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BASILIQUES ET ÉGLISES

Article II. — BASILIQUES ET ÉGLISES.

Dans les temps apostoliques, on désignait sous le nom de dominicum le lieu où les fidèles s'assemblaient; c'était ordinairement une maison particulière. Après Constantin, ces lieux changés en basiliques, conservèrent le nom de leurs anciens possesseurs. Si le personnage ou la matrone qui avait accueilli les fidèles dans sa maison obtenait après sa mort les honneurs rendus aux saints, la basih'que était consacrée à sa mémoire et à son culte ; telle est Torigine des églises dédiées à Sainte-Pudentienne, Ssinte-Gécile et très-probablement Saint-Clément. C'est une erreur de croire que les chré* tiens n'eurent pas de basiliques à Rome avant la conversion de Constantin ; les témoignages des Pères et des historiens sont formels à cet égard. Sans doute, ces églises n'étaient point vastes et spacieuses; une foule de raisons ne le permettaient pas ; mais elles avaient la forme bastlicale, et c'est là ce qu'il importe de constater. A qui les chrétiens avaient-ils emprunté cette forme? est-ce à Tédifice païen de ce nom? — Nous ne le croyons pas. Ils auront consulté les exigences du culte chrétien de N. S. J.-C, et ils auront disposé, d'après cela, les différentes parties de leur lieu de réunion.

La basilique chrétienne était ordinairement précédée d'une cour carrée {atrium) entourée de portiques. Au centre de Vatrium, on voyait un réservoir rond ou octogone [cantharus] où les fidèles se lavaient les mains avant d'entrer dans l'église; c'est là l'origine de nos bénitiers. Dans cette cour se trouvaient les catéchumènes et les pénitents pendant la célébration d'une partie des cérémonies de la messe, auxquelles il leur était permis d'assister. Au fond de l'atrium était le narthex ou pronaos sous lequel s'ouvraient trois ou cinq portes, dont une servait d'entrée aux hommes et une autre aux femmes. Construite en carré plus ou moins allongé, la basilique était partagée à l'intérieur en trois ou cinq nefs, celle du milieu étant plus large que les autres. Lesbas-côtés droits étaient réservés auxhomtneseiles bas-côtés gauches aux femmes. Les galeries que Ton rencontre parfois étaient destinées : celle de gauche aux veuves et celle de droite aux jeunes vierges qui se consacraient à la prière. Le Chœur s'avançait jusqu'au tiers ou à la moitié de la grande nef, dont il était séparé par une balustrade ou mur de marbre à hauteur d'appui. Dans cette enceinte se tenaient les acolythes, les exorcistes et autres fonctionnaires des ordres mineurs. A droite et à gauche, s'élevaient les ambons, tribunes de forme carrée ou octogone, dé* corées de marbres ou de mosaïques et destinées à la lecture de l'épltre, de l'évangile et parfois aussi à la prédication. A côté de l'ambon de l'évangile, une petite colonne portait le cierge pascal. Une barrière {canceltum) séparait le chœur du sanctuaire^ placé à l'extrémité de la nef et élevé de trois degrés. Là se trouvait Vauiel, composé d'une table de marbre ou de porphyre, et couronné du ciborium, espèce de baldaquin formé de quatre ou de six colonnes, surmontées d'un dais en forme de toit ou de coupole. On ajustait à ces colonnes des rideaux ou des voiles qui se fermaient à certains

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