VOUTE DE LA CHAPELLE SIXTINE
Zacharie.
Joël.
Ivresse
deNoé.
Sibylle de Delphes.
Le Déluge.
Sibylle
àrErjihré:
Sacrifice deNoé.
Isale.
Chute d*Adam et d*ËTe ; leur expulsion du Paradis.
Ézéchiel.
Création d'Eve.
Sibylle de Cumes.
Création d'Adam.
Sibylle de Perse.
Dieu plane au-dessus des eaux.
Daniel.
Dieu crée le soleil, la lune, et
ordonne à la terre de produire
des arbres et des fruits.
Jérémie.
Dieu sépare
la lumière
des ténèbres.
Sibylle de Lybie.
Jouas.
Le jugement dernier.
CHAPELLE SiXTtNE. 413
Le mur du fond de la chapelle Sixtine est occupé par le Jugement dernier. Cette fresque fut commandée à Michel Ange par Clément VII et terminée sous le pontificat de Paul III. Dans le bas du tableau sont représentés sept anges sonnant de la trompette et appelant des quatre coins du monde les morts au jugement. On voit alors la terre s'entr'ouvrir et les habitants du tombeau se lever de leur poussière : les uns ont encore leur chair, ceux-ci ne sont que des squelettes, d'autres paraissent vouloir couvrir leur nudité. Aur dessus de ces anges, on aperçoit le Fils de Dieu, proférant sa sentence contre les réprouvés, et, tandis que de la main gauche il fait signe aux justes de passer à sa droite, les méchants, saisis par les démons, sont entraînés dans le feu éternel. Ici apparaît la barque de Caron, où des anges, à la droite du Seigneur, accourent pour défendre les élus contre les démons. Autour du Fils de Dieu sont les bienheureux, rangés en cercle ; tout près de lui est sa divine Mère, dont le regard exprime la douceur et la crainte ; auprès d'elle sont saint Jean-Baptiste, les apôtres, les martyrs montrant au souverain Juge les instruments de leur supplice. Dans le haut, des deux côtés, des groupes d'anges soutiennent la croix, l'éponge, la couronne d'épines, les clous, la colonne et tous les instruments de la Passion ; ils reprochent aux réprouvés leur ingratitude et inspirent la confiance aux justes.
On ne peut s'empêcher de regretter que le grand génie de Michel Ange ait cru devoir aller puiser quelques-unes de ses inspirations à des sources païennes. En outre il faudra toujours convenir que ces nudités qui s'étalent dans cette grande page de l'art, ne conviennent guère à une chapelle pontificale. Vasari raconte que Biaise de Césène, maître des cérémonies du Sacré-Palais fit observer à Paul III que toutes ces figures nues étaient plutôt dignes d'une auberge que d'une église. Ces paroles furent rapportées à Michel Ange. Pour se venger il peignit dans le coin à droite Biaise sous la figure de Minos avec des oreilles d'âne et une queue de serpent. Le maître des cérémonies insista auprès du pape pour faire effacer son portrait. Mais Paul III lui dit : « Où est-tu placé? » —