ILLE • HIC . EST . RAPHAËL . TIMUIT . QUO . SOSPITB . VINCI
BEBUII . MAONA . PARENS . ET . MORIENTB . MOBI
Les restes mortels de Raphaël étaient demeurés plus de trois siècles dans la sépulture qu'il avait désignée lui-même, quand, en 4833, il s'éleva tout à coup an grand débat, non-seulement au sujet d'une tête de mort qne Ton conservait précieusement dans une boite en verre, à TAcadémie de S. Luc, mais encore relativement à Téglise où le grand peintre d'Urbino
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âQmtt été Inbamé, quelques auteurs attribuant cet honueur à Téglise de la Mioerve. Le chevalfer de Pabris , sculpteur et régent de Tassociation des Virtuosif obtint du gouTernement pontiGeal rautorisatioo de faire des recherches au Panthéon. On les commença te 9 septembre à midi. Le 44 du même mois, et à la même heure, on trouva un sépulcre, analogue de tout point à ce que Vasari en rapporte dans la vie de Raphaël ; c*est-à-dtre un cercueil enveloppé de maçonnerie, et qui, malgré son état de destruction presque complète, contenait cependant un squelette assez bien conservé. Le cercueil en bois de pin était recouvert d*un fort crépi de chaux et de travertin pilé, où se voyaient parfaitement empreintes les veines du bois. L*enve1oppe de maçonnerie offrait des ornements légèrement peints en noir et en rouge. Le squelette avait en longueur environ cinq pieds deux pouces de France. La tète, selon Tusage canonique, était tournée dn cété droit de Tautel, et, diaprés le moule en plâtre, devait être d'une beauté parfaite.
Le 48 octobre suivant, les bonnenrs funèbres furent rendus une seconde fois à Raphaèl. Devant Tantel on avait élevé un catafalque, sur lequel le nouveau cercueil de bois de pin verni fut entouré de cierges allumés. Après que raulhenticité du squelette eut été constatée de nouveau, le notaire dressa un acte écrit sur parchemin, que Ton enferma dans un cylindre de pfomb et qu*on joignit aux ossements. Pendant le chant du Miserere , le cercueil de bois fut déposé dans un sarcophage de marbre donné par le pape Grégoire XVl. Ce cercueil de bois en contenait un autre en plomb avec un couvercle de même métal. Sur le couvercle en marbre il y avait un monogramme du Christ avec une croix de chaque côté gravée en creux. Quand le sarcophage eut été descendu sous la voûte sépulcrale, le chevalier Fabris mit la première brique recouverte de ciment pour fermer le tombeau ; après lui les autres présidents de rAssociation vinrent successivement ajouter une brique à la maçonnerie et terminèrent ainsi la solennité (4).»
14. Temple de Remus ou« selon d'autres archéologues, de RoNULUs (église des saints Gosme et Damien au Forum). On ignore l'époque' précise de sa construction; plusieurs le font remonter à Septime-Sévère ou à Caracalla. Ce temple est de forme circulaire. En 827, saint Félix IV s'en servit comme vestibule de la basilique qu'il éleva en l'honneur des saints martyrs Cosme et Damien. Saint Grégoire le Grand restaura cette basilique et l'érigea en diaconie; en 689, saint Ser-
(4) napkaël drUf^n, par J. D. Passavant, 1. 1 , p. 978 , 881. Lettre de Fréd. Overbecik à Phil. Veft,
EGLLSE DES S.\INTS COSME ET DA5IIEN
dessenie car les IVrra du tiers 'ordrc dcS.Irraifoii.
ÉCiIftB DI^S SS. COSNB El DAMIBN. 3&
pus I la fit couvrir de ]NroB;ie; eQ 781, Adrien I la recaa* straistt et Qi ornep le vestibule de deux portes de bronze amique qu'on avait trouvées à Pérouse; enfin, ep 1632, Urbsda VIII la confia à rarchiteete Arrigujcci qui , exhaussant le pave, i^especta la crypte et oma Téglis^ supérieure de peintures et d*uu plafond doré.
Saints Gosmb r Damibn étaient nés en Arabie. lis exerçaient la œéâectoe arec ua snocès qui les fit oonoaSIre de Lysias, prâfet sons Dieclétien etMaximieD. Ivterrogés sur leur religiec, nen seulement ils ne rougirent pas de leur foi, mais la déclarèreot indispensaMe à 4eus pour être sauvés. Sur cette réponse, le magistrat ordonna d'employer contre eux les plus cruels supplices; la sentence fut exécutée immédiatement et à plusieurs reprises. Jetés à la mer avec les chaînes dont ils avaient été chargéf*, ils eo sortirent sains et saofis et délivrés de toute entrave. Précipités dans nn bAcher ardeot, ils furent de même respectés par les flammes. Enfin ils forent Tun et Tautce frappés par la bâcbe du bourreau vers Tan 303.
L'église, comme nous l'avons dit plus haut, est précédée 1. de la Cella (1) de l'ancien temple de Romulus et Remus. A l'entrée on voit 2. deux pierres que l'on attachait autrefois aux pieds des martyrs. 3. Chapelle du Crucifix, tableau de Speranza; sous l'autel, un vase de porphyre ren- Terme les reliques de divers saints. 4. Chapelle Baglioni, peinte par le chevalier Baglioni ; saint Jean ressuscitant un mort. 5. Saint Antoine, copie d'un tableau de Carrache. 6. Saint François d'après Muziano. 7. Mosaïque de l'arc. Au centre est l'Agneau posé sur un trône que surmonte une croix et dont le degré porte un livre ouvert ; un disque circulaire forme comme un nimbe qui entoure cette représentation symbolique. D'un côté trois candélabres, quatre de l'autre, complètent le nombre des sept lampes allumées devant le trône de Dieu. Deux anges à gauche et deux anges à droite, tous vêtus de blanc, marchent sur des nuages ; à l'extrémité gauche, Thomme ailé, symbole de l'évangéliste saint Mathieu ; du côté opposé, Y Aigle, symbole de l'évangéliste saint Jean. Lorsque l'église a été modernisée, le Bœuf et le LUm dispa-
(1) Voir le plim ci -joint.
36 ÉGLISE DES SS. COSMB ET DAMICN.
furent par la diminution de l'arc, de même que le groupe des vingt-quatre vieillards qui sont encore indiqués par deux bras couverts d'un manteau et supportant une couronne aux extrémités de l'arc (i). 8. Image antique de la Sainte Vierge à l'époque de saint Grégoire le Grand. 9. Mosaïque de l'abside. Au sommet apparaît le Sauveur, debout, la main droite levée pour bénir, la gauche tenant un volume, probablement l'Evangile. Une dalmatique de pourpre et un manteau d'une blancheur éclatante forment son vêtement sur lequel brille le T, monogramme symbolique de l'Homme- Dieu crucifié. La figure du Sauveur, ornée du nimbe circulaire, mais non radié, est d'une majesté extrême. A droite du Sauveur paraissent trois personnages magnifiquement vêtus : saint Pierre conduisant au Sauveur saint Cosme qui porte en ses mains une couronne ornée de fleurs; c'est le pain de l'oblation offert par les fidèles pour le sacrifice et qu'ils avaient coutume de couvrir de fleurs. A la suite du saint martyr vient le pape saint Félix, fondateur de l'église, dont il tient le modèle dans ses mains. A gauche de Notre-Seigneur est saint Paul conduisant saint Damien, distingué par le même attribut que son frère. Ce dernier saint est suivi de saint Théodore, général martyrisé sous Licinius ; il porte sur ses mains, que recouvrent les plis d'une riche chlamyde, une couronne d'oblation. Le sol de la Judée que foule cette assemblée de saints, est désigné par le nom du fleuve Jordanes et par les palmiers qui s'élèvent en arrière de saint Théodore et du pape Félix. Un symbole que l'on rencontre dans cette mosaïque pour la première fois, mais que l'on retrouve plus tard ailleurs, est un oiseau dont la tête se détache sur une étoile rayonnante ; les interprètes y voient un phénix et une image de la résurrection. Au dessous de cette composition s'étend, sur toute la longueur, une zone étroite : Jésus-Christ y est figuré sous la forme d'un agneau nimbé, debout sur un monticule d'où s'écoulent les quatre fleuves du Paradis, désignés par leurs noms : gion, ftson, tigris, evfrata. Les Apôtres
(4 ) Des mosaïques chrétiennes de Rome , par Henri Barbet de Jouy, p. S5.