L*APOLLON OU BELVÉDÈRE
TémoiD impuiasant dQ U perte de ses deux fils, le père tombe avec eux sur les marches de Tautel en prenant les justes dieux à témoin (4).
Dans les murs, deux bas-reliefs : une Bacchanale et le triomphe de Bacchus. — Dans les niches, statues de Polyhymnie et d'une Nymphe.
Quatrième portique. — Hercule et Bacchus ; haut-relief. — Sarcophage avec des génies portant des armes. — Une énorme baignoire en granit, trouvée dans le mausolée d'Adrien. — Vis-à-vis, un bas-relief, représentant Auguste allant sacrifier. — Dans la niche statue d'Hygie. — Autels trouvés dans le tombeau des Voliisii sur la Voie Appienne. — Basrelief : Rome accompagnant un empereur victorieux. — Audessous, une baignoire d'une grandeur étonnante, en granit oriental. — Un sarcophage avec des Tritons et des Néréides.
Quatrième cabinet. — Apollon du Belvédère, trouvé au XV^ siècle à Porto d'Anzo. Cette statue avait été achetée par Jules II, alors cardinal délia Rovere. Ce fut le premier spécimen d'art ancien placé au palais du Belvédère ; on peut donc le regarder comme le point de départ de tous les trésors artistiques qui vinrent plus tard se grouper autour de ce chefd'œuvre. On ne peut s'empêcher d'admirer l'élégance, la grâce, les formes idéales , la beauté divine ( Armengaud ) , mais en dernière analyse toujours païenne, de cette statue. D'après Winckelmann, l'Apollon du Vatican nous offre ce dieu, dans un mouvement d'indignation contre le serpent Python qu'il vient de tuer à coups de flèches, et dans un moment de mépris sur une victoire si peu digne de la divinité. Le savant artiste qui se proposait de représenter le plus beau des dieux, a placé la colère dans le nez, oui en est le siège selon les anciens, et le dédain sur les lèvres. Il a exprimé la colère par le gonflement des narines, et le dédain par le gonflement de la lèvre inférieure, ce qui cause le même mouvement dans le menton. » L'opinion de Visconti qui attribuait cette statue à un artiste grec n'a plus de partisans aujourd'hui. On a remarqué, en enet, qu'elle était en marbre de Carrare ou de Luni, marbre dont les carrières ne furent découvertes ou du moins exploitées que du temps de Jules César, de sorte qu'elle a pu être sculptée, comme le pense Mengs, sous le règne de Néron. Canova pensait que c'était une copie d'après une statue en bronze. La main et l'avant-bras droit ont été restaurés par Montorsoli.
(I) Armengaud, Lês galeries publiques de l'Europe, p. 67.