‹ Rome & ses monumentsChapitre 52 sur 384 · MAISON DB NICOLAS RIENZI · texte numérisé non relu

MAISON DB NICOLAS RIENZI

remonter jusqu'au XI« siècle, époque où elle fut bâtie par Nicolas Grescentius qui en fit une position militaire ; trois siècles plus tard elle devint la demeure du dernier des tribuns de Rome, Nicolas Rienzi ; aujourd'hui elle appartient à Sa Sainteté Pie IX.

Nicolas Ribnzi. Nicolas, fils d*uD aubergiste de la Regola nommé Lorenzo, TQlgairement Rienzo ou Reozo, d'où lui est venu sod nom de Nicolas, ûU de Lorenzo, et, par abréyiatiOD, Cola di Rienzo ou Rienzi, avait acquis, grftoe à ses goûts pour Tétude, un certain degré d'érudition et une profonde connaissance des antiquités nationales. Plus tard , il avait été élu, avec révéque d'Orvieto, recteur et gouverneur de Rome, et le pape lui avait confirmé cette qualité. A son retour d'Avignon, où avec d'autres ambassadeurs, il avait été supplier Clément VI de rentrer dans la Ville Etemelle, il prit la parole dans une assemblée du peuple, et il y eut tant d'entraînement dans son discours, qu'on renouvela pour lui le Utre de tribun. Après sa prise de possession du Capitole, le 49 mai 1347, Rienzi promulgua un code complet de gouvernement, leva des troupes, envoya des ambassadeurs à toutes les puissances pour les faire entrer dans ce qu'il appelait la ligue du bon état et organisa une police sévère dans toute retendue de son administration. Il diminua les privilèges des grandes fan^illes romaines et se montra si iofiexible vis-à-vis de tous ceux qui troublaient l'ordre, qu'en peu de temps Rome se trouva purgée des malfaiteurs qui l'infestaient. Oubliant alors son origine et le titre populaire qui lui avait été décerné, Rienzi résolut de se faire armer chevalier par le syndic du peuple ; Téglise de Saint-Jean-de-Latran fut choisie pour cette solennité. On le vit ensuite tenir cour plénière et se faire donner par les dignitaires des cinq principales basiliques, des couronnes de chêne, de lierre, de myrte, de laurier et d'olivier. — « Je veux remettre toute Pltalie sous la puissance de Rome à la manière antique, » disait-il, et il déclarait en outre, que l'empire et l'élecUon de l'empereur appartenaient à la ville, n citait tous les prétendants à la couronne impériale « à comparaître devant lui et les autres officiers du pape et du peuple romain; le tout sans déroger à Vautorité de t Eglise, du souverain Pontife et du Saint -Collège. » Rienzi n'avait pas attaqué en principe la souveraineté du Siège Apostolique ; mais plusieurs des droits qu'il s'arrogeait étaient incompatibles avec cette souveraineté. Clément VI s*en plaignit vivement et somma les Romains de se désister de leur obéissance au tribun , pour demeurer fidèles à leurs serments et à leur devoir. En même temps une conjuration éclata contre Rienzi parmi la noblesse; le peuple lui-même Tabandonna, et, le 45 décembre 4347, à sept mois seulement de distance, Rienzi s'enfuit déguisé à Naples. 11 revint à Rome trois ans après, mais réduit à s'expatrier de nouveau, il se rendit en Bohème où il fut pris et livré à Clément VI qui le retint prisonnier à Avignon. Cependant le patrimoine de Saint-Pierre était en proie à la plus

96 TORRE DELLE MILIZIE.

hideuse aDarchie. iDocoent VI, qui succéda à Clément VI, eo 4352, ue Tît d*autre remède à un tel mal que d'envoyer Rienzi en Italie, accompagné d'un cardinal-légat capable et énergique. Le tribun accourut aussitôt à Rome, sans prendre avis du cardinal d'Albornoz, son collègue ; il y fut reçu avec acclamation et rentra en pleine jouissance de son autorité ancienne. Mais ce n'était plus le jeune tribun de 43i7. Il rétablit bien le calme et la régularité de l'administra lion dans la ville, mais il la greva en même temps de nouveaux impôts ; il punit de mort des hommes marquants en les qualifiant de séditieux et d'agitateurs, de sorte que son joug devint également insupportable au peuple et à la noblesse. Le mécontentement public se manifesta tout à coup par une violente explosion. Le 8 octobre 4354, le Capitole fut assailli par une multitude furieuse qui criait : Tue, tue! meure le traitre Cola di Rienzi! meure l'auteur de la gabelle! Rienzi répondit à ces clameurs par le cri de Vive le peuple! et, du haut d'une fenêtre, il agita le drapeau de la ville de Rome ; mais des flèches lancées contre lui furent la seule réponse qu'il obtint. Alors il prit l'habit d*un valet, il se mêla aux forcenés qui envahissaient le Capitole, et les excita au pillage en leur donnant l'exemple. Déjà même il s'évadait sous un matelas qu'il était parvenu à charger sur ses épaules, lorsqu'il fut reconnu. On le jeta par terre, il fut percé de coups, ses mains furent tranchées, on mit à nu ses entrailles, et, traînés au palais Colonne, ces hideux débris y furent pendus à une fourche patibulaire (4).

ToRRE de' GoNTi (TouF des Coati), au pied du Quirinal, dans la rue de ce nom. C'est une tour en briques, élevée, en 853, par Nicolas I et rebâtie, en 1216, par Innocent III, tous deux de la famille des Conti. Au moyen âge, elle servit de forteresse aux familles puissantes qui se disputaient à cette époque la suprématie de Rome.

ToRRB DELLE MiLiziE (TouF dcs Milices), renfermée dans le couvent des Dominicaines qui occupent le monastère de Sainte-Catherine-de-Sienne à la Via Magnanapoli, C'est une haute tour carrée en briques, dont les archéologues attribuent la construction à Pandulphe de la Suburra, sénateur de Rome en 1210, et d'autres à Boniface VIII. Quoiqu'il en soit, le caractère de cet édifice, évidemment du moyen âge, ne permet certainement pas de le rapporter à Néron, comme le répètent invariablement tous les ciceroni, en ajoutant solennellement que ce serait du haut de cette tour que ce persécuteur des chrétiens aurait assisté, la lyre à la main, à l'incendie de la ville impériale.

(4) Eugène de la Gournerie, Rome chrétienne, t. Il, p. 27.

SECTION n.

ROME sous LES PAPES.

Notre itinéraire à travers la ville des Papes peut se diviser eu six parties qui comprendront successivement : les places et les fontaines de Rome; — les basiliques, les églises et les couvents ; — les palais et les musées; — les grands établissements d'instruction publique ; — les institutions charitables ; — et enfin les catacombes.

Article I. — PLACES ET FONTAINES.

Rome moderne ne compte pas moins de iBO places plus ou moins grandes et à peu près autant de fontaines publiques. Nous doutons fort qu*il y ait beaucoup de villes en Europe qui soient aussi bien partagées sous ce dernier rapport, et nous pensons, qu*à cet égard, les Pontifes-Rois n*ont des leçons à recevoir de personne.

Place Barberini, vis-à-vis du palais des princes de ce nom. Elle est ornée d'une fontaine dite del Tritotie (du Triton) ordonnée auBernin par Urbain VIII. Quatre dauphins soutiennent une conque, surmontée d'un énorme Triton qui, d'un bras vigoureux, porte à la bouche une grande coquille de mer dans laquelle il souffle, et d'où jaillit un magnifique jet d'eau.

Place Bocca della Verita, près du Tibre, devant l'église de Sainte-Marie-tn-Cosmfdm. Elle a reçu ce nom (bouche de la vérité) d'un grand masque en marbre blanc à bouche béante, placé sous le portique de cette église. D'après une légende,

98 PLAGE DU GAPITOLE.

ceux qui introduisent la main dans cette ouverture et ne disent pas la vérité, ne peuvent plus la retirer.

Gampo di Fiori (Champ des Fleurs) entre la place Navone et le Palais Farnèse.

•Place du Capitule [Piazza del Campidoglio) due à Paul III et dessinée par Michel Ange. On y arrive par une large rampe, au pied de laquelle sont étendus deux lionnes antiques, de basalte d'Egypte, servant de fontaines et transportées là par ordre de Pie IV. La place elle-même est entourée de trois palais, construits d'après les plans de Michel Ange : celui du Sénateur au milieu, à droite, celui des Conservateurs, et à gauche, le Musée. A l'entrée sur deux grands piédestaux s'élèvent les statues de Castor et de Pollux, domptant leur chevaux ; elles furent trouvées au XVP siècle dans le Ghetto. De chaque côté, les Trophées de Marins placés ici par ordre de Sixte-Quint et qui ornaient autrefois le réservoir (castellum) de l'Aqua Julia sur l'Esquilin, bien que ce ne fût point là leur destination primitive. Quelques antiquaires pensent qu'ils devaient orner la basilique de Trajan, en l'honneur duquel ils avaient été commandés par les légions Valeria et Apollinaire. Quoiqu'il en soit, on les rapporte à l'époque de Dioclétien ou d'Alexandre Sévère. Viennent ensuite les Statues de Constantin et de son fils, trouvées dans les Thermes de cet empereur au Quirinal. Enfin, à l'extrémité droite, le milliaire (milliarium) pierre que les Romains plaçaient de mille en mille, le long de leurs principales routes. Celui-ci était le premier que l'on rencontrait sur la Voie Appienne, comme l'indique le chiffre 1 placé en haut. Le reste de l'inscription est relatif aux empereurs Vespasien et Nerva qui le restaurèrent successivement. Il fut trouvé en 4884 dans la Villa Naro, hors de la porte Capène. Le milliaire qui lui fait pendant, à gauche, provient du palais Giustiniani et était le septième de la même Voie Appienne. Au milieu de la place est la statue équestre en bronze de Marc-Aurèle, trouvée près du palais de Latran, sous Sixte IV qui la fit restaurer, tout en la laissant à la place qu'elle occupait en ce moment. Paul III la confia à Michel Ange qui, en iS38, la plaça sur un piédestal en

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