ÉGLISE DE SA1NTE-MAR1& DE-LA-VICTOJRE
avec toute cooûaoce, sans probibiliou. » — Eafio c*est ici que Dieu 8*est terni près de lui et Ta cooforlé. AjoutODs que ce fut de Rome que saint Paul écrivit son épUre aux babitaots de Colosse et la magnifique épitre aux Hébreux.
SAINTE-MARIE-DE LA- VICTOIRE (S. Maria della Vittoria),
Dans la via de la Porta Pia.
Cette église a pris ce nom du grand triomphe remporté par Maximilien de Bavière sur les protestants, à la bataille de Prague en 4620. La maison d'Autriche avait alors, comme aujourd'hui, Thonneur d'être un objet de haine de la part des héri tiques. Ferdinand II venait d*élre 'élu successeur deTempereur Malhias. La Bohème se révolta nommant pour empereur Frédéric, électeur palatin. Les autres princes protestants d'Allemagne ad-' hérèrent immédiatement à ce parti. La Hongrie et T Autriche même se révoltèrent.
En ce temps-là, il y avait à Rome, un carme déchaussé, le vénérable Domtnique-de-Jésus-et-Marie, religieux espagnol de grande vertu. Maximilien de Bavière, général en chef des troupes catholiques, le demanda instamment au Pape, comme un appui nécessaire dans la grande lutte qu'il allait engager. Il l'obtint après beaucoup d'instances, et le religieux, quoique chargé d'années et d'infirmités, partit pour accomplir ce qu'il avait promis au pontife, en lui montrant la croix et en disant : te Ce crucifix en main, je braverai toutes les fatigues de la guerre, et ne cesserai d'exhorter l'armée catholique jusqu^à ce que nous ayons la victoire. » Il partit donc de Rome en 4620, et Maximilien le reçut à son camp, « le considérant comme l'ange de Dieu, la force de son armée et la consolation de son ôme. » Le saint religieux, de son côté, avait déjà eu la révélation d'une Tîctofre qu'il pré- |)ara par son énergie, ses conseils et surtout par ses prières.
Au moment où la bataille était imminente, il arriva un jour au château de Strachonitz, et il y trouva parmi les images détruites ou profanées par les calvinistes, celle qui devint bientôt célèbre sous le nom de Notre-Dame de la Victoire. Un soldat avait enlevé avec son poignard les yeux à la Sainte- Vierge, à Saint-Joseph et aux bergers, figures de cette peinture qui représentait la Nativité du Sauveur. Le religieux la recueillit avec une douloureuse vénération. Entretemps l'armée catholique, forte seulement de 25,000 hommes, arriva devant Prague, où l'ennemi l'attendait quatre fois plus nombreux. La mêlée s'engagea, et le duc voyant faiblir les siens, accourut près du saint religieux qui priait, lui demandant avec instance d'obtenir l'accomplissement de la promesse divine. Dominique, apprenant la triste nouvelle, prit un cheval, et portant sur sa poitrine l'image profanée par les impies, arriva sur le champ de bataille. Là, tenant eu nain son cru-
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cifix, il se précipita au devaut des fuyards, les arrêta et la bataille reoommeoça. Après trois heures de lutte acharnée, reunemi vaincu 8*enfuit à son tour, après avoir essuyé une perte immense et une irréparable défaite.
Le 8 novembre 4620, le vénérable Père Dominique entrait à Prague avec Tarmée victorieuse. Il portait, comme dans le combat, Timage glorifiée de Marie, et chantait en son honneur ces paroles gravées dans Téglise de Santa Maria délia Vittoria *« Gaudê, Maria virgo, eunetas hcereses sola tnteremisti, » Réjouissez- vous, ô Vierge Marie, seule vous avez écrasé toutes les hérésies. 11 revint ensuite à Rome pour y déposer la sainte image dans une église de son ordre, suivant le vœu qu*il en avait fait L'empereur Ferdinand consacra, par reconnaissance, ses sujets et son empire à la puissante Mère de Dieu. 11 donna une couronne d'or ornée de pierreries à rimage, et y joignit, pour le sanctuaire, vingt-cinq drapeaux pris sur Tennemi. Le duc Maximilien donna aussi une couronne et un sceptre en argent doré, enrichi de pierres précieuses, et vingt drapeaux. Il fit exécuter de plus dans Téglise de Notre-Dame-de-la-Victoire des tableaux où l'on a représenté les différentes phases de la bataille.
Quand le vénérable Carme arriva à Rome, Grégoire XV avait succédé à Paul V sur le siège ponlificak II fit part de son vœu au Pontife qui ordonna une procession triomphale pour transporter la sainte image de la basilique de Saiute-Marie-Majeure à Téglise de Saint-Paul, nommée à cette occasiou Notre-Dame- de- la- Victoire. La cérémonie eut lieu le 8 mai 4622. Plusieurs souverains offrirent dans la suite à la même église d'autres drapeaux conquis sur les ennemis de la foi. Ainsi Clément XI y plaça, au nom de l'impératrice Elisabeth, un de ceux qui furent pris à Temeswar. Philippe V en fit déposer un, provenant de la défaite des musulmans devant Ceuta. La reine de Pologne et Marie-Thérèse d'Autriche firent de même en d'autres circonstances. Enfin, les chevaliers de Malte offrirent le grand pavillon de la galère du sultan, dont ils attribuaient la prise à la protection de Marie. Parmi les successeurs de Grégoire XV plusieurs montrèrent une gralide dévotion pour ce sanctuaire. Urbain VIII y venait souvent prier et célébrer les saints mystères. Alexandre VII et le vénérable Innocent XI se distinguèrent aussi sous ce rapport. BenoU XIV, Clément XUl et Clément XIV le visitèrent souvent ; Pie IV, avant comme après son pontificat, y faisait habituellement de longues prières (4).
Cette église fut érigée, en 4608, par Paul V, en l'honneur de Tapôtre saint Paul, pour les Carmes déchaussés de Sainte- Thérèse, et agrandie à l'occasion du triomphe de Prague. Le cardinal Scipion Borghëse fit faire la façade à ses frais, sur les dessins de J. B. Soria, par reconnaissance pour les reli-
(1) Mgr. Luquet, ouvrage cité, tom. VI, p. 43.