'empereur dans celle de droite et la sienne dans celle de gauche. Urbain VIII fit enlever en 1632 les lames de bronze qui couvraient les poutres et les clous de même métal de la toiture du portique, pour les employer aux magnifiques colonnes torses qui soutiennent le baldaquin de la Confession de Saint-Pierre au Vatican. A en croire Venuti (Antichità di Roma, paA. II, c. 3), les poutres seules pesaient 450,251 livres. A l'intérieur, le temple est circulaire et couvert par une coupole dont la forme a valu au monument le nom de Rotonda; elle a iS'^A^ de diamètre et autant de hauteur. La coupole repose sur un mur de 25 pieds d'épaisseur dans lequel étaient

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ménagés huit édicules, transformés aujourf bvii en autels ornés d*an flronton que soutiennent deux colonnes de divi^rs marbres colorés ; la plupart sont de jaune antique. Lia porte s*oavre sur des pilastres de bronze ; les architraves sont en marbre blanc. La porte de bronze est Fantique port^ du temple même. Les pilastres à rentrée de Féglise sont en povmazeUo, mflrbre blane veîné de violet. Entre ces édicules on a creusé dans le mur trois chapelles eircolaires et quatre en parallélogramme. Dans ces chapelles et ces édicules devaient se trouver les statues d'airain, d'argent, d'or ou d'ivoire des principales divinités de Rome. Jupiter Vengeur occupait la grande niche qui fait fyee à la porte d'entrée.

Les magnifiques eolonnes fui régnent autour de la Rotonde, supportent un entableihent de marbre blanc rehaussé par une frise de porphyre. Un attique de marbre, dans lequel sont quatorze niches carrées, ornées de chambranles et de frontons, surmonte cet entablement. De là s'élève la voûte partagée en cinq rangs de caissons, dont les plus grands ont près de 4"',02 sur 3"',87 ; ils étaient autrefois ornés (te rosaces d'airain doré. Le Panthéon n'a aucune fenêtre ; il reçoit la lumière par une seule ouverture oirt^ulaire de 8 mètres de diamètre pratiquée dans le milieu de la voûte. Le pavé qui a été surlevé, est formé de porphyre et de différents marbres disposés en compartiments ronds et carrés; il s'abaisse insensiblement vers le centre pour laisser l'eau qui tombe de haut s'écouter par l'ouverture circulaire dont nous venons de parler.

Ge temple, que le paganisme avait dédié à toutes ses divimtés, resta fermé depuis 891 jusqu'en 608. A cette époque Boniface lY, tout en conservant un monument si précieux de l'antiquité romaine, voulut lui enlever le caractère qui en faisait un souvenir vivant de l'idolâtrie. U obtint de l'empereur Phoeas l'ancien Panthéon qu'il purifia en le consacrant* au seul et unique Dieu, sous l'invocation de Marie et des saints Martyrs ; de là lui est venu le nom de Santa Maria ad Martyres, il y transporta, pour la consécralion, vingt-huit chariots d'ossements sacnis, provenant dm catacombes, et y plaça l'antique

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image d^ la Sainte Vierge que 1^ Ghainitre dp Saint-Piei^ couroQuaaii 16S2. Eu 663, Gonetant II enleva le3 tuile9 djç bronze qui eouvraient le toit de la Rotonde, ainsi que toutes les dtatues du même métal qui avaient échappé à la rapacité des barbares. Les Souverains Pontifes np cessèrent de vei)ler à la ûonservatipB de Tœuvre de Marcas Agrippa. Grégoire III, en 73i, répara les ruines faites par Constant II, en faisant recouvrir le Panthéon de plaqi^ dp plomb. Le pape An^^tase IV fit construire à côté de ce temple un palais qui a toi^jours été reconnu comme dépendant directement du Souver rain Pontife. Martin V, JSugène IV, Nicolas V, Pie IV et Clément VIII fireot sucopssivemeot dégager et réparer l'édifice. Urbain VIII adopta la n^alheureuse idée-de l'affubler des dpuf iûsigoiAants campaniles qui le défigurent encore aujourd'hui. Benoît XIV confia )a restauration de l'édifice ^ Tarcbitecte Posi et, par sa bulle Sufnmi sacrQrum, le mit sous la protecr tion spéciale des Papes. Pie VII renouvela une partie de 1^ couverture de la coupole et fit &ire des fouilles ^e long du côté occidental du portique. Sous Pie IX, on fdémolit, en 1852, plusieurs maisons adossées à l'église.

Voîei ee que les différeptes chapelles de l'église du Panthéon offrent déplus remarquable au voyageur. La l"" à drpite : Tableau de la sainte Yiei^ge <^t de saint Nicolas ; la ^ Notrç- Dao^; la 3® : divers saints; la i^ : une descente i\k Saint- Esprit par Gabruzzi ; la S"" : sainte Anne par Ottpni ; la 6^ : le martyre de saint Etienne par Pozzi ; la V: la statue de saint Aaasjtase par Moderati; la S"" : le maître-ai^tel construit par Clément XJ et l'iiQage miraculeuse de la sainte Vierge ; la S^* : la statue de saint Césarée par Cametti ; la 10^ la chapelle du Crucifix. Ici repose une partie des restes d^ ordinal Hercule Consalvi, le fidèle ministre d'Etat de Pie VII, le négociateur du concordat de 1801, le défenseur du domaine temporel des Papes au Congrès de Vienne, en 1815. Le bas-relief du monument qui lui fut érigé et le portrait, d'une ressemblance admirable qui le surmonte, sont du danois Thorwaldsen. La H« : la statue de la Madona del Smso sculptée par Lorenzo Lotti surnommé Lorenzetto. A gauche sous le soubassement

de cette statue on conserve les restes de Raphaël Sanzio d*Urbin. D*un côté repose sa fiancée qui le précéda de trois mois dans la tombe ; de Tautre, Annibal Garracbe. Nous donnerons plus loin quelques détails sur les derniers moments et l'ouverture du tombeau de i'immortel auteur de la Trans^ figuration, La 12« chapelle est dédiée à saint Thomas ; tableau par Bonzi. La 14^ appartient à l'association des Virttwsi, qui n'admettent dans leurs rangs que des peintres, des sculpteurs, des architectes, des graveurs ou d'autres personnes d'un mérite distingué. Une foule d'artistes ont voulu être enterrés dans cette chapelle érigée, en 1543, par D. Adjutorio, chanoine de cette église. Le fondateur y déposa une quantité considérable de la terre qu'il avait apportée lui-même de Jérusalem. Balthazar Peruzzi , del Vaga , Jean d'Udine , Thadée Zuccari , Flaminius Vacca attendent ici, à côté de Raphaël, le jour de la résurrection générale. Enfin la 1S« chapelle a une Assomption de médiocre valeur.

Avant 1820, on plaçait dans des niches les bustes des artistes enterrés dans cette église. Gomme le nombre en devenait par trop considérable, Rome, gardienne des prescriptions liturgiques, dut mettre un terme à cet abus. Pie VU chargea Antonio Ganova de les enlever, pour les exposer dans un lieu profane. G'est là l'origine de la Protomothèque du Gapitole. On a cependant conservé les inscriptions érigées à la mémoire des artistes que nous avons nommés plus haut.

Les Thermes d'Agrippa étaient adossés à la partie postérieure du Panthéon. Plusieurs antiquaires vont môme jusqu'à prétendre que le temple lui-même n'était qu'un appartement de ces immenses salles de bains, léguées par le ministre d'Auguste au peuple romain.

Mort et découtbrtb des derniers restes de Raphaël. — Raphaël n*avait pas encore achevé le tableau de la Transfiguration , lorsqu'il sentit tout-à-coup approcher sa dernière heure. Une fièvre violente et maligne Tavait saisi pendant ses recherches au milieu des ruines de Rome et sa délicate organisation , surexcitée par un excès de travail, allait succomber à la première atteinte de la maladie. Néanmoins il put encore mettre ordre à ses dernières Tolontés. U avait déjà choisi autrefois son tombeau dans te Panthéon et y avait fait restaurer dans ce but Ton des édicules. On con-

tlniisil en deseous , d'après son indicatioo , un caveau sépulcral et Tautel foi placé devant. Il ordonna de plus* qu'on décorât cet autel d*une statue de la Sainte Vierge en marbre dont il confia l'exécution à Lorenzetto. La Sainte Vierge tient dans ses bras Tenfant Jésus représenté debout. A considérer cette statue au point de vue de Part, elle a les qualités de la période artistique de cette époque, mais elle ne se distingue ni par une création originale et saisissante, ni par une exécution parfaite. Raphaël consacra en outre une somme de mille écus d'or à Tachât d'une maison, dont le revenu servirait à Tentretien de la chapelle et au traitement du chapelain diargé de dire, chaque mois, une messe pour le repos de son âme. Cette maison située au bout de la via de* Caronari et désignée sous le nom de Vitnagine, a été tellement grevée depuis 4703, qu'elle ne rapporte plus que quelques scudi au profit de la Rotonda.

Après qu'il eut ainsi réglé ce qui le concernait, le grand artiste reçut les sacrements de TEglise et se recommanda à la miséricorde de Dieu. La nuit du Vendredi-Saint au samedi, entre 9 et 40 heures, Raphaël rendit le dernier soupir à l'âge de 37 ans, au jour anniversaire de sa naissance, le 6 avril 4520. Il fut exposé dans sa maison, sur un catafalque entouré de cierges allumés ; derrière était dressé le tableau — inachoYé — de la Transfiguration. Une foule immense accompagna ses restes de la place Saint- Pierre au Panthéon. Le corps fut déposé sous la voûte sépulcrale derrière l'autel, près de la place où se trouve l'inscription à la mémoire de sa fiancée Maria da Bibiena , nièce du cardinal de ce nom. On grava sur le socle à gauche l'épitapbe suivante composée par le cardinal Bembo :

BAPHAELf . SANCTIO . JOANIV. . F . URBINATI

PICTOBI . EMINBNTIS8 . VBTBBVMQ . MMVIO

CCJUS . 5PIBANTE8 . PBOPB . IMAGINES . SI

CONTEMPLERB . NATUBA . ATQCB . ABTIS . FŒOUS

FACILE . INSPBXBBIS

JULII . Il . ET . LEONIS . X . PONT . MAXX . PICTUBA

ET . ABCBITBCT . OPBBIBUS . OLOBIAM . ADXFT

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