‹ Rome & ses monumentsChapitre 53 sur 384 · PLACES COLONNA, MONTE CITORIO ET NAVONE · texte numérisé non relu

PLACES COLONNA, MONTE CITORIO ET NAVONE

marbre dont il donna lui-même le dessin. Cette statue équestre, autrefois dorée, si pleine de vie et de dignité, est une œuvre à laquelle le Buonarrotti avait voué un véritable culte. Devant l'escalier du palais des sénateurs, on voit trois statues antiques : celle de Minerve au milieu, et de chaque côté le Nil et le Tibre. A la gauche de la rampe que nous avons décrite en commençant, est Tescalier qui conduit à l'église et au couvent de rAra-Gœli par 124 marches en marbre blanc.

Place Colonna (au Corso)^ qui a reçu son nom de la Colonne Antonine décrite plus haut. Elle possède une fontaine dessinée par J. délia Porta sous Grégoire XIII et restaurée sous Léon XII. Quatre palais occupent les quatre côtés de cette place. Le palais Piambino fait face à la Grand'gardey et le palais Chigij qui forme Tangle de la rue du Corso en arrivant de la place du Peuple, regarde le palais Niccolini.

Place Farnëse, de forme carrée et qui a reçu son nom du palais Famèse ; on y voit des fontaines dessinées par J. Rainaldi.

Place de Saint-Jban-de-Latran (voir la description de la basilique de ce nom).

Place de Sainte-Marie-Maieure (voir la description de la basilique de ce nom).

Place de Monte Cavallo au Quirinal. On remarque au milieu de cette place les statues de Castor et de Pollux qui flanquent l'obélisque dont nous avons parlé plus haut. La fontaine a été exécutée sur les dessins de Stern, sous Pie VII.

Place de Monte Citorio, près du Corso et décorée de l'obélisque dont nous avons parlé p. 59. D'un côté est le palais de la Curia Inîwcenziatm, commencé en 4680 par le cardinal Ludovisi sur les dessins du Bernin, et achevé par Innocent Xll qui y a établi les tribunaux. C. Fontana fut l'architecte de l'intérieur de la Curia. On a encore attaché à ce palais les bureaux du Cardinal Camerlingue et du Trésorier général.

La Place Navone, une des plus vastes de Rome, est b&tie sur les substructions du Cirque agonal dont elle a conservé la forme. Tous les matins on y tient le marché aux légumes et aux fruits, et tous les mercredis, celui de comestibles

iOO PLAGE NAVONE ET PASQUINO.

et d'autres objets de toute sorte. Cette place renferme trois grandes fontaines et une petite. La plus grande et la plus belle, qui se trouve au milieu, est Tœuvre du Bernin. C'est un immense bassin rond au centre duquel s'élève un amas de rochers percés à jour, d'où s'échappent les eaux de quatre fleuves : le Gange, le Nil, le Danube et le Rio délia Plata. Un lion dans un antre semble humer l'eau du bassin qui est au-dessous de lui ; un cheval marin s'avance d'un autre côté ; le tout est dominé par un obélisque de granit rouge. La seconde fontaine du côté du palais Braschi fut commandée par Grégoire XIU. Ce sont deux bassins dont le plus petit est en marbre de Porta Santa. Aux faces latérales on voit quatre tritons; la statue du milieu représente un triton qui tient un dauphin par la queue ; cette dernière statue fut exécutée par le Bernin sur les ordres d'Innocent X. La troisième fontaine vers la partie semi-circulaire de la place est aussi de Grégoire XIII. En se plaçant devant cette dernière fontaine, on voit à sa droite l'église de Sainte-Agnès, le Collegio Innocenziano et le palais des princes Doria Pamphili ; puis un peu plus loin, le palais Braschi. Au mois d'août, pendant les chaleurs de la canicule, on ferme, le samedi soir, l'écluse de la place Navone ; on bouche les exutoires de la vasque qui bientôt déborde et inonde la place, qu'elle transforme en lac. Ce jour là arrivent les voituriers, les charretiers, les palefreniers. A ceux-ci succèdent, au son de trompettes, les escadrons de la cavalerie, de l'artillerie et du train des équipages qui font à différentes reprises le tour du Cirque. Le dimanche suivant, c'est le tour de:» voitures des patriciens et des bourgeois de Rome.

Place Pasquino, à l'angle du palais Braschi à côté de la place Navone. Pasquin était un tailleur qui se plaisait à railler tous ceux qui passaient devant sa boutique. Après sa mort, on trouva, près de là, une statue antique fort endommagée, dont on a fait plus tard un Ménélas soutenant le corps de Patrocle. Le peuple la baptisa du nom de Pasquin, et chaque nuit elle reçut les lazzis et les quolibets des satiriques de Rome, qui ne s'inclinaient devant aucune majesté : papes, rois, em-

FONTAINE PAULINE, PLACE DU PEUPLE. lOl

pereurs, tribuns, artistes, cardinaux, étrangers illustres, tout le inonde a dû essuyer le feu roulant des épigrammes latines ou italiennes du successeur de Pasquino ; de là vient le mot de pasquinade. Le confrère du tailleur était Marforio , autre statue que l'on voyait jadis près de l'Arc de Septime-Sévère au Forum. Pasquino interrogeait; Marforio répondait. La statue de ce dernier fait partie du Musée du Gapitole. Quant à Pasquin, il n'a pas encore abdiqué et l'angle du palais Braschi est toujours resté sa propriété.

Fontaine Pauline, sur les hauteurs du Janicule, élevée par Paul V (Borghèse), sur les dessins de Jean Fontana et de Charles Haderne. Elle se compose d'une grande façade à cinq arcades, dont trois grandes et deux petites, séparées par cinq colonnes de granit rouge d'ordre ionique, provenant du Forum Transitorium de Nerva. Des torrents d'eau limpide s'échappent du milieu des trois plus grandes arcades et tombent avec fracas dans le bassin ; dans les deux autres on voit les dragons qui font partie des armes des Borghèse.

Place S. Pierre au Vatican. Voir la description de cette basilique p. i08.

Place du Peuple (point de départ du Corso), une des plus magnifiques de Rome, et certainement la plus régulière. Elle est de forme elliptique et décorée au centre d'un obélisque, élevé sur un soubassement présentant à chaque angle des lions égyptiens qui lancent de l'eau dans des vasques. Cette place a été dessinée par Valadier sous le pontificat de Pie VIL Chaque hémicycle est orné d'une fontaine dessinée par le même artiste ; la statue adossée au Pincio représente Rome ; à ses côtés sont les deux fleuves, le Tibre et l'Âniene. Dans l'hémicycle qui lui fait face on voit Neptune, entre deux tritons ; à l'extrémité, les statues des quatre Saisons. Quatre grands corps de bâtiments lui donnent un aspect imposant ; à droite, la caserne des gendarmes pontificaux et le musée des Beaux- Arts ; à gauche, le couvent des Pères Augustins et l'hôtel des Iles-Britanniques. Trois rues débouchent sur cette place, le Corso ayant à sa gauche la Via di Ripetta dont il est séparé par l'église de Sainte-Marie-d^'^

Page 1