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ÉGLISE DE SAINTS-NERÉE-ET-ACHILLÉB

à ceux de la cour céleste. A ce spectacle, le juge seatit redoubler sa fureur et il ordonna de trancher la tête à Martine (4).

SAINTS-NERÉE-ET-ACHILÉE (SS. Nereo ed Achilleo),

Sur la Voie Appienney dans la Via di Porta S. Sebastiano, non loin des thermes de Caracalla,

Cette église est de fondation ancienne, puisqu'on la trouve mentionnée dès Tan 494, sous le titre in Fasciola (bandelette). Elle aurait été ainsi appelée, parce que saint Pierre, passant en cet endroit de la Voie Appienne, un des linges mis par les chrétiens sur les plaies dont les ceps avaient couvert ses pieds, se détacha ; et une édicule vint marquer le lieu où le fait s'était accompli. Il y en a qui pensent que le mot Fasciola serait une corruption de Fabiola, la matrone romaine convertie par saint Jérôme, qui aurait cédé sa maison pour élever sur son emplacement l'église des Saints-Nérée-et- Achillée. Jean I rebâtit cette église en 523, et Léon III la fit reconstruire, une seconde fois, au IX*' siècle. Le cardinal Baronius en étant devenu titulaire, prit un soin particulier de la rétablir, autant que possible, dans son état primitif; il y fit même transporter un magnifique ambon de l'église de Saint-Silvestre m Capite. Ce fut lui encore qui déposa ici le corps des saints Nérée et Achillée avec celui de sainte Flavie Domi tille, que Grégoire IX avait confiés à l'église de Saint- Adrien. Pour épargner à sa chère basilique le danger d'ignorantes restaurations, le vénérable cardinal y fit placer la touchante inscription suivante : presbyter card. successor

QUISQUIS FUERIS9 ROGO TE, PER GLORIAM DEI, ET PER MERITA HORUM MARTTRUM, NmiL DEMITO, NIHIL MINUITO, NEC NUTATO; RESTITUTAM ANTIQUITATEBI PIE SERVATO ; SIC TE DEUS MARTTRUM SUORVM PRECIBUS

SEMPER ADJuvET. « Qui quc tu sois, cardinal prêtre, mon successeur, je t'en prie pour la gloire de Dieu et pour le mérite de ces martyrs, n'enlève rien, ne supprime rien, ne change rien, garde pieusement l'antiquité rétablie. Qu'ainsi Dieu

(4) Mgr Luquet, ouvrage cité, t. Ill, p. 256.

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par les prières de ses martyrs, te soit toujours en aîde. » Cette église est à trois nefs. Les peintures à fresque des nefs latérales sont de Roncalli et représentent l'histoire des apôtres. L'autel de la nef latérale droite est consacré à la Madone ; celui qui est dans la nef gauche est dédiée à sainte Domitille; le tableau est de Roncalli. Avant de monter au presbyterium, ou remarquera à droite, un riche candélabre en marbre sculpté, et, à gauche, un ambon d'une conservation parfaite. Le maître-autel est en mosaïque et recouvert d'un baldaquin que soutiennent quatre colonnes de marbre africain. Sous l'autel reposent les vénérables restes des saints martyrs Nérée et Achillée. Au rond-point de l'abside s'élève la chaire pontificale, sur laquelle saint Grégoire-le-Grand prononça la 28« homélie, dont une partie a été gravée sur le dossier par ordre du cardinal Baronius. La voûte de l'abside est couverte de fresques représentant des saints et des saintes qui adorent la croix. La mosaïque de l'arc de la tribune date du IX® siècle. La Transfiguration y est représentée : JésuS'Christy debout et bénissant, occupe le centre d'une gloire de forme ovale ; Moïse et Elie sont à ses côtés, et les apôtres Pieire^ Jacques et Jean sont prosternés à ses pieds. Vers l'extrémité gauche, la Vierge Marie est figurée, au moment de l'Annonciation ; à droite, elle apparaît comme Mère de Dieu, tenant sur son sein l'Enfant Jésus; près de là est un ange aux ailes étendues, dans l'attitude de l'admiration.

Saint NéRis et saint Achilléb. Le christianisme, entré avec saint Paul dans le Palais des Césars, s'y était maintena avec avantage malgré les persécutions. Quelques membres des familles impériales Tavaient embrassé : dans ce nombre on compta Flavia Domitilla, nièce du consul Flavius Cleraens, neveu de Domitien. Baptisée par saint Pierre, elle eut à son service deux frères, Nérée et Achillée, régénérés comme elle par le prince des Apôtres ; ils persuadèrent à la jeune princesse de consacrer sa virginité an Seigneur. Aurélien, son ffancé, les accusa pour ce fait comme chrétiens ; à la suite de leur généreuse confession de la foi, on les exila dans Tlle Pontia. Ils y furent mis plusieurs fois à la question, et finalement enveyés à Terracine. Là, Minucius Rufus les tortura souvent par le chevalet et par le fe«. Puis, comme ils persévéraient à protester qu'ayant été baptisés par saint Pierre, ils ne consentiraient jamais à sacrifier aux idoles, on les frappa de la hache. Leurs corps, enlevés par les fidèles, reposèrent longtemps dans la

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