ÉGLISE DES QUATRE-SAINTS-COURONNÉS
Pudens, père des deux saintes et de Novat et de Timothée qui, sans doute, sont mêlés aux personnages vus en buste vers les extrémités.
Une chapelle très-profonde et très-étroite longe le chœur de Sainte-Pudentienne; (7) l'autel est dédié à daint Pierre. On y conserve la table de bois sur laquelle le chef des apôtres offrit bien souvent le sacrifice de la messe. Le groupe en marbre de J. délia Porta représente le Sauveur remettant les clefs à saint Pierre ; les fresques sont de Baglioni. On a encastré dans le mur une inscription relative à une Cornélie, qui appartenait à la famille des Pudentiani, ainsi qu'une autre inscription rappelant la consécration de saint Grégoire VII. En se dirigeant vers la porte d'entrée on rencontre à gauche le puits où sainte Pudentienne et sainte Praxède ont déposé, suivant la tradition, les corps de 3000 martyrs. On trouve dans le pavement plusieurs fragments de mosaïque, derniers restes du palais du sénateur Pudens. (8) Chapelle Gaëtani. L'autel, qui est dû à la famille Gaëtani, est formé de deux colonnes de lumachella. Le haut-relief d'Olivieri représente l'Adoration des mages. A droite est le tombeau du duc Phil. Gaëtani, à gauche celui du cardinal Henri Gaëtani. Les statues qui figurent de chacun des côtés de ces tombeaux sont la Force, la Tempérance, la Prudence et la Justice. Cette église est rarement ouverte, excepté le 19 mai, fête de sainte Pudentienne, et le troisième lundi du carême, jour de station.
LES QUATRE-SAINTS-COURONNÉS (Santi Quattro Coronati),
Dans la rue de ce nom qui part du Colisée pour aboutir à Saint- Jean-de-Latran.
Cette église est une des plus anciennes de Rome, puisqu'on en rapporte la fondation au temps de saint Melchiade, pape qui vivait au IV« siècle. Honorius I paraît l'avoir reconstruite presque en entier en 626 ; elle fut restaurée successivement par Adrien I et par Léon IV. Elle est dédiée aux quatre soldats martyrs. Sévère, Sévérien, Carpophore et Victorin. L'intérieur présente la forme des anciennes basiliques, trois
nefs séparées par huit colonnes de granit à chapiteaux composites. En outre, on y voit des galeries destinées aux femmes comme à Saint-Agnès-hors-des-murs. L*abside possède une chaire épiscopale en marbre, et la voûte a été ornée de fresques par Giovanni da S. Giovanni. On conserve dans la chapelle souterraine les corps des quatre martjTs titulaires de cette église. A côté est l'oratoire de Saint-Silvestre, bâti par Innocent III. On y voit quelques fresques du XIIP siècle représentant Notre-Seigneur Jésus-Christ ayant à ses côtés la sainte Viei^e, saint Jean Baptiste et quelques apôtres ainsi que différents traits de la vie de Constantin le Grand. Cet oratoire appartient à la confrérie des sculpteurs et des ouvriers marbriers.
SAINTE-SABINE (S. Sabina), Sur rAventin.
Cette saiule fut martyrisée dans la maison de ses parents. Confiée aux soins d'une gouvernante chrétienne, elle reçut le baptême, fit un riche mariage, et enfin fut arrêtée comme professant la doctrine de Jésus-Christ. Par ordre d*Adrien, Elpidius Vinterrogea : N'est-ce pas vous, lui dit-il, qui êtes Sabine, illustre par votre naissance et par votre mariage? — Oui, c'est moi, mais je rends grâces à Jésus-Christ qui , par le moyen de la servante Sérapie, m'a délivrée de la .servitude du démon. Aussitôt les juges condamnèrent Sabine à différents supplices, puis lui firent trancher la tète.
En 428, un vertueux prêtre illyrien, nommé Pierre, remplaça par une église l'oratoire qui avait été érigé sur la tombe de la sainte. L'inscription, en lettres d'or sur fond bleu, placée à l'entrée de l'église rappelle sa mémoire. On y dit entre autres choses que « riche pour les pauvres, pauvre pour luimême, méprisant les biens de la vie présente, Pierre mérita d'espérer la vie future : Pauperibus locupUs, sibi pauper, qui bona vitœ prœsmtis fugiens, meruit sperare futuram. L'église de Sainte-Sabine fut consacrée par saint Sixte III et déclarée stationale pour le mercredi des Cendres par saint Grégoire le Grand. L'illustre pontife y prêcha plusieurs fois ce jour-là, et les papes conservèrent longtemps l'usage de venir à Sainte-Sabine recevoir les cendres de la pénitence. Eugène II
la restaura daus le 1X« siècle, et Grégoire IX coasacra de nouveau Tautel en 1238. Plusieurs cardinaux titulaires y firent successivement d'importante réparations. Saint Pie V et Sixte- Quint y exécutèrent aussi différents travaux ; ce dernier enleva les ambons de Tancien chœur.
C'est dans cette église que le pape Silvestre, averti du sort que lui réservait Bélisaire, vint recommander à Dieu sa propre cause et celle de l'église. Fermement résolu à tout souffrir plutôt que de trahir son devoir, il se rendit de là près du persécuteur, qui habitait alors au Pincio. Il y fut alors brutalement dépouillé des insignes du souverain pontificat, revêtu d'un habit de moine, et relégué dans l'archipel de Ponza, où il mourut en saint.
Le couvent joint à l'église était autrefois un palais pontifical, où l'on tint plusieurs conclaves où de nombreux papes habitèrent, où Houorius IV mourut, et où l'on élut en 1287 Nicolas V, son successeur; on en voit encore les restes dans le jardin actuel.
Honorius III en avait donné une partie à saint Dominique, quand il lui donna l'église. Le saint en fit un monastère qui fut illustré par le séjour de saint Raymond de Pennafort, saint Thomas d'Aquin, saint Hyacinthe, la lumière de la Pologne, saint Ceslas, son frère, le sauveur de Breslaw, saint Pie V et tant d'autres.
Cette église est précédée d'un portique (1) formé de huit colonnes antiques de marbre dont quatre en spirale. Les murs sont ornés de fragments antiques et d'inscriptions chrétiennes. Le linteau de la porte principale est soutenu par deux magnifiques jambages en marbre richement travaillés. La porte elle-même, du XIII* siècle, est en bois de cyprès et couverte de bas-reliefs représentant des faits de l'Ancien et du Nouveau Testament. L'intérieur de l'église est à trois nefs, séparées par vingt-quatre colonnes cannelées, de marbre de Paros, à chapiteaux corinthiens. En entrant, on voit à droite (2) la pierre qui recouvrit autrefois les restes des cinq martyrs déposés dans la crypte de Sainte -Sabine. Un peu plus loin, dans la grande nef se trouve (3) la pierre sur
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laquelle saint Dominique venait s'agenouiller la nuit pour faire son oraison. A côté est une autre pierre qui servit au supplice des martyrs. En s'avançant encore on rencontre dans le pavé (4) une mosaïque de Jacques de Torrita, représentant Muniô de Zamora, septième général de l'Ordre des Dominicains, mort en 1300. Dans la nef latérale droite, il y a trois chapelles : la première (5) de Saint-Thomas d'Aquin, la seconde (6) de Saint-Dominique ; le tableau est de Zucchero et représente ce saint qui donne l'habit de son ordre à saint Hyacinthe ; enfui la troisième chapelle est celle (7) de Saint-Hyacinthe; les fresques des frères Zucchero nous montrent la canonisation de ce saint ainsi que d'autres traits de sa vie ; le tableau de l'autel est une des meilleures œuvres de L. Fontana. La chapelle du fond de cette même nef est consacrée à (8) Notre-Dame du Rosaire. On y admire un chef-d'œuvre du Sasso-Ferrato : la sainte Vierge, saint Dominique et sainte Catherine de Sienne. (9) L'abside a une voûte peinte par les élèves de Zucchero. Le tableau du fond est de Silvagni et représente le martyre de sainte Sabine. Devant le maître-autel est (12) l'entrée de la Confession où reposent les corps de saint Alexandre, pape, de saint Evence et de saint Théodule, prêtres, compagnons du martyre de saint Alexandre, et de sainte Sérapie, gouvernante de sainte Sabine, et enfin le corps de sainte Sabine. Ils souffrirent tous sous Adrien. Au fond de la nef latérale gauche on trouve dans (13) la chapelle du Crucifix, des sculptures du XV® siècle. Enfin la dernière chapelle (14) est consacrée à sainte Catherine de Sienne, le tableau est de Morandi. Avant de sortir de cette antique église, nous ne devons pas oublier le fragment de mosaïque du V» siècle, qui se trouve au dessous de la porte d'entrée. On y voit l'inscription dont nous avons parlé plus haut, elle est on lettres d'or sur fond bleu lapis. Les deux figures sont sur fond d'or et chacune d'elles occupe l'une des extrémités de la zone allongée qui contient l'inscription; ce sont des figures de femmes debout, drapées, portant un livre ; l'une est désignée par les mots : eclesia ex circymcisione, l'église des