‹ Rome & ses monumentsChapitre 275 sur 384 · AC PRIMUM GABRIEL CASTO SESE INDUIT ORS · texte numérisé non relu

AC PRIMUM GABRIEL CASTO SESE INDUIT ORS

NUNGIUS AFFATURQUB PIO SERMONS PUELLAM

VIRGO DEUM PARIES GRBMIO INTEMERATA PUDICO.

ce Sous des traits où respire la pureté, l'envoyé de Dieu, Gabriel, s'adresse à la jeune fille, et lui dit ces paroles pleines de piété : Vierge sans tache, tes chastes entrailles engendreront un Dieu. »

Au-dessous de ces différentes représentations on voit une série de grisailles représentant la Naissance de la sainte Vierge , la Présentation au Temple , le Consistoire présidé par Pie IX, le baisement des pieds et la distribution des souvenirs de la proclamation du dogme ; ces sujets alternent avec les apôtres, également peints en grisaille.

Au milieu du plafond se trouvent les armoiries de Pie IX, et tout autour, la Foi et la Doctrine, l'arche de Noé, Jahel, Esther et Judith. Le pavement est formé par une mosaïque trouvée à Ostie.

Les chambres de Raphaël (stanze).

On appelle stanze (1) les quatre grandes chambres qui avoisinent les loges de Raphaël, et que ce grand artiste, alors âgé de vingt-cinq ans, décora par ordre de Jules II. Avant lui, Luca Signorelli, Pietro délia Francesca, Pietro Perugino, Bra-

(4) Les stanze et le Musée sont ouverts au public le lundi , à moins que ce jour ne coïncide avec un jour de fôte, de midi à 3 heures en hiver, et au printemps (du mois de juin à octobre) le jeudi. Cependant en s^adressant aux gardiens et moyennant une rétribution (2 pauls], on peut y entrer tous les jours. La galerie de peinture est ouverte tous les jours, excepté le lundi. Pour voir les statues à la lumière de torches il faut une permission du majordome qu'on lui demande par Tintermédiaire du consul ou de Tarnbassadeur, et qui s'accorde ordinairement ; mais elle ne se donne que pour douze personnes. Le pourboire à donner au gardien est de 8 à 40 scudi. On donne un scudo à la garde suisse, et les torches de cire qu'il faut avoir, coûtent 5 scudi en sus. (Murrat).

44â LES CHAMBRES Dfi RAPHAÉL.

maatino de Milan, le Sodoma, Bernardo della Gatta avaient déjà consacré plusieurs années à orner de fresques cette partie du Vatican bâtie par Nicolas V, quand Jules II, sur la recommandation de Bramante,. confia à Raphaël la chambre della Segnatura. C'était la salle où lé pape signait les brefs. Jules II fut si satisfait de la première fresque , qu'on a appelée la Dispute du Saint Sacrement, qu'il résolut de faire repeindre par le même artiste les trois autres salles. Ce fut ainsi que Raphaël fut chargé successivement des chambres que l'on a appelées d'Héliodore, de l'Incendie du Bourg et de Constantin. Toutes ces peintures ont beaucoup souffert pendant le pillage de Rome par le connétable de Bourbon. Carlo Maratta les restaura au siècle dernier, et dut même y repeindre quelques-unes des parties inférieures. Nous suivrons pour la description de ces chambres l'ordre dans lequel on les parcourt ordinairement ; voyez le plan ci-joint.

I. La chambre de rincendie du Bourg. Raphaël voulut, en l'honneur de Léon X, son protecteur et son ami, représenter dans cette chambre les événements importants qui signalèrent le règne de deux Souverains Pontifes du nom de Léon. II choisit Léon III et Léon IV. Le Pérugin avait déjà

Seint sur le plafond de cette salle un groupe représentant [otre Seigneur avec les apôtres, des saints, des anges et des figures allégoriques. Mais par respect pour la mémoire de son ancien maître, Raphaël ne permit pas qu'on touchât à ces fresques. Les quatre grands sujets qu'il traita, sont les suivants : 1 . Léon III repousse devatU Charlemagne, en prêtant serment sur les saints Evangiles, les accusations que portait contre lui le neveu du défunt pape Adrien I. Au moment où l'empereur interrogeait l'assemblée sur les griefs imputés à Léon, on entendit une voix qui disait qu'il n'appartient à personne déjuger le Juge suprême; cette peinture symbolise donc la suprématie de la puissance pontificale. 2. Léon III couronne Charlemagne. Cette fresque rappelle l'alliance de Léon X et de François I, puisque les deux figures principales sont les portraits de ces deux souverains, 3. La défaite des Sanasins dans le port d'Ostie. Le pape Léon X entouré de cardinaux (Jules de Médicis et Bernard de Bibiena) est assis sur le rivage, les mains jointes et les yeux levés au ciel. 4. L'Incendie du Bourg (tout entier de la main de Raphaël excepté le groupe de l'homme emportant son vieux père, qui est de Jules Ro-

LA CHAMBRE DE L*1NCBNDIE 00 BOUllG. 443

main). En 847, le feu éclata dans le faubourg de Rome qui s'étendait du Vatican jusqu'au mausolée d'Adrien. Un épouvantable ouragan donna à l'incendie une extension telle qu'on n'en pouvait plus arrêter les progrès ; la basilique Vaticane était menacée. En ce moment Léon IV implora avec ferveur le secours du ciel , fit sur les bâtiments livrés aux flammes le signe de la croix, et tout à coup le feu s'arrêta. C'est cet instant solennel que Raphaël a choisi. Au fond, on aperçoit la basilique de Saint-Pierre, et, dans une loge, détruite depuis, le pape en prière, avec sa suite, entouré d'une multitude qui prie et se lamente. Plusieurs des figures de cette fresque ont été considérées comme parfaites et inimitables, entre autres les deux femmes qui apportent de l'eau dans des amphores, le groupe de la mère qui oublie son propre danger pendant que le père cherche à sauver leur enfant, la figure du jeune homme qui se laisse glisser du haut d'un mur, le groupe de l'homme robuste qui emporte sur les épaules son vieux père , son bien le plus cher, et que suivent son jeune fils et une vieille femme (1).

II. La chambre de l'Ecole d'Athènes ou de la Segnatura. Toutes les peintures de cette salle, y comprise celle de la voûte, sont de Raphaël. Les quatre médaillons de la voûte représentent la Théologie, la Philosophie, la Poésie et la Jurisprudence; ils servent comme d'épigraphes aux grandes peintures que figurent ces quatre branches des connaissances humaines. Sous le médaillon de la Théologie on voit une grande composition communément désignée sous le nom de la Dispute du Saint Sacrement; et dans le ciel, au centre, les trois figures superposées de la Sainte-Trinité, chacune entourée d'une gloire. A la droite du Christ est assise la sainte Vierge, et, à la gauche, saint Jean Baptiste montrant notre divin Sauveur. Sur un grand demi-cercle de nuages sont assis des apôtres, des patriarches et des martyrs. En allant de gauche à droite, on rencontre saint Pierre^ Adam, saint Jean, David, saint Etienne, un autre saint à moitié caché dans les nuages, saint Laurent, Moise, saint Jacques, Abraham et saint Paul. Plus bas la Sainte Hostie est proposée à l'adoration des fidèles. Aux deux côtés les plus rapprochés de l'autel sont les quatre grands Pères de l'Eglise. A gauche, saint Jérôme; près de lui deux livres, l'un contenant ses Lettres^ l'autre la Vulgate. Vis-à-vis saint Ambroise ; il lève les

(4) Passavant, ouvrage cité, t. f, p. 1246.

444 LA OISPDTB DU SMNT-SAGRBMENT AU VATICAN.

yeux et les maios vers le ciel. Saint Augustin, qu'il a converti, est près de lui et dicte ses pensées à un jeune homme assis à ses pieds ; le livre de la cité de Dieu est posé par terre. Saint Grégoire le Grand, couvert de la tiare et du manteau pontifical, fait face à saint Augustin. Son livre sur Job, £Âber moralium , est aussi près de lui. On est incertain sur le nom du personnage que représente la figure derrière saint Jérôme ; ses deux mains sont étendues vers Tostensoir. Vis-à-vis de lui , à côté de saint Ambroise, un théologien , portant une longue barbe et montrant le ciel,, passe pour être Pierre Lomr bord, fondateur de la théologie scolastique et le premier qui ait écrit une discussion sur les sacrements. Un peu plus loin, on voit le franciscain Duns Scot et le dominicain saint Thomas d'Aquin; ensuite, debout, un peu en arrière de saint Augustin, le pape saint Anaclet, saint Bonaventure, lisant dans un livre, et, sur la première marche, le pape Innocent III^ de profil, et tenant de la main gauche, un écrit sur la Sainte Messe. Parmi les figures à droite du fond, on reconnaît Dante et fra Savonarok. Tout à fait au premier plan, un philosophe chrétien, vêtu à l'antique, interpelle un jeune païen, appuyé contre une balustrade, et lui montre , comme un modèle d'obéissance, le jeune homme qui écrit sous la dictée de saint Augustin (1).

2. La Poésie est représentée dans une grande peinture murale qui nous montre le Parnasse. Apollon^ assis sous des lauriers au bord de l'Hippocrêne , entonne ses chants. Les neuf muses, partagées en deux groupes, l'entourent. Puis viennent les grands poètes grecs, romains et italiens. Virgile s'entretient avec Dante. Près de Sapho , de Mytilène , trois poètes lyriques, Alcaûs, Anacréon et Pétrarque, conversent avec Corinne , de Thèbes. Pindare , assis au premier plan à droite, parle avec Horace, qui s'avance vers lui. Non loin de Sanazzaro, une vive discussion est engagée entre Ovide et trois poètes italiens.

3. La Philosophie est plus connue sous le nom de V Ecole d[ Athènes, Il est admis aujourd'hui que Raphaël a réuni ici les principaux maîtres des différentes écoles de la philosophie grecque ; il nous les montre réunis en assemblée dans un magnifique vestibule. En allant de gauche à droite, on voit d'abord Démocrite^ le joyeux voyageur; il est couronné de lierre, s'appuie contre une colonne, et feuillette un livre. Le vieillard qui lui présente un enfant semble une allusion à

(4) Passayaot, ouvrage cité, 1. 1, p. 445.

l'école d\THÉNES au VATICAN. 44iS

cette coutume d^s Athéniens, de flaire juger des dispositions de leurs enfants par les philosophes. Â côté de la colonne est le groupe de Pythagore; assis tout à fait au premier plan, au milieu de ses élèves , il écrit dans un livre ; devant lui un jeune homme accroupi , tient une tablette sur laquelle sont notés les accords des tons; l'homme chauve et barbu est Archytas; un peu en arrière est Théano, femme de Pythagore ; l'arabe, coiffé d'un turban, symbolise l'initiation de ce peuple à la philosophie grecque. A l'extrémité de ce groupe, à droite, on voit, assis près d'un piédestal, Heraclite, d'Ephèse ; il est habillé de gris sombre. Au milieu des degrés est Diogène le Cynique , négligemment couché et tenant à la main une tablette. Enfin, à l'autre extrémité du côté droit, on aperçoit un maître penché vers la terre, et démontrant avec un compas la figure isogonique dessinée sur une tablette. Dans ce personnage, Raphaël a perpétué le portrait de Bramante ; on ne sait s'il a voulu désigner Archimède ou Euelide. Non loin de ce groupe deux vénérables figures symbolisent la géographie dans Ptolémée (l'homme vu de dos, couvert d'un manteau royal , couronné et un globe à la main) et l'astronomie dans Zoroastre (l'homme à barbe et tenant dans la main droite un globe céleste). A l'extrémité droite de ce groupe Raphaël s'est placé lui-même avec son maître le Pérugin, comme auditeurs de ces savants. Au second rang, on voit d'abord les sophistes représentés par Diagoras , de Mélos, à demi vêtu, et Gargias, de Léontium. Le second groupe est formé de Socrate qui enseigne la sagesse à Alcibiade , couvert d'une armure , à Aristippe et à Xéwphm, (le jeune homme complètement absorbé par la parole au maître et s'appuyant du coude sur le stylobate). Platon et Aristote occupent le centre du tableau. Le premier tient de la main gauche son Timée, et élève la main droite vers Dieu, fin et principe de toutes choses; le second tient son livre de V Ethique, en avançant la main droite. Les stoïciens l'entourent; les deux philosophes qui marchent derrière contiennent une allusion à la dénomination de péripatétidens (qui marche autour). Un jeune homme est appuyé contre le souoassement d'une des colonnes du vestibule. En équilibre sur une jambe, l'autre jambe croisée en l'air, il écrit sur son genou, non pas ce qu'il a trouvé lui-même, mais ce qu'il a entendu ; il réprésente Y Eclectisme, Le sceptique Pyrrhan, debout et inactif, s'appuie contre le soubassement d'une colonne et regarde sarcastiquement dans le livre où écrit le jeune éclectique (i).

(4) Passavant, ouvrage cité, 1. 1, p. 427.

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