‹ Rome & ses monumentsChapitre 206 sur 384 · ÉGLISE DE SAINTB-MARIE-IN-VIA-LATA · texte numérisé non relu

ÉGLISE DE SAINTB-MARIE-IN-VIA-LATA

Lucœ evangelistœ et Martialismtir. in qiio et imago Maiiœ Virginis reperta sistebat una e VU ah Luca depictis. Ancien oratoire de Saint-Paul, de Saint-Lac^ évangéliste, et de Saint-Martial, martyr, dans lequel on voyait une des sept images de la sainte Vierge Marie, que peignit saint Luc, et que l'on y trouva. Audessus du palier de cet escalier on voit une fresque (■) avec l'inscription qui en indique le sujet : Mansit biennio toto in suo conductu et suscipiebat omnes prœdicans regnum Dei. Il demeura deux ans entiers datis le logis qu'il avait loué, et il y recevait tous ccjâx qui venaient à .lui, préchant le royaume de Dieu. Une seconde fresque (.%), peinte au-dessus du palier de l'autre escalier, porte Tinscription suivante : Cum venissemus Romam, permissum est Paulo matière sibimet cum custodiente se milite. Quand nous fûmes arrivés à Rome, il fut permis à Paul de demeurer oti il voudrait^ avec un soldat qui le gardait. Ces escaliers furent construits par Alexandre VIL

La prison a été convertie en deux chapelles. En entrant par l'escalier de droite on arrive immédiatement dans la grande chapelle et les regards tombent sur la place où se trouvait anciennement la Madone de saint Luc, vénérée maintenant dans l'église. Passé la grille, il y a une fresque considérablement endommagée ; on y voit un ange et deux personnages. Le bas-relief de l'autel représente saint Pierre, saint Paul, saint Luc et le martyr Martial. Dans la partie qui sert de sacristie, on remarque d'énormes blocs de travertin, qui proviennent de l'ancien arc de triomphe de Gordien. En entrant dans la seconde chapelle, on rencontre à gauche une colonne surmontée d'un vase. On y lit ces mots : Verbum Dei non est alligatum. La parole de Dieu n'est pas enchaînée. La tradition afiirme qu'avant sa conversion, Martial attachait à cette colonne Paul son captif, et d'autres prisonniers. En avançant, on voit à droite la source d'eau que saint Paul fit jaillir pour baptiser Martial et plusieurs autres catéchumènes. L'eau limpide de cette source reste toujours au même niveau, et pendant l'octave des saints Apôtres , les Romains viennent s'y désaltérer par dévotion. Le bas-relief de l'autel, par Fancelli, représente la Fuite en Egypte.

« Cest donc bieo ici, dit Mgr 6a a me, sous ces ▼oûtos sombres, ooircies par le temps et formées comme toutes les substroclious romaines de gros quartiers de travertio, que le grand apôtre dut Féjourner en arrivant d'Asie, lors de son premier voyage à Rome. C'est ici qu'il demeura attaché par une chaîne au bras d'un soldat pendant deux années entières. Trois jours après son arrivée dans la ville des Césars, Paul, dont le zèle ne connaissait ni retard ni danger, convoqua les principaux d'entre les ^uifs : « Frères, leur dit-il, c'est pour l'espérance d'israél que je suis chargé de ces chaînes, » et il leur démontra que le Sauveur Jésus était bien le Messie attendu de leurs pères et annoncé par les prophètes. Mais ni l'éloquence surhumaine, ni les fers éloquents du prisonnier ne purent convaincre ces hommes à la nuque roide, et Paul leur dit : «.Eh bien, sachez que la nouvelle que voils repoussez sera envoyée aux nations. » Et ils se retirèrent se disputant entre eux. Cependant 1* Apôtre parut devant Néron : une demi- justice lui fut rendue, c'est-à-dire qu'on lui laissa son gardien, sa chaîne et sa prison, mais il lui fut permis de prêcher. On sait que chez les Romains il y avait deux sortes de prisons : la prison publique et la libéra cuêtodia ou maison particulière, dans laquelle le prisonnier était gardé à vue. Paul profita largement de la liberté qui lui avait été accordée. Sa prison ne désemplissait pas; il annonçait avec assurance le Seigneur Jésus et les vérités du règne de Dieu. Le collège des pontifes, le sénat, le prétoire, le palais même en retentirent. Non-seulement il parlait, mais il s'occupait encore des besoins de toute TEglise; il écrivait aux fidèles et à ses disciples, fci Epaphrodite, évéque des Philippiens, vint lui apporter au nom de ses chers néophytes une somme d'argent. Là Onésime, le pauvre esclave qui s'était enfui, venait le prier de lui obtenir sa grâce, et Paul lui donnait cette lettre si touchante où il conjure par ses propres chaînes Pbilémon, le maître d'Onésime, de le recevoir comme son propre fils. « C'est moi, le vieux Paul, maintenant le » captif de Jésus-Christ, qui vous conjure en faveur de mon fils, que j*ai

• engendré dans les fers. d'Onésime qui vous a été autrefois inutile, et qui m est utile maintenant à vous et à moi ; je vous l'ai renvoyé; recevez- le m comme mes entrailles. « Ici il écrivait aux Philippiens pour les remercier de leur charité; aux Ephésiens en leur envoyant le tabellaire Tychicus, qu'il chargeait de leur donner en détail de ses nouvelles; sa seconde épitre à son cher Timothée, dans laquelle il prononçait cette parole si digne de sa grande âme : «J'ai combattu un bon combat, j'ai consommé ma cou rse, » j*ai gardé la foi : Il me reste à recevoir la couronne de justice que me

• rendra en ce jour le Seigneur, le juste juge, non-seulement à moi, mais

• aussi à tous ceux qui chérissent son avènemenL.. Je suis en prison, mais » la parole de Dieu n'est pas enchaînée. » Puis, avec une parfaite liberté d^esprit, le prisonnier de Néron descendait dans le détail de toutes les alTalres de l'Église, et priait son disciple de loi envoyer son manteau et ses papiers. C'est ici qu'il a reçu tous ceux qui venaient à lui, leur prêchant le règne de Dieu et leur enseignant ce qui est du Seigneur Jésus-Gbrist,

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