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CATACONBE DE SAINT-SÉBASTIEN

Côté gauche. \ . Oratoire ; tableau d'Albini : la sainte Vierge et TEnrant Jésus. 2. Autel de Saint-Bernard; tableau par A. Perugino. 4. Autel de Sainte-Françoise-Romaine ; tableau par Frigiotti. 4. Chapelle de Saint-Sébastien, bâtie par le cardinal F. Barberini. La statue en marbre modelée par le Bernin est de Giorgetti; le corps du saint repose sous l'autel. A côté est l'escalier qui conduit à la

Catacombe de Saint-Séba&tien. On y rencontre d'abord un Cubiculum antique; c'était, dit-on, la chambre des Papes. Puis, vient la basilique souterraine, qui recevait autrefois le jour par quatre soupiraux longs et étroits. Treize tombeaux arqués (arcosôlia), creusés dans le mur, et placés sur une même ligne horizontale dans le pourtour intérieur, en forment comme la ceinture. Il y en avait jadis quatorze. Entre le second et le troisième arcosolium à gauche s'élevait la chaire pontificale sur laquelle, suivant la tradition, siégeait le pape saint Etienne lorsqu'il fut martyrisé. Cette chaire a été transportée par Cosme III, , grand-duc de Toscane, dans l'église des chevaliers de Saint-Etienne, à Pise. Un banc de marbre, qui était probablement destiné aux prêtres, est adhérent au mur et forme un demi-cercle parallèle aux arcosolia, placés au-dessus. Au centre de l'édifice est un autel antique, superposé à un puits, dont on peut apercevoir l'orifice, en regardant par une ouverture pratiquée à la base même de l'autel. Ce puits a recelé quelque temps les corps de saint Pierre et de saint Paul. Mais à quelle occasion cette dépodtion a-t-elle eu lieu? Des auteurs racontent que l'empereur Héliogabale, ayant voulut agrandir son cirque du Vatican, pour que les éléphants pussent y courir plus aisément, fit appréhender aux chrétiens que le lieu où saint Pierre reposait ne fut profané; et, comme quelque caprice impérial pouvait menacer aussi le cimetière de Lucine, qui possédait les reliques de saint Paul, ils avaient transporté secrètement les corps des deux apôtres dans la catacombe de Saint-Sébastien. Suivant une autre version, mieux fondée et adoptée par saint Grégoire le Grand, il advint, dans le premier siècle même, que des chrétiens orientaux les enlevèrent furtivement, comme

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un bien qui leur appartenait, parce que ces apôtres étaient leurs compatriotes et qu'ils voulaient les rendre à leur pays. Craignant d'être découverts, ils les avaient cachés provisoirement dans ce souterrain. Au moment où ils se disposaient à les retirer pour continuer leur route, un orage, qui survint comme une menace du ciel, les effraya, et des chrétiens romains qui avaient été avertis à temps, reprirent ces corps. L'inscription que le pape saint Damase a fait graver au IV* siècle sur une pierre de ces catacombes confirme ce récit (1). Le pape saint Corneille fit reporter le corps de saint Pierre au Vatican, et celui de saint Paul sur le chemin d'Ostie.

La basilique souterraine dans laquelle nous nous trouvons s'appelle la Platonia ; ce nom conviendrait cependant mieux à l'endroit où le corps des apôtres a été déposé, qui est comme nous l'avons dit, le caveau sous l'autel. Pour y pénétrer il faut déplacer une portion de cet autel. C'est ce que fit en 1849 l'architecte Perret. Le caveau était rempli de décombres qu'on transporta dans le cimetière voisin de l'église. A la suite de cette opération, on mit ît découvert les larges plaques en marbre dont la Platonia tire son nom. Ce puits est un carré de S m. 60 cent. Le haut est formé par une voûte à cinq portions de cercle. Le fond, qui est divisé en deux parties, et les côtés sont revêtus de marbre blanc à la hauteur d'un mètre 15 centim. On y voit une ouverture qui communique probablement avec les catacombes. Après avoir enlevé le mortier et le nitre qui couvraient les parois, on a trouvé une peinture assez bien conservée : Notre-Seigneur^ au milieu d'un arc-en-ciel, a la tête entourée d'une auréole ; saint Pierre est à sa droite, dans une attitude de suppliant ; saint Paul est à sa gauche, et, de chaque côté, un palmier fleuri. Cet ensemble occupe tout le côté opposé à l'entrée. Sur la paroi latérale gauche, M. Perret a découvert aussi une figure tenant une couronne à la main. On voit du même côté les traces de quatre autres personnages tenant également

(4) Marché MonumentiprimUivi,pl ^, p. 49d.->Gerbett ouvrage cité, 1. 1, p. <74.

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des couronnes. Tout porte à croire que du côté opposé se trouvent encore cinq figures; ce qui formerait le nombre des douze apôtres. Dans l'opinion de M. Minardi, à qui M. Perret fit part de sa découverte, ces peintures monteraient au IV* siècle. Ce serait précisément répoquèoU saint Damase fit revêtir ce lieu de plaques de marbre, il est à croire que les peintures furent faites en même temps (1).

En remontant par un escalier construit au XVII* siècle, nous arrivons à un grand corridor qui s'étend derrière l'abside de la basilique de Saint-Sébastien; c'est une espèce de loge d'où le regard plonge dans la Platonia. Elle a de belles inscriptions ; celle qui est incrustée dans le mur à droite est tirée des révélations de sainte Brigitte ; elle est relative à l'époque où les corps des saints apôtres furent déposés dans ce souterrain, comme nous l'avons dit plus haut. L'autre inscription du cardinal Baronius, placée à gauche, se rapporte à saint Etienne, pape et martyr.

On sait que les catacombes furent abandonnées peu à peu, par suite de diflférentes circonstances, et qu'elles étaient complètement tombées en oubli dans le XVI* siècle. La dévotion des saints en révéla, dans ce temps, l'existence aux savants, et saint Philippe de Néri, à qui Rome doit tant de choses, eut encore la plus grande part à cette œuvre de bénédiction. L'inscription suivante se trouve dans Varia même de la catacombe de Saint-Sébastien, où le saint se retirait : Ce lieu ténébreux, illustré par le sang des martyrs^ qui en coule encore, est devenu plus célèbre par le séjour de saint Philippe de Néri, pendant dix années. Lorsqu'il s'y trouvait il était si enivré de l'abondance des douceurs célestes, que transporté par la vio^ lence de cet amour, et incapable de supporter la joie dont il était inondé, il dematidait souvent avec des cris, que l'ardeur de sem-^ bloifles délices cessât, parce qu'il était impossible à un cœur Atimain de la supporter.

Saint Charles Borromée, ainsi que d'autres pieux et illustres personnages du temps, imitèrent saint Philippe dans

(4) Mgr Luquet, ouvrage cite, t. IV, p. 47.

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