II
ÉGLISE DB SAINT-MARTIN- DBS*VONTS. 343
(9) Autel de la Sainte-Trinité ; sous Fautel on conserve le corps du cardinal Tomasi, béatifié au siècle dernier. On conserve dans la sacristie la mitre et Tétole de saint Silvestre, le voile de saint André Corsini, Tétole, la sandale et le manipule de saint Martin, pape. (10) Autel de Saint-Albert, tabl. parle Mutien. (11) Autel de Saint-Ange, de TOrdre des Carmes, tabl. de P. Testa. On remarquera encore, à l'entrée de cette nef, une grande fresque, représentant le concile tenu par saint Silvestre en 326, et une autre dans laquelle on voit les basiliques de Saint-Pierre et de Saint-Jean-de-Latran avant leur reconstruction. Le plafond de la grande nef richement orné nous offre les armes de l'Ordre des Carmes, de Pie IV et de saint Charles Borromée. Gaspard Poussin a peint la vie du prophète Elie dans les nefs latérales; les figures de tous les paysages sont de Nicolas Poussin.
Un bel et large escalier conduit d'abord à la chapelle souterraine, et de là à l'église de Saint-Silvestre. Cette chapelle dessinée par P. de Cortone présente de belles perspectives. Saint Silvestre repose ici entouré d'un cortège de martyrs. La table de Sergius II, fixée dans la muraille, nous apprend ce qu'au temps du pape Sergius le Jeune ont été placés dans cet autel les corps du B. Silvestre, pape, et des BB. Fabien et Sostère, papes et martyrs... et de beaucoup d'autres dont les noms sont connus.de Dieu seul. » Tous ces corps sacrés furent apportés de la catacombe de Sainte-Priscille, près de la Via Salaria. On montre encore dans cette même chapelle une de ces pierres que les païens attachaient au cou ou aux pieds des martyrs, selon qu'ils les précipitaient dans les flots ou qu'ils les suspendaient à des arbres.
A gauche de cette chapelle, un corridor en forme d'escalier conduit dans un souterrain qui faisait partie des thermes de Dioclétien, appelés quelquefois aussi thermes de Titus et de Trajan. Les anciens documents attestent que, comme nous l'avons dit plus haut, saint Silyestre y construisit une église. A une époque qu'on ne saurait déterminer, la rampe qui y conduisait, fut cachée sous des décombres et, après un certain laps de temps, l'église elle-même fut ense-
344 ÉGLISE SOUTBRRAIKE DB SAlNT-MARTlN-DESi-MONTS.
velie dans l'oubli. Ce vénérable monument fut enfin découvert en 1637. Une inscription en caractères gothiques disait que ce souterrain avait été Toratoire de saint Siivestre. Après la fin des persécutions, cet oratoire fut transformé en temple proprement dit et devint Téglise épiscopale de Rome, avant Saint-Jean-de-Latran. Ge fut alors que cette église devint un monument dont Thistoire se rattache à la condamnation de Tarianisme. Les pères du concile de Nicée avaient demandé à saint Siivestre la confirmation de leurs décrets. Pour procéder solennellement à cet acte, ce pape assembla, en 325 ou 326, un concile dans cette église. Et là, disent les actes du concile, Siivestre, évéque du saint et apostolique siège de la ville de Rome, s'exprima en ces termes : « Nous confirmons par notre déclaration tout ce qui a été établi à Nicée de Bithynie, par 318 prêtres, pour l'intégrité et le bien de la sainte Mère, l'église catholique et apostolique. Tous ceux qui oseraient attenter à la définition du saint et grand concile qui a été assemblé à Nicée, en présence du très-pieux et vénérable prince Constantin Auguste, nous les anathématisons. Et tous dirent : Cela est bon. » Le lieu où ces paroles ont été prononcées est donc bien vénérable, quoiqu'il ne renferme aujourd'hui que peu d'objets qui puissent attirer l'attention des visiteurs. Çà et là'on voit un reste de peintures presque effacées, sauf une grande croix assez visible et une partie du pavé ancien en mosaïque noire et blanche ; à droite des fragments d'une chaise en marbre qu'on croit avoir été celle de saint Siivestre; dans une espèce de chapelle, les contours, encore très reconnaissables, de l'antique image de la Vierge, qu'on a reproduite tout à côté dans une mosaïque moderne, parce que le tableau original avait trop souffert ; ce tableau a le cachet des anciens temps. La Vierge y porte l'étole, comme les orantes des catacombes. La position de cette image, à quelques pieds au-dessus du sol, au fond de la nef principale, semble indiquer que l'autel antique était placé à cet endroit, ce qui confirme la tradition suivant laquelle saint Siivestre avait dédié son oratoire à la Mère du Sauveur (1).
(\) Gerbet. ouvrage cilé, 1. 1, p. 266.
CHAPEl-LE SOITTERBAINK DE L'EGUSE DE SAINTE -MARTINE -ET -SAINT -LUC