‹ Rome & ses monumentsChapitre 304 sur 384 · PIE IX ET LE PALAIS DU QUIRINAL · texte numérisé non relu

PIE IX ET LE PALAIS DU QUIRINAL

daos cet accoatrement par une porte qui donnait sur des chambres inhabitées, il parvint jusqu^à un passage appelé le corridor des Suisses. Mais qui sait depuis combien d'années la porte de ce corridor toujours fermée, n'avait point servi ! Pendant ce temps , le duc d'Harcourt resté seul daos la chambre d'où le Pape venait de sortir, avait Toreille et Tesprit tendus pour saisir le roulement de la voiture sous les portes du palais. Inquiet déjà de n'entendre aucun bruit , l'ambassadeur toujours écoutant, fut près de tomber à la renverse et comme frappé de vertige, lorsqu'au lieu de la voiture qu'il espérait entendre dans la cour, il vit de nouveau dans la chambre le Saint-Père, devant ses yeux , tenant un bougeoir à la main et disant que cette antique porte des Suisses n'avait cédé à aucun de ses efforts tentés à plusieurs reprises pour l'ouvrir et la détacher.... On en était là, quand, par la grâce de Dieu, le fourrier de la cour, Filippani , accouru en toute hâte, vint dire qu'à la fin on était parvenu à ouvrir la malheureuse porte. On s'achemina donc de nouveau vers cette issue : après avoii^ franchi la porte, le Saint-Père la laissa entr*ouverte pour ne pas perdre plus de temps. Ce fut ainsi que, toujours accompagné de Filippani, Pie IX put sortir du palais sans encombre, en passant par la grande porte au milieu de la foule des sentinelles et des milices postés là pour le garder. 11 sortit non-seulement sans qu'on pensât à lui, mais môme sans qu'on le regardât. Pendant ce temps, le comte de Spaur quittait le palais de l'ambassade de Bavière, à cinq heures, dans sa petite calèche ouverte, avec son domestique allemand, et s'acheminait lentement par les rues du Colisée et des thermes de Titus vers Saint-Pierre-et-Saint-Marcellin , église dont le Pape, encore cardinal, avait été protecteur. C'était le lieu qui avait été choisi, par hasard ou à dessein, pour que le Pape y montât dans la voiture du comte, afin de sortir ensemble de Rome. Sa Sainteté arriva au lieu du rendez- vous une demi-heure -plus tard qu'on n'était convenu : aussi M. de Spaur commençait-il à s'inquiéter, le cœur lui battait violemment, lorsqu'à la fin il entendit de loin le pas cadencé d'un pesant attelage et le bruit de ferraille d'une vieille carriole. Il attacha ses regards sur cet attelage suranné qu'il apercevait dans l'ombre, et, le suivant des yeux attentivement, il le vit s'arrêter près de sa voiture ; c'était enfin Pie IX. Alors il rendit grâces à Dieu de l^s avoir protégés jusqu'à la moitié de leur entreprise. Filippani étant descendu le premier de la voiture du Pape, Sa Sainteté suivit et entra dans la calèche du comte de Spaur. Le fourrier remonta alors dans l'autre équipage, tous deux continuèrent de marche^ de conserve jusqu'à la place de Saint-Jean-de-Latran, où le vieux carrosse s'étant arrêté un instant dans un recoin obscur et solitaire, la petite calèche franchit sans obstacle la barrière et vola vers Albano....

Palais.

Les palais de Rome coostitueot ud des traits sailIaDts de la physionomie de la Ville Éternelle. Bâtis pour la plupart par des cardinaux ou d*aatres princes de TÉglise , ils sont construits sur de grandes proportions , et partant, n*ont pas été achevés entièrement. Une grande cour carrée, un escalier d*honneur ordinairement en marbre blanc, de riches galeries destinée* aux œuvres d*art, une façade qui demande impérieusement une restauration, tel est l'aspect que présentent ces édifices bâtis par Bramante,FoDtana. Maderne, Sangallo, Peruzzi. Quant aux collections artistiques, faisant partie du majorât de la famille, elles sont devenues de fait, des musées nationaux, auxquels Taccès est des plus faciles.

Palais Albani. — {Via délie quattro Fmtane) propriété de S. M.- Christine, reine douairière d'Espagne. Le dernier prince de l'Eglise qui l'habita fut le cardinal Albano , secrétaire d'Etat de Sa Sainteté Pie VIII.

Palais Altemps — (au N. de la place Navone, près de l'église de l'Apollinaire), bâti, en 1S80, sur les dessins de Martin Longhi. Dans la belle chapelle de ce palais est conservé le corps de saint Anicet, pape et martyr.

Palais Altieri. — (place du Gesù)^ une des façades les plus étendues de Rome, bâtie, en 1670, par le cardinal Altieri, sur les dessins de Rossi.

Palais Barberini. — (Via délie quattro Fontane), commencé par le cardinal Fr. Barberini en 1624, sur les dessins de G. Maderne, continué par Borromini et terminé en 1640, par le Bernin.

Deux escaliers, celui de -droite, de Borromini, celui de gauche, du Bernin, conduisent au grand salon où l'on admire le Triomphe de la Gloire par P. de Gortone ; c'est le chefd'œuvre de ce maître. La galerie est ouverte de 12 h. à 5, le lundi, le mardi et mercredi ; de 2 à 5, le jeudi, et de 10 â 5 le samedi.

Elle comprend trois salons. I. Deux tableaux de Pomerancio, savoir : 8. Adam et Eve chassés du Paradis, et 11. Sainte Marie Madeleine. 16. Joseph et la femme de Putiphar, par Beliverti. 19. Les fiançailles de sainte Gatherine, par Parmigianino. 21. Sainte Gatherine, par Lanfranc.

II. 28. Les fiançailles de sainte Gatherine, de l'école de Raphaël. 29. Marc Antoine Barberini, de G. Maratta. 30. Gopie

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