‹ Rome & ses monumentsChapitre 231 sur 384 · VIE DE SAINT SÉBASTIEN · texte numérisé non relu

VIE DE SAINT SÉBASTIEN

tarda fN» à se réaliser : Marc et son frère Bfarcellio, deux jeunes chrétiens coodamnés à mort pour avoir confessé la foi , semblaient ébranlés par les > larmes et les prières de leurs parents et de leurs amis, et iaoertains de ce qu*ils avaient à faire. Sébastien vole à leur secours et relève leur courage par des paroles brûlantes de zèle et de charité qui émurent tous les assistante. A peine avait-il cessé de parler, que Zoé, femme de Nicostrate, premier greffier du tribunal , muette depuis six ans , se jeta à ses pieds , essayant de lui faire comprendre par signes ce qu'elle désirait obtenir de lui. A peine eut-il formé le signe de la croix sur sa langue, qu'elle parla distinctement. Ce miracle la convertit à Tinstant môme et son mari avec elle ; et leur conversion fut suivie de celle des parents de Marc et de Marcellin, du geôlier nommé Claude, et de seize autres personnes. Nicostrate, chargé par sa place de la garde des prisonniers , les conduisit dans une maison, où tous ensemble furent instruits et baptisés par un saint prêtre nommé Polycarpe.

Sur ces entrefaites, le bruit vint jusqu'à Chromace, préfet de Rome, que Tranquillio, père de Marc et de Marcellin, avait été guéri de la goutte en recevant le baptême. Gomme il était lui-même fort tourmenté de ce mal, il voulut se faire instruire dans la religion chrétienne, afin d'éprouver l'efficacité de ce remède. Sébastien se rendit à sa maison, et, après lui avoir donné les instructions nécessaires, le guérit et le baptisa, et avec lui Tiburce son fils. Frappé de ce miracle , le préfet ordonna que les prisonniers nouvellement convertis fussent mis en liberté; ce qui ayant été fait, il affranchit ses esclaves et se démit de sa place.

Peu de temps après, arriva la catastrophe de Carin ; et, quoique Dioclétien n'eut pas publié de nouveaux édita contre les chrétiens, les magistrats de Rome ne continuèrent pas moins de les persécuter. Arrivé dans cette ville, le nouvel empereur remarqua Sébastien, à cause de son courage et de sa vertu, et, voulant l'attacher à sa personne, il le fit commandant d'une compagnie de la garde prétorienne. Ce prince partit bientôt pour l'Orient ; et Maximien Hercule , son collègue, qu'il avait laissé en Occident , conçut une grande estime pour Sébastien.

Vers ce même temps, Chromace demanda à l'empereur la permission de se retirera la campagne; et Payant obtenue, il y amena avec lui plusieurs des nouveaux convertis. Comme leur instruction n'était pas entièrement achevée, on jeta pour cette œuvre les yeux sur Sébastien et le prêtre Polycarpe; mais on était embarrassé de choisir, parce que, dans l'ardeur qu'ils avaient de répandre leur sang pour Jésus-Christ, aucun des deux ne voulait quitter Rome. Pour terminer cette sainte cootestalion , ce fut une nécessité de s^adresser au pape Caius : il décida que Sébastien resterait, le haut rang qu'il occupait dans l'armée lui devait fournir des moyens de défendre et de protéger ses frères.

Or, dans le cours de l'année 286, la persécntlon s'étant allumée avec plus de violence que jamais, ce fut dans le palais même de l'empereur que le

Page 1