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LA CHAMBRE D*HÉLIODORE AU VATICAN

Le mur consacré à la Jurisprudence est divisé en trois corn-

Sartiments. Dans la lunette on voit les figures allégoriques e la Force, de la Prudence et de la Modération, 2. A gauche de la fenêtre, Justinien^ assis, couronné de lauriers et enveloppé (l*un manteau de pourpre, remet à Tribonien, agenouillé devant lui, les Pandectes et le Codex. 3. A droite, Grégoire IX (Jules II) donne à un avocat du Consistoire les Décrétales , recueillies, sur son ordre, par saint Raimond de Pennafort.

III. La chambre d'Héliodore. La décoration de cette salle devait être une allusion flatteuse aux vertus de Jules II ; mais ce projet ne put être réalisé qu*en partie. Ce grand homme se glorifiait d'avoir repoussé Tinvasiou de l'Italie et arraché, les armes à la main, le patrimoine de saint Pierre aux ennemis de l'Église. Voulant célébrer indirectement la gloire du pontife, Raphaël a choisi le sujet d'Héliodore chassé du temple. Au temps du grand -prêtre Onias, Héliodore, préfet du roi Séleucus, pénétra dans le temple de Jérusalem pour y enlever l'argent des veuves et des orphelins qui s'y trouvait déposé. Mais trois messagers célestes, dont un monté sur un cheval cuirassé , miraculeusement envoyés de Dieu, apparaissent tout à coup et renversent le voleur sacrilège. Hôliodore terrassé à laissé choir son trésor; ses deux acolytes terrifiés semblent encore, en fuyant, vouloir le défendre. Onias est encore en prières et déjà Héliodore est frappé ; trait de eénie de la part de Raphaël pour exprimer la promptitude de la vengeance divine. Le dessin de ce tableau est ae Raphaël, qui peignit le premier groupe; le. groupe des femmes est de Pierre de Crémone, élève du Corrëge, et tout le reste est de Jules Romain. Les trois autres tableaux et la voûte sont de Raphaël. Dans la voûte peinte en clair-obscur, on voit : promesse de Dieu à Abraham, sacrifice d'Isaac, songe de Jacob, Moïse et le buisson ardent. Dans la deuxième fresque, le miracle de Bolsène, l'artiste a voulu montrer comment Dieu assiste l'Église contre les incrédules. Suivant une tradition, sous le pontificat d'Urbain IV, en 1263, un malheureux prêtre, au moment où il allait consacrer l'hostie sainte , se mit à concevoir un doute sur la présence réelle de Notre-Seigneur dans la sainte Eucharistie. Alors Dieu permit que le sang divin se répandit sur le corporal. La scène est habilement étagée au-dessus et à côté de la fenêtre. On remarquera surtout 1 expression d'humilité repentante du prêtre officiant, les regards courroucés qu'un des cardinaux, placé derrière le pape, lance vers le prêtre incrédule, l'agitation du peuple, le calme des cardinaux et de la suite pon-

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