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HOSPICE DE SAINT-MICHEL

Ce vaste édifice qui est plutôt une petite cité avec ses corps de logis, ses cours, ses ateliers et ses églises, héberge 800 pensionnaires, partagés en quatre communautés distinctes : jeunes garçons et jeunes filles, vieillards et vieilles femmes. Les habitants des quatre communautés sont entièrement isolés ; ils aboutissent cependant à un centre commun, c'est-àdire une belle église bâtie en croix grecque, dont chacun des bras est réservé à une communauté différente-

1. Communautés des jeunes gens. On y compte 250 élèves. Pour y être admis, il faut être orphelin, avoir au moins douze ans, et appartenir à la ville de Rome ou du moins aux Etats- Pontificaux. L'enseignement y est religieux, littéraire, professionnel et artistique. L'enseignement littéraire est celui d'une bonne école primaire : lecture, écriture, arithmétique, et, pour ceux qui se destinent aux beaux-arts, histoire et mythologie. L'enseignement professionnel comprend une foule de métiers, depuis celui d'imprimeur et de relieur jusqu'à celui de tailleur, de cordonnier, de chapelier, de teinturier, d'ébéniste, etc. L'imprimerie et la fabrique de laine sont les ateliers les plus remarquables. Les draps de garance, envoyés à l'exposition universelle de Paris, ont obtenu une médaille du jury. Les grandes tapisseries de haute-lice, dessinées d'après l'antique, ont aussi été beaucoup admirés à la même exposition. L'enseignement des beaux-arts occupe une place privilégiée dans le cadre des études. On y trouve des classes de sculpture, d'ornementation, de ciselure, de peinture, et de gravure sur cuivre. Mercureï, L. Calamatta et Lelli sont sortis de cette école, et l'on ne peut voir sans émotion dans les parloirs de Saint-Michel, les planches signées de ces illustres et reconnaissants orphelins.

2. Communauté des jeunes filles. Elle ne compte pas moins de 260 élèves. L'éducation y est aussi soignée que celle de beaucoup de nos meilleurs pensionnats, sous le rapport de l'instruction religieuse et littéraire. Mais on insiste beaucoup plus sur son côté pratique : on forme ces jeunes filles aux travaux de la cuisine, de la lingerie et de la couture. Dans un vaste atelier, elles confectionnent des soieries d'une rare délicatesse, des rubans, des broderies, et, par un privilège spécial, tous les ornements de laine qui servent aux troupes pontificales.

3 et 4. Communauté de vieillards, hommes et femmes. Nous en parlerons à la page suivante.

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