‹ Rome & ses monumentsChapitre 232 sur 384 · VIE DE SAINT SÉBASTIAN · texte numérisé non relu

VIE DE SAINT SÉBASTIAN

pape et le autres fidèles allèrent chercher un refuge, et ils le trouvèrent dans la demeure d'un de ses officiers, chrétien zélé comme eux. Mais plusieurs ne tardèrent pas, dans Texcès môme de leur piété, à se livrer euxmêmes. Zoé fut arrêtée la première, priant sur le tombeau de saint Pierre : on la suspendit par les pieds sur un feu dont la fumée la suffoqua. Tranquillin éprouvant une sorte de confusion de se montrer moins courageux que sa femme, alla prier sur le tombeau de saint Paul, où la populace le saisît et le lapida. Nicostrate, Claude, Castor et Victorien ne tardèrent pas à être pris, et, après avoir été torturés par trois fois, ils furent jetés à la mer. Trahi par un faux frère, Tiburce fut décapité; Castule, livré par le même traître, fut étendu trois fois sur le chevalet, puis enterré vivant. Marc et Maroellin subirent enfin leur martyre : on les cloua par les pieds à un poteau ; puis, après les avoir laissés languir vingt-quatre heures dans ce supplice, on les acheva à coups de laoce.

Cependant Sébastien, qui venait d*eDvoyer tant de martyrs au ciel, soupirait après le moment où il leur serait réuni. Ses vœux ne tardèreot pas à être exaucés. Informé qu'il était chrétien, l'empereur le fit comparaître devant lui ; et après lui avoir reproché la prétendue ingratitude dont il avait payé ses bienfaits, il le livra aux mains de quelques archers de Mauritanie, qui, rayant percé de flèches, le laissèrent pour mort sur la place. Irène, veuve du saint martyr Castule, étant venue pour enlever son corps et lui donner la sépulture, s'aperçut qu'il était encore vivant, le fit emporter dans sa maison, où, en peu de temps, il fut guéri.

Au lieu de se cacher comme l'y exhortaient ses frères, le saint martyr alla, un jour, au palais, et, se plaçant sur l'escalier par où devait passer l'empereur pour se rendre au temple, dès qu'il le vit près de lui, il lui adressa hardiment la parole, et lui représenta avec beaucoup de force combien était injuste sa prévention contre les chrétiens, à qui leur religion faisait un devoir de prier pour la prospérité des empereurs, et de leur garder une fidélité inviolable. Surpris de cette hardiesse, et plus encore lorsqu'il eut reconnu Sébastien qu'il croyait mort, Dioclétien le fit conduire sur le champ dans l'hippodrome attenant à son palais, pour y être assommé à coups de bâton, et jeté ensuite dans le graod cloaque qui en touchait l'extrémité. Ceci arriva le 49 ou 30 janvier 288.

Une femme chrétienne, nommée Locine, fit enlever secrètement ce corps et le fit enterrer dans le cimetière de Calliste, aux pieds des saints apôtres Pierre et Paul, qui, pour la seconde fois, y avaient été déposés. Plus tard, ce cimetière prit le nom de « Catacombes de Saint-Sébastien. » .

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