Martyre de
saint Erasme.
Nieol9$ Pouitin.
1. (XLII.) André Sacchi. Saint Romuald raconte sa vision à ses premiers amis. S'étant endormi dans un champ, il vit une échelle qui de la terre touchait le ciel et sur laquelle montaient plusieurs religieux. 2. (XL.) César de Gesto. La Vierge est sur des nuages et l'Enfant Jésus montre à saint Augustin la ceinture de sa mère ; saint Jean tient un cartel où se lisent la date 1521 et le nom de l'auteur. 3. (XLL) Le Corrège. Le Christ sur un arc-en-ciel. 4. (XXXIX.) Le Guide. La sainte Vierge en gloire, avec saint Thomas et saint Jérôme. 5. (XXXVIIL) Paul Véronèse. Sainte Hélène et la croix de Constantin. 6. Buonvicino. La sainte Vierge sur un trône avec l'Enfant Jésus { à sa droite : saint Barthélemi, et à sa gauche : saint Jérôme. 7. (XXXVIL) Baroche. Extase de sainte Micheline, le chef-d'œuvre de ce peintre. 8. (XXXVL) André Sacchi. Miracle de saint Grégoire le Grand. Le pontife officie entre deux diacres ; il tient d'iine main un linge ensanglanté (brandei). Le Saint-Esprit, sous la forme d'une colombe, lui prête assistance pour faire un miracle qui confond trois incrédules. 9. (XXxV.) Baroche. L'Annonciation; composition admirable. 10. (XXXIV.) Poussin. Martyre de saint Erasme. Le saint est étendu sur un chevalet, les bras liés; un bour-
reau lui arrache les boyaux qu*un second enroule autour d'une pièce de bois. Un de ces bourreaux montre au saint la statue de la Force personnifiée dans Hercule. Cet ouvrage, d'une touche mâle et d'une expression puissante, passe avec raison pour un des chefs-d'œuvre de Poussin. 11. (XXXIII.) Le Guide. Martyre de saint Pierre; peinture admirable et une des meilleures de cet artiste, traitée dans la manière du Garavage. Elle valut au Guide d'être choisi pour exécuter la fresque de l'Aurore au palais Rospigliosi. 12. (XXXII.) Valentin. Martyre des saints Processe et Martinien. Ils sont attachés à un chevalet; un premier exécuteur les frappe à coups de massue, un second tourne la roue qui brise leurs os, un troisième attise les charbons ardents où rougit le feu. Sur l'ordre du juge, un soldat repousse une femme pieuse qui venait d'apporter aux martyrs le tribut de sa foi.
Les deux dernières salles ont été décorées par Pie IX, et dans le pavement de la seconde salle sont représentées les armoiries de Grégoire XIII, en mosaïque.
On doit regarder Nicolas V comme le véritable fondateur de cette bibliothèque ; en effet , il transféra au Vatican tous les manuscrits conservés autrefois au palais de Latran; il envoya des savants en Grèce, en Allemagne et dans d'autres pays pour acquérir des livres rares, et il réunit ainsi 9,000 manuscrits. Son successeur Calliste III en dispersa une partie, mais ces pertes furent bientôt réparées par Sixte IV qui donna un local à la bibliothèque Vaticane, la dota et lui adjoignit un bibliothécaire en titre. Sixte V construisit, en 1588, le bâtiment actuel sur les dessins de Fontana. G*est surtout au XVTP siècle que commencèrent les acquisitions importantes. Voici les plus remarquables. En 1600, celle de Fulvius Ursinus, antiquaire et philologue distingué, un des hommes les plus érudits de son époque. Vers le même temps, celle du couvent des Bénédictins de Bobbio, en Piémont; en 1621, la bibliothèque Palatine prise à Heidelberg par le général catholique Tilly et offerte à Grégoire XV par l'électeur Maximilien; en 1658, la bibliothèque des ducs d'Urbino ; en 1690, celle de la reine
Christine de Suède, riche des trésors acquis par son père Gustave Adolphe à la prise de Prague, de Wurzbourg et de Brème. Clément XI l'enrichit de manuscrits arabes, syriaques, chaldalques, etc. Vers 1746, le Vatican reçut la bibliothèque du marquis Ottoboni, et, vers la même époque, celle du marquis Capponi. On acquit encore alors 162 manuscrits grecs du couvent de Saint-Basile à Grotta Ferrata. Après la paix de 1816, Pie VII, reconnaissant pour l'appui qu'il avait rencontré dans le roi de Prusse au Congrès de Vienne, rendit à ce monarque la plupart des manuscrits de l'ancienne bibliothèque d'Heidelberg qui étaient relatifs à l'histoire d'Allemagne. Léon XII fit l'acquisition de la collection de Cicognara, auteur d'une histoire de la sculpture, et, en 18SS, Pie IX acheta de sa cassette privée la précieuse bibliothèque du cardinal Mal dont il fit don à la Vaticane. En résumé, on compte aujourd'hui 33,000 manuscrits grecs, latins, orientaux, la plupart extrêmement précieux, et 30,000 imprimés.
L'antichambre possède un magnifique papyrus égyptien relatif aux rites funéraires de ce peuple. On y voit encore les portraits de tous les bibliothécaires de la Vaticane, parmi lesquels on remarquera celui du cardinal Giustiniani, par le Dominiquin, et celui du célèbre cardinal Mai, dernier titulaire, mort en 1854. La salle attenante est appelée Chambre des écrivains {$crittori). On entend par là les employés, écrivains ou interprètes, dont les fonctions consistent à étudier et à publier des manuscrits inédits. Il y en a sept : deux pour la langue latine , deux pour la langue grecque , deux pour l'hébreu et le syriaque, un pour l'arabe.
Grande salle de la bibliothèque (216 pieds de longueur et 48 de largeur), construite par Sixte V. Elle est divisée en deux nefs par six énormes pilastres et décorée de fresques dues à Gaetano , César Nebbia , Nogaris et autres artistes. Elles représentent les principaux conciles œcuméniques et l'institution des plus célèbres bibliothèques de l'antiquité. Sur les piliers sont peints les portraits des inventeurs des divers alphabets, et les caractères de ces alphabets. Parmi les peintures exécutées au-dessus de la corniche.
on doit remarquer celles qui représentent la basilique de Saint-Pierre, telle qu'elle était du temps de Sixte V, et le tambour du dôme, dans l'état oii il fut laissé par Micbel Ange. On voit encore dans cette salle un sarcophage, trouvé, en 1702, près de la porte Majeure, contenant un linceul d'amiante, étoffe dans laquelle les anciens enveloppèrent les corps pour les brûler. Le magnifique pavement actuel est un don de Pie IX. Les murs et les piliers sont couverts de riches armoires où l'on conserve les manuscrits. Cette salle est ornée d'objets d'art moderne, donnés la plupart par des souverains.
On y remarque deux tables de granit avec bas-relief en bronze, de Valadier; ils représentent les faits mémorables du règne de Pie VI ; deux candélabres en Sèvres , don de Napoléon à Pie VII ; un vase provenant de la même manufacture, offert par Charles X à Léon XII ; une tasse en malachite , don de Nicolas I, empereur de Russie, à Grégoire XVI ; deux vases en porcelaine de Meinen avec des vues des résidences royales de Berlin, donnés par le roi de Prusse Frédéric Guillaume ; les deux magnifiques vases offerts à Pie IX par Napoléon à l'occasion du baptême du prince impérial en 1856. Les principaux manuscrits sont : la Bible du /P siècle; un Virgile du P, extrêmement précieux pour l'archéologie romaine; un Térence du IX% un autre du IV« ou du V«; un palimpseste du traité de Cicéron de Republiea, déchiffré par le cardinal Mai ; des homélies de saint Grégoire le Grand du XI® siècle ; un Dante , du XV'^ ; le bréviaire de Mathias Corvinus, roi de Hongrie et défenseur de la chrétienté contre les Turcs au XV*' siècle ; des autographes du Tasse, de Pétrarque, de Luther, de Mélanchton; des lettres galantes en français et en anglais i* Henri VUI à Anne Boleyn ; le livre de ce roi sur les Sacrements contre Luther, dont voici le titre : Assertio septem Sacramentorum adversus Martinum Lutherum, édita ab invictissimo Angliœ et Franciœ rege et domino Hibertiiœ, Henrico ejus fiomine octavo, apud inclitam urbem Londinum^ in œdibus Pymonianis 1521, 4 idus iulii, cum privilegio a rege induite. A la tin de l'ouvrage on lit ces mots écrits de la main même du roi : Finis, Henry Rex.
Anglorum rex Henricus, Léo Décime, mittit hoc opus et fidei teste et amicitie.