THERMES
i X. — THERMES.
Les GrecB et les Romains faisaient des bains un usage beaucoup plus fréquent que les peuples modernes de TEurope, à Texception des Turcs et des Rosses. NoQ-seuiemeot chaque hôtel ou maison de maître [domus] avait son bain particulier, mais il y avait dans chaque ville, et môme dans toute bourgade un peu considérable, des bains publics dont rentrée était gratuite et que Ton nommait thermœ. Les bains complets étaient composés de huit pièces. \* Vapodyterium ou spoliatorium, où Ton quittait ses habits, qu'on remettait entre les mains de gardes, appelés capaarii. 2*» Le frigidarium ou salle des bains froids, vaste pièce terminée en hémicyle et avec un grand bassin au centre. 3« Le sphœristerium, salle d*exercices gymnastiques. 4* Le tepidarium, salle où Ton entretenait une chaleur tempérée, pour prévenir le danger résultant du passage trop subit du bain chaud dans un endroit non échauffé. 5^ Le sudatorium, chambre à transpirer. Cette salle était construite en forme de rotonde, couverte d*uoe coupole, au centre de laquelle la vapeur s*échappait pair une ouverture que l'on fermait et ouvrait à volonté au moyen d'un bouclier rond {clypeiu). On rappelait encore laconicum, du poêle qui servait à chauffer la salle et qui venait ordinairement de la Laçooie. 6« Le caldarium ou bain chaud, entouré d'une galerie nommée schola, formée de deux gradins, servant de reposoir aux gens qui ne se baignaient pas. On y voyait un labrum, large bassin plat contenant de Teau dont s'arrosaient les baigneurs, pendant qu'ils enlevaient de leurs corps, avec la strigile, la transpiration causée par la haute température de la pièce, et Valveus, bain construit dans le pavé à Textrémité opposée de celle qui contenait le labrum, V Vunctuarium ou eleotkesium, salle où l*on se frottait le corps d'essences grasses avant d'entrer dans le bain et après en être sorti. 8« Vhypocaustum, prœfurnium ou calorifère. L'eau destinée aux bains était conservée dans un réservoir, aquarium (4 ).
Les thermes, d'origine purement romaine et dont les plus anciens furent ceux qu'Agrippa fit construire à Rome, étaient de magnifiques établissements qui, outre les bassins et les pièces destinées aux bains chauds, froids, ou de vapeur, contenaient des salons de conversation et de discus-» «on, des bibliothèques, des peintures murales, des appartements pour toute espèce de jeux et d'exercices, des promenades à ciel ouvert et ombragées, des corridors couverts, des portiques pour courir, sauter, faire toute sorte d'exercices gymnastiques , enfin toutes les dépendances qui pouvaient contribuer à procurer des jouissances intellectuelles et matérielles à une population riche, corrompue et adonnée au luxe (2). On comprend
(4) Schayes, HisL de Varch., 1. 1, p. 404. {%) Ricb, Dict, d'antiquUée, p. 640.
78 THERMES M GARACALLA.
facilement que des édifices pareils deraient occuper an espace très-étenda, comme nous le verrons aux thermes de Caracalla , de Dioclélieu et de Titus.
1. Thermes D^AcaiPPA (derrière le Panthéon), élevés par ce ministre d*Auguste Tan 34, et légués par lui au peuple romain. On en trouve des restes derrière l'église et dans la sacristie de 5. Maria Rotonda ainsi que dans la Via Ciambella qui aboutit à la Via délia Rotonda; c'est un ancien caidarium, auquel le peuple donna au XVP siècle le nom i'Arca délia Ciambella.
2. Thermes de Caracalla (Terme dV Antonino^ à droite de la Voie Appienne). Ils furent commencés en 212 par Caracalla, développés et achevés par Héliogabale et Alexandre- Sévère. Olympiodore raconte que 1600 baigneurs pouvaient y trouver place à la fois. Ces thermes formaient un immense carré de 1050 pieds de chaque côté ; au centre s'élevaient les bâtiments où l'on prenait les bains ; ils étaient entourés de portiques, de promenades plantées d'arbres, d'un stade (theatridium) et de galeries consacrées aux exercices gymnastiques. En quittant la Voie Appienne, on arrive promptement aux thermes de Caracalla. La première salle dans laquelle on entre à droite et qui a son pendant de l'autre côté, était une chambre couverte, servant à faire de. l'exercice durant le mauvais temps et qui semble bien appropriée aux jeux de balle (sphœristeria)^ auxquels se livraient les Romains. Elle a une abside à gauche, où l'on trouve encore des restes de stuc; le pavé en mosaïque était d'une richesse extraordinaire. De là, nous pénétrons dans une immense salle, probablement le caidarium, ayant quatre bains à eau chaude à chacun de ses angles. Les marches qui conduisaient dans chacun des bassins subsistent encore aujourd'hui, ainsi qu'une partie, du tuyau par lequel l'eau arrivait dans l'un d'eux. Le toit au-dessus de la partie centrale de cette pièce était supporté par huit colonnes immenses. A la gauche du caidarium était un grand bâtiment, mais moins élevé, ayant un toit supporté comme le précédent par huit colonnes. Quelle était la destination de cette place ? Quel-
THBRMBS DE CAIUCALLA. 19
qnes savants disent que c'est la fomeuse saile S(ABi^ si pompeusement louée par Spartien. Cependant la plu^rt dés aaliquaires en font un frigidarium ou bassin de natation {nato/îo), qui était flanqué de chaque côté de cabinets où Ton 9e déskabillait (apodyterium), et de chambres pour les esclates (copiant) qui veillaient sur les habits de ceux qui se baignaient. La simplicité de ces chambres et Tabsence de toute omë; mentation indiquaient assez qu'elles étaient faites pour des domestiques. Â la droite du caldarium^ on rencontre des appartements trop ruinés pour qu'on puisse eu déterminer la destination avec quelque certitude, mais qui contenaient, sans aucun doute, le tein de vapeur (laconieum}^ auquel servait probablement la chambre circulaire. Venait ensuite une espèce d'arène, au milieu de laquelle étaient des promenades découvertes, plantées d'arbres et d'arbrisseaux, aujourd'hui transformées en vignes et qui servaient autrefois à toute espèce d'exercices du corps. Enfin au-delà de l'arène, était le stade avec des sièges tout autour, qui permettaient aux spectateurs de suivre la course et les autres exercices auxquels on s'y livrait ; de là le nom qu'il porte aussi de theatridium. Les massifs derrière le stade contiennent les cuves, avec des fourneaux au-dessous, qui élevaient l'eau servant aux bains jusqu'à une certaine température, avant que des tuyaux la transportassent dans les chaudières tout-à-fait contigués aux chambres des bains. Là se trouve encore le réservoir général et une portion de l'aqueduc Ântonin qui l'alimentait (1).
Les fouilles qu'on a faites autrefois dans les thermes de Caracalla ont mis au jour une foule de chefs-d'œuvre de l'art ancien. C'est là qu'au XVI® siècle furent trouvés l'Hercule Farnèse, la Flore, le Taureau de Farnèse, réunis aujourd'hui à Naples dans le Musée national ; le Torse, les deux gladiateurs, la Vénus Callipyge du musée du Vatican. Dans ces derniers temps, grâce aux fouilles du comte Egide di Vélo, de Vicence, on a découvert des mosaïques admirables; entre autres celle des athlètes, représentant des vainqueurs daM
(I) Ricfa, ÙieL tTanli^Uéi, p. ê».
90 THERMES DE DIOGLÉTIBN.
les jeux avec le nom qu'ils portaient ; elle orne aujourd'hui le musée de Latran.
Pour avoir une vue d'ensemble des thermes de Garacalla, on monte un escalier qui se trouve dans le caldarium. C'est un point admirable pour s'imprimer à jamais dans l'esprit le panorama de la Campagne romaine. Ces magnifiques thermes furent saccagés par Vitigès en S37 ; aujourd'hui ils sont confiés à la surveillance du séminaire romain.
3. Thermes de Constantin, qui s'étendaient au sommet du Quirinal, à l'endroit où l'on a bâti depuis la villa Âldobrandini, le palais Rospigliosi et le palais de la Consulte.
4. Thermes de Dioglétien, commencés par cet empereur et par Haximien en 303 et achevés par Constance et Maximien. Ils pouvaient recevoir 3,200 baigneurs et étaient sans contredit l'établissement le plus considérable de ce genre que renfermait Rome ancienne. Ils couvraient l'emplacement occupé aujourd'hui par l'église de Sainte-Marie-des-Ânges, la place dei Termini, le couvent des Chartreux, celui des Bernardins, la prison, les greniers publics, les maisons et les jardins potagers qui sont à l'en tour et une partie de la villa Massimi. Le theatridium se trouvait vis-à-vis de l'église de Sainte-Mariedes-Anges ; à chaque angle étaient des édifices circulaires, dont un a été converti en une église dédiée aujourd'hui à S. Bernard ; et l'autre est devenu un grenier à foin dans la Via Strozzi.
Ces thermes ne furent achevés qu'au commencement du IV« siècle. Les chrétiens, condamnés pour la foi, y furent employés comme forçats jusqu'à l'entière exécution des travaux. Baronius estime qu'il y en eut plus de 40,000, et il signale les briques que l'on a trouvées marquées d'une croix. Ces thermes étaient encore en exercice à la fin du IV"" siècle ; mais, depuis cette époque, les auteurs n'en parlent plus que comme un établissement en ruines. Ils étaient complètement abandonnés onze cents ans plus tard, quand le cardinal du Bellay, ambassadeur de François I, en fit une magnifique villa; acquise ensuite par saint Charles Borromée, sous Pie IV. Le saint cardinal la céda bientôt au Pontife, son oncle qui la donna aux Chartreux.
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De tous ces bâtiments, outre ceux que nous venons de décrire, il reste encore le laconicum qui sert aujourd'hui d'entrée, le caldarium transformé en église par Michel Ange, la natatio ou frigidarium devenue le chœur de cette même église ; puis dans le jardin des Chartreux des ruines immenses en briques.
Comment cet imposant caldarium a-t-il été transformé en la magnifique église de Sainte-Marie-des-Anges et est-il devenu un sanctuaire, où une force mystérieuse vous retient , dont vous sortez et où je ne sais quelle influence vous fait revenir, pour admirer, contempler, puis auquel vous dites adieu , en vous retournant et en soupirant encore? Au XVI« siècle, le caldarium était consacré à des jeux profanes, à des exerctces équestres et autres divertissements particulièrement chers à la noblesse romaine de cette époque. Ce fut Tépoque que Dieu choisit pour revendiquer à son service un monument qui avait été autrefois le témoin de tant d'infamies. Antoine del Duca, né à Céfalie en Sicile, fut Finstrument choisi pour cette belle œuvre. Il était rempli de dévotion pour les saints Anges et particulièrement pour les sept Esprits bienheureux qui assistent devant le trône de Dieu. 11 résolut, bien que privé de ressources personndies, de travailler à bâtir une église spécialement dédiée à leur honneur et vint à Rome sous le pontificat de Clément VII. Constamment occupé de bonnes œuvres, il nourrissait aussi avec une persévérance invincible son pieux dessein dans son cœur. Un jour qu'il était presque entièrement découragé, il fut transporté en esprit aux thermes de Dioclétien, et il crut entendre la voix de Dieu qui lui disait : « Ici doit être votre église ; lisez sans retard la vie de saint Saturnin. » Or, Saturnin est un des martyrs qui succombèrent dans les travaux de ces thermes.
Del Duca lut cette pieuse légende et se rendit aux thermes qu'il reconnut immédiatement. Il y conçut aussitôt un plan pour la nouvelle église. Après bien des contradictions et des obstacles, il avait enfin obtenu de Jules III raooompHssement de ses désirs. Le 45 août 4550, le jour de l'Assomption, eut lieu la bénédiction solennelle des Thermes où il avait placé deux autels provisoires. L41 dévotion du peuple pour le nouveau sanctuaire était deve- Due immédiatement des plus vives. De pieux ecclésiastiques s'étaient réunis pour y ofilcier gratuitement, lorsque s*éleva tout-à-coup une violente tempête qui faillit tout renverser à jamais. Ceux que la nouvelle consécration privait du local où ils se livraient habituellement à leurs jeux et à leurs désordres, ne pouvaient pardonner au saint prêtre, qui fut même menacé de mort. Dans une telle extrémité, del Duca recourut vainement au Pape, qui, prévenu par de faux rapports, lui répondit : « Nous ne pouvons pas ^ire davantage , recommandez-vous aux Anges ; quMls vous assistent. • Le courageux ministre de Dieu les pria en effet avec tant d'instance, qu'il assara finalement le succès de rœuvre.
8S THEhlIES DB OlOCLÉTIElir.
Trois ou quatre années s*éooulèrent pendant lesquelles del Dooa ne oessait de prier et de pleurer devant Dieu. Les châtiments les plus effroyables étaient venus frapper les auteurs de la profanation. L'un d^enlre eux fut assassiné; d'autres périrent à la guerre; plusieurs moururent de telle sorte qu'il fut impossible de leur accorder la sépulture chrétienne ; un dernier, après avoir eu son père et son fils assassinés, mourut de chagrin à la suite d'une perte de fortune.
Une nouvelle visite du Seigneur assura enfin le saint prêtre, que le terme de ses tribulations et de ses larmes était arrivé. Encouragé par saint Charles son neveu, Pie IV, à peine monté sur le trône pontifical, s'occupa trèsactivement de la construction de cette église, dont il voulut faire une somptueuse basilique; il confia cette charge à Michel Ange. Del Doca mourut en 4564, le 30 octobre, et fut enterré dans le chœur, au-dessous du tableau de la Présentation de la Sainte- Vierge (4).
Michel Ange s'empara du caldarium des thermes et en fit un des bras de la croix grecque, car c'était là la forme qu*il voulait donner à la nouvelle basilique. 11 conserva en place les huit belles colonnes monolithes de granit rouge d'Egypte; puis, pour préserver Fédifice de l'bumidiié, il exhaussa le pa^é de deux mètres et enterra la base des colonnes. Malgré cela, la hauteur du grand ordre, y compris la nouvelle base et le chapiteau est de treize mètres; du sol à la voûte de vingt-huit mètres; la longueur de la grande nef, aujourd'hui transversale, est de cent mètres. Sous Benoit XIV, Vanvltelli altéra les belles dispositions de Michel Ange. Il mit Taatel du bienheureux Nicolas Albergati à la place où était la grande porte de l'église; la porte latérale gauche, qui fut conservée primitivement, devint l'entrée principale; il convertit en mattre-autei l'autel de la Sainte Vierge, et« comme la ner où était auparavant l'entrée principale, avait huit colonnes de granit, il ajouta huit nouvelles colonnes en briques, revêtues de stuc et peintes en granit.
Les principaux tableaux et monuments que Ton rencontre dans cette église, sont (2) : 1. Le tombeau du peintre Gh. Maratta ; c'est Maratta lui-même qui en a fait le dessin, et son frère a sculpté le buste. Clément XI fit élever ce monument au célèbre artiste en témoignage d'estime et en souvenir de la tendre dévotion que celui-ci professait pour la Sainte- Vierge ; 2. Saint Jérôme et le Crucifix ; 3. Tombeau d'Alciati, où on lit ces mots : virtute vixit — memoria vivit — GLORIA vivET. 4. Statuo de saint Brunon, fondateur de
(4) Mgr Luquet, évéque d*Hésébon, Guide chrétien de l'étranger dane Home, t. III, p. 4 S8.
(5) Voir le plan ci-joint.
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EGLISE DE SAINTE ALX-RIE DES ,\NGES de«rervic p»r les Pbrs Oaitmiz. *
THERliBS DE DIOGL&TISN. 88
l'ordre des Chartreux, par Houdon, sculpteur fritoçais. On rapporte que Clément XIV disait de ce chef-d'œuvre : « Il partemt^ si la règle de son ordre ne le lui dé fendait . a 5. Qh^i* pelle de saint Brunon. 6. Crucifiement de aeint Pierre, copie du beau tableau du Guide qui fait partie de la pinacothèque du Vatican, par Ricciolini. 7. Chute de Simon, copie de Vanni. 8. Chapelle du bienheureux Nicolas Albergati et tableau d'Hercule Graziani. Ce saint archevêque fut envoyé par le souverain Pontife à Henri VIII d'Angleterre pour le ramener à la foi catholique. — « Quelle preuve, me donnez-vous, de la vérité de ce que vous me proposez, demanda le roi? — Laquelle vous voudrez, répondit le bienheureux Albergati. — Je vous croirai, si vous faites devenir subitement noir ce pain blanc que porte mon page. » Le saint fit le signe de la croix et le pain devint noir. Le monarque crut, mais ne se convertit pas. C'est ce miracle qui est représenté ici par Graziani. 9. Saint Pierre ressuscite Tabitha, par Baglioni. 10. Saint Jérôme, saint François et d'autres saints, par Muziano; le paysage est de Paul Bril. 11. Chapelle peinte par Baglione. 12. Présentation de la Sainte-Vierge, par Romanelli. 13. Martyre de saint Sébastien, par le Dominiquin; fresque reproduite en mosaïque dans la basilique de Saint-Pierre-au- Vatican et que Zabaglia, un des San Pietrini, mécanicien sans instruction mais doué d'un génie naturel, transporta ici en 1736, après qu'on l'eut enlevée de la basilique du Vatican.
14. Maltre-autel, où l'on vénère une image miraculeuse de la Très-Sainte-Vierge ; à côté, tombeaux de Pie IV et du cardinal Serbelloni. Ce mattre-autel à double face et dont on attribue le dessin à Michel Ange, est un des plus riches de Rome par la beauté et la variété des marbres qu'on y a employés. On y remarque le fior di Peisieo, l'albâtre oriental, le vert antique, et, du côté du chœur des moines, l'albâtre de Californie. Il a été consacré solennellement en 1867.
15. Baptême de Notre-Seigneur » par C. Maratta. 19. Mort de Sapbire, par Pomarancîo. 17. Chapelle du saint Nom de Jésus, peinte par Arrigo Fiam*
84 THERMES DE NÉRON ET D'aLEXANDRE-SÉVÈRE.
minga. 18. Immaculée Conception, par Blanchi. 10. Saint Pierre ressuscite Tabitha, par Gostanzi. 20. Saint Brunon, par Odazzi. 21, Chute de Simon, par Battoni. 22. Valens assistant à la messe de saint Basile, tableau par Subleyras. 23. Notre-Seigneur et saint Pierre, par Muziano, 24. Statue de saint Jean l'Evangéliste. 25. Tombeau de Parizio, avec rînscrîption suivante : corpus humo tegitur — fama per ORA VOLAT — spiRiTus ASTRA TENET. 24. Notre-Seigneur et la Madeleine, par Ârrigo Fiammingo. 27. Tombeau de Salvator Rosa, célèbre peintre et graveur, mort à Rome en 1673, à l'âge de 58 ans.
Il y a dans la sacristie une chapelle intérieure, propriété des Gibo, richement ornée, et dans laquelle on conserve un grand nombre de reliques précieuses.
Derrière l'église régnent des cloîtres magnifiques, formant un carré, entouré d'un portique soutenu par 100 colonnes de travertin. Ils ont été construits sur les dessins de Michel Ange. Tout autour sont les chambres des Pères chartreux, sur les portes desquelles un artiste s'est amusé à peindre de vieux feuillets, jaunes, lacérés, prêts à être enlevés par le vent ; là, à peine retenus par un clou ; ici, collés au moyen d'un pain à cacheter; l'illusion est complète. Les inscriptions qu'on y lit sont parfois remarquables ; en voici une à l'adresse des mathématiciens : Mathematicarum cormderatio est prœludium ad divinorum contemplationem, « L'étude j> des mathématiques est le prélude poun arriver h la con- » templation des choses divines. » Les religieux qui desservent ce beau couvent, y ont été établis par Sixte IV en
8. Thermes de Néron et d'âlexandre-Sêvère ; ils furent construits par le premier de ces empereurs, en 68, et agrandis par le second, en 229. Ils se trouvaient à l'endroit où s'élèvent aujourd'hui l'église de Saint-Louis-des-Français et le palais Madama. On y a trouvé sous Benoit XIY un grand arc et des murs en briques. La petite église de Saint-Sauveur-m-J/t^rmis est un reste de ces thermes ; il en subsiste encore quel-
THERMES DB TITDS. 8S
qnes traces dans une auberge de la place Rondanini, près de l'église de la Madeleine, et dans une cave le long de la rue de la via des CrescenzL
6. Thermes de Titus sur TEsquilin, non loin de l'église de 5. Pietro in VincoH, Comme nous l'avons fait remarquer plus haut, Titus voulut efl'acer le souvenir de Néron. Les thermes qu'il construisit ne furent pas seulement substitués, mais superposés à une maison de Néron. On se hâta de faire disparaître sous un remblai l'édifice néronien ; on combla de terre et de débris les salles ornées de marbres et de riches peintures ; on négligea même d'en retirer quelques chefs-d'œuvre de sculpture tels que le Platon du Capitole, le Méléagre et la grande cuve de porphyre du Vatican, et il servit simplement de fondation à la magnifique salle de bains que l'empereur livrait au peuple romain. L'œuvre de Titus fut complétée plus tard par Domitien, Trajan et Adrien. Les thermes de Trajan étaient plus haut, vers l'Esquilin ; ils ont laissé des traces et dans les constructions de la cour qui précède Saint-Martin-des-Monts, et surtout dans les souterrains qui sont audessous de cette église.
Des thermes de Titus, il n'y a que les souterrains qui soient bien conservés ; ils appartiennent pour la plupart aux appartements néroniens. Une trentaine de chambres et plusieurs corridors déterrés présentent encore des peintures en arabesque ; ces peintures, par la vivacité des couleurs, par la variété et la pureté du dessin, font l'admiration des artistes.
On dit parfois que Raphaël s'est servi de ces fresques pour peindre les loges du Vaticaa, qui, à part ud sujet, sont Fœuvre des élèves de ce graud peintre. Voici ce que nous lisons à ce sujet dans le bel ouvrage de M. Passavant : Les reliefs en stuc et les grotesques peints des loges furent confiés à Jean d*Udine, que ses connaissances en botanique et en zoologie rendaient tout-à-fait propre à ces sortes de décoration. Raphaël avait une telle inclinaUon pour le talent de cet artiste, que souvent il regardait avec un extrême plaisir les livres d'esquisses, où Giovanni dessinait d'après nature : souvent aussi ils faisaient ensemble des excursions artistiques. C'était à une de ces promenades, dans les nouvelles fouilles des Bains de Titus, déjà praticables en partie depuis 4606, que tous deux avaient remarqué la fraîcheur des ouvrages de stuc et des ornements en couleur qu'on y admire
B8 AQUBDUCS.
6. ÂQUA ViRGo amenée à Rome par Agrippa (30 av. J. G.) dut son nom à une jeune fille qui en indiqua la source à des soldats altérés. Cet aqueduc restauré par Nicolas V, en 4453, et achevé enfin en 4568, alimente les fontaines des places Farnèse, Navone, d'Espagne de Trevi et de la Barcaccia. Celte eau s'appelle aujourd'hui YAcqua Vergine.
7. ÂQUA AuGUTTA OU Alseatura, dou d'Auguste au peuple romain. Cet aqueduc avait sa source dans le lac de ce nom et ne servait que pour les naumachies et pour le quartier du Transtévère. Trajan le restaura et lui amena de nouvelles sources d'Oriolo et de Baccano. Enfin Paul V l'améliora considérablement et lui donna son nom. VAcqua Paola alimente la fontaine Pauline, celles de la place de Saint-Pierre, l'hôtel des Monnaies et le moulin du Janicule, en un mot la région Vaticane et du Transtévère.
8. Aqua Claudia, aqueduc commencé 'par Caligula (36 ap. J.-C), achevé par Claude (50 ap. J.-C.) ; il amenait l'eau de Subiaco, à quarante milles de Rome. Sa hauteur est telle qu'il domine les sept collines. Ses ruines prodigieuses de travertin qui se montrent sur une étendue considérable de la campagne romaine, ont été utilisées par Sixte-Quint. Il s'en est ser\i pour former l'aqueduc nommé Acqua Felice, de Félix Peretti, nom de baptême de ce grand pontife. Ce nouvel aqueduc dessert la fontaine des Termini près de la Via Pia^ celle du 7Wtone à la place Barberini et de Monte Cavallo au Quirinal, en un mot les quartiers les plus élevés de la rive gauche du Tibre.
9. Anio novus, œuvre de Claude, qui l'amena de Subiaco. On voit encore son specus qui surmonte l'aqueduc de Claude à la porte Majeure.
Les trois aqueducs modernes de Rome VAcqua Vergine, YAcqua Felice et YAcqua Paola fournissent par jour 180,537 mètres cubes d'eau.