MAUSOLÉE D*AU6USTE
Devaient pas de cimetières proprement dits ; ils érigeaient leurs tombeaux à rentrée des villes, de chaque côté des routes conduisant aux portes ; la Toie Appienne était sous ce rapport une voie privilégiée. On distinguait les tombeaux ordinaires des tombeaux de luxe.
Les tombeaiix ordinaires étaient de simples épitaphes en marbre ou en pierre, carrées ou oblongues, ou des cippes, c*est-à-dire, des piliers bas, quelquefois ronds, mais souvent rectangulaires, qui renfermaient une cavité pour recevoir les cendres du mort. Ils portaient sur la face antérieure une inscription , rappelant les noms , les titres et la filiation du défunt et commençant par les initiales D. M. [Diis Manibus) aux dieux mânes , divinités inférieures qui habitaient les régions souterraines. Les tombeaux de luœe^ élevés à des personnes distinguées soit par leur opulence , soit par les hautes fonctions qu'elles avaient remplies, étaient des sarcophages ornés de sculptures ou avaient la forme de pyramides à un ou plusieurs étages.
1. Mausolée d'Auguste (entre la Via de' Pontifici et la Via di Ripetta), érigé par Auguste pour lui et les siens Tan 27 av. J.-C,, entre le Tibre et la voie Flaminienne. Il avait la forme d*une haute tour à trois étages concentriques, élevée sur un soubassement carré, et surmontée de la statue d'Auguste en airain ; tout le monument était revêtu de marbre blanc. De chaque côté, vers le fleuve et vers la voie Flaminienne, il y avait deux obélisques qui ornent aujourd'hui la place de Monte Cavallo et celle de l'église de Sainte-Marie-Majeure. Le mausolée d'Auguste reçut les cendres du jeune Marcellus, d'Octavie, de Marcus Agrippa, de Livie, de Drusus, de Germanicus, d'Auguste et d'autres membres de la famille impériale. Au XJI* siècle, il fut converti en forteresse par les Golonna et ruiné par les Savelli. Sous Pie VIII, il servit pendant peu de temps d'amphithéâtre pour les chasses de taureaux et de bufiles ; aujourd'hui, on l'emploie à des feux d'artifices ou à des scènes équestres. De ce magnifique monument il ne reste plus que deux enceintes à appareil réticulé ; une grande porte dans la Via de' Pontifici y donne accès.
2. Pyramide de Cestius, l'unique monument de ce genre à Rome, près de la porte de Saint-Paul. Un prêtre épulon (dont la principale fonction consistait à préparer un banquet somptueux (lectistemium) en l'honneur de Jupiter et des douze grands dieux) s'est fait ériger ce tombeau. La masse en est
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très^mposante. Il a SS'^TO à la base sur chacune de ses fïices et 36"88 de hauteur; il est tout en pierres de taille, revêtues d'épaisses dalles de marbre blanc. On trouve au milieu de cette masse une chambre sépulcrale quadrangulaire de 5 à 6" de long sur 4*" de large. Cette chambre est ornée de peintures élégantes, qui offraient un intérêt extraordinaire avant la découverte de Pompéi et qui représentent de jolis candélabres et des figures de femmes. Il a été déblayé et restauré par Alexandre VU, en 1663, et par Grégoire XVI.
3. Mausolée d*Adribn (Cliâteau-Saint-Ange, Castello delFAngelo près du Tibre). Adrien avait voulu qu'on lui érigeât un tombeau qui aurait surpassé en magnificence tout ce quMl avait rencontré dans ses voyages en Grèce et en Orient. Après sa mort, ses restes y furent transportés de Baîa ; plus tard les cendres d'Antonin-le-Pieux, de Marc-Aurèle, de Commode, de Septime-Sévère vinrent reposer dans ce superbe mausolée qui s'élevait, de l'autre côté du Tibre, à quelque distance de celui d'Auguste. L'historien Procope, qui vivait au VI* siècle, nous dit que ce monument, revêtu de grandes plaques de marbre de Paros, s'élevait sur un large soubassement carré, orné de festons et de bucrânes; au milieu de ces ornements étaient placées les inscriptions en l'honneur des empereurs qui y étaient ensevelis. Aux quatre angles on voyait des groupes d'hommes et de chevaux, le tout en bronze doré. La rotonde qui dominait ce soubassement, était décorée d'un double rang de pilastres qui soutenaient un entablement, surmonté de statues du plus beau travail. Outre les statues de l'entablement, on en voyait encore dans les entrecolonnements du rang inférieur. Au sommet du monument était la statue d'Adrien. La porte en bronze était percée dans le soubassement, vis-à-vis du pont. Cette porte fut démolie et murée de nouveau, en 4825; le corridor auquel elle donnait accès, conduisait à une grande niche, près de laquelle est l'entrée d'un chemin en spirale bâti en briques, qui mène d'abord à la chambre sépulcrale, puis au sommet du monumeiH. Ce chemin, pavé autrefois en mosaïque, fait le tour du monument ; il recevait le jour par des fenêtres pyramidales.
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La chambre sépulcrale à laquelle il conduit d'abord, est divisée en quatre niches ; on croit que la plus grande renfermait Turoe d'Adrien. La partie moderne du château Saint-Ange comprend un salon décoré à fresque par Pierre del Vaga qui a orné la voûte d'arabesques et les murs de traits empruntés à l'histoire militaire de Rome. Jules Romain a couvert les murs d'un autre salon carré de peintures en fresques et d'autres ornements de stuc. Dans la partie supérieure, on voit un nombre considérable de cellules qui servirent pendant longtemps de prison pour les bandits qui infestaient les environs de Rome. Un escalier conduit ensuite à la plate-forme, d'oii l'on jouit d'une vue admirable de la ville et en particulier des édifices qui couvrent la colline du Vatican. Le mausolée d'Adrien resta dans son état primitif jusqu'à l'époque où Honorius le fit entrer dans sa ligne de défense de la ville de Rome. En 837, les Goths, commandés par Vitigès, y vinrent assiéger les Grecs qui s'y étaient retranchés et qui se servaient des débris des statues comme de projectiles qu'ils lançaient sur les assaillants. Depuis ce temps, ce monument forma un des points stratégiques de Rome. L'an 590, la peste ravagea la ville. Cette année eut lieu la grande procession, qui devint plus tard si célèbre, et à la suite de laquelle la maladie cessa. Avant d'arriver à Sainte-Marie-Majeure, quatre-vingts personnes qui faisaient partie du pieux cortège étaient tombées victimes du fléau, tant était grande la fureur avec laquelle sévissait la terrible épidémie. Le pape saint Grégoire le Grand prenant alors en ses mains l'image de la Madone, s'achemina vers la basilique de Saint-Pierre, nu-pieds et couvert d'un sac ; ceux qui le suivirent portaient aussi le vêtement des pénitents. Le cortège traversait lentement et pieusement les rues désertes de Rome, lorsque, en face du mausolée d'Adrien, on entendit dans les airs une voix angélique qui prononçait ces paroles : Regina cœli, ketare, alle^ luia. Resurrexit sicut dixit, alléluia. Reine du ciel^ réjouissez-^ vous, alléluia! Il est ressuscité comme il Va dit! alléluia! Le pontife et le peuple, pénétrés de joie et d'uii saint respect s'agenouillèrent, et saint Grégoire in^iré s'écria : Ora pro