‹ Rome & ses monumentsChapitre 3 sur 384 · AVANT-PROPOS. VII · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS. VII

de ne rien omettre qui pût nourrir notre piété envers Dieu et les saints et raviver l'affection que nous devons à l'Eglise.

Sous l'empire de cette double pensée, nous avons décrit minutieusement les églises, les oratoires, les basiliques, les chambres des saints, les palais des papes ; nous avons ajouté des plans (1) qui permettent au voyageur de se passer des indications d'un cieerotie, parfois ennuyeux ; nous avons donné les biographies des saints (2) et des papes dont nous rencontrions la cellule ou la tombe. Nous avons tenu principalement à montrer l'action civilisatrice de la Papauté, tou-

cru bien faire en mettant à profit un article remarquable dû à la plume de M. Gaston Boissier et qui a paru dans la Revue des Deux-Mondes. Un travail dans le genre de ce dernier est une bonne fortune trop rare pour que nous ne la saisissions pas avec empressement.

Nous n'avons pas cru néanmoins devoir négliger d*aulres ouvrages, dont deux surtout, VEsquisse de Rome chrétienne , par feu Mgr Gerbet, et le OukU chrétien de Vétranger dans Rome, par Mgr Luquet, évéque d*Hâsébon, méritent une mention toute spéciale ; les trois Rome, par Mgr Gaume; Vltinéraire du voyageur c€Uholique, par M. Dalmières ; Vltinéraire d'Italie, par A. J. Dnpays; le Guide méthodique de Rome, par J.Melchiorri ; Decri^ lione di Roma, par Er. Pistolesi ; Itinéraire de Rome et de ses environs, par Vasi et Nibby ; Les curiosités de Rome et de ses environs, par G. Robelio.

(4) Le magnifique ouvrage de Giacomo Fontana, Raccolta délie migliori ehiese di Roma e suburbano. Roma, 4855, 5 vol. in-fol., nous a puissamment aidé en ce point. Ce précieux recueil ne compte pas moins de i53 planches supérieurement exécutées et ne coûte que 24 scudis (124 frs) chez Tauteur, Via délia Fontanella di Borghèse, 35.

(2) Nous croyons devoir dire ici pourquoi nous avons tenu à donner, chaque fois que nous l'avons pu, la vie des saints diaprés leurs Actes. Nous avons supposé que notre ouvrage aurait rencontré bon nombre de ses lecteurs parmi les membres du clergé astreint à la récitation des heures" canoniales. Or, bien souvent Toffice qui est consacré aux saints dans le Bréviaire romain est formé au moyen de fragments ou d'extraits de ces actes. Les antiennes des laudes, les répons des matines sont parfois difficiles à comprendre quand on les lit dans le Bréviare. Dans les actes, au contraire, ils forment un ensemble admirable dont chaque ligne respire ce parfum délicieux de la vertu, qui nous rappelle les fleurs suaves qu'il arrivait aux fidèles de découvrir au fond des tombeaux des martyrs et des confesseurs,

VHI AVANT-PROPOS.

jours grande dans ses succès comme dans ses revers, ouvrant dans tous les siècles des asiles à l'infortune, des palais à la science, des refuges à Tart. Avant tout, nous avons voulu être complet. Et cependant, arrivé au terme de nos travaux, nous sentons mieux que personne toute Tinsuffisance de notre œuvre.

Quoiqu'il en soit, nous avons la conscience de n'avoir eu d'autre but en écrivant ce livre, que celui d'être utile à tous ceux qui nourrissent l'espoir de voir un jour la Ville Eternelle, comme à ceux qui ont eu déjà le bonheur d'en admirer les beautés. Nous avons voulu leur faire aimer et cette Rome vers laquelle se sont portées de tout temps nos plus chères aspirations, et ces pontifes romains qu'il est plus facile de dénigrer et de calomnier que d'imiter. Nous avons voulu aussi leur faire chérir ce doux, ce grand, cet immortel Pie IX dont le nom se rencontrera presque à chacune des pages qui vont suivre, et dont nous conservons la bénédiction comme un gage assuré du bonheur que Dieu réserve à ceux qui auront aimé l'Eglise.

En terminant cette préface, qu'il nous soit permis de demander à nos lecteurs comme unique récompense des labeurs que ce livre a exigés, un souvenir dans leurs prières fluand ils s'agenouilleront devant la vieille Confession de saint Pierre. C'est là qu'il nous a été donné d'épancher plus d'une fois tout ce que notre âme renfermait de joie, de douleur ou d'espérance. Il ne saurait y avoir de plus douce satisfaction pour notre cœur de prêtre et de chrétien, que celle de songer qu'un ami inconnu prie pour nous, devant la tombe glorieuse de ce pêcheur de Galilée , sur lequel le Christ a fondé son Eglise.

Malines, 25 janvier. Conversion de saint Paul, 1866.

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