SAINT-PIERRE ; CHAIRE
Saint-Laurent-m- Damoso on lit : Relique de la chaire de saint Pierre, Oo explique parfaitement les représentations des travaux d*HercuIe sur les plaques en ivoire qui ornent la partie antérieure. En effet, c'est une chose bien connue que, dès le commencement du moyen Âge, on attachait un grand prix aux sculptures profanes provenant de dyptiques ou d'autres monuments antiques. On s'en servait comme d'une matière précieuse pour orner les évangéliaires, les reliquaires ou autres objets sacrés, sans tenir compte des sujets représentés sur ces ivoires. 11 n'en était pas ainsi durant les premiers siècles, alors que la lutte entre le paganisme et le christianisme était vive. Ainsi dans Jes catacombes romaines on a souvent effacé on détruit au moyen de quelque instrument de fer, les sculptures qui représentaient les dieux de l'Olympe, Hercule ou d'autres divinités mythologiques. 11 eût donc paru quelque peu étrange de voir les représenta- Uoos des travaux d'Hercule conservées intactes et apparentes sur une chaire qui est l'objet de tant de vénération. Or maintenant il n'y a rien qui doive étonner, puisque les plaques d'ivoire ne recouvrent pas le bois le plus antique et que même quelques-unes sont placées à rebours et présentent les figures à tête retournées.
Un culte non interrompu, public et solennel dans la basilique vaticane a mis cette chaire en possession du titre de la chaire célèbre qui, dans les premiers siècles, était le gage' et le signe visible de l'origine apostolique de l'Eglise Romaine dont Pierre fut le premier pontife. Pendant plusieurs siècles l'intronisation des nouveaux papes s'est faite dans celte chaire; chaque année, le 22 février, se célèbre Tanniversaire du jour ou le pontife s'y asseyait. Ce sont autant d'arguments qui démontrent combien il est déraisonnable et historiquement improbable de supposer qu'une nouvelle chaire ait été substituée à l'ancienne et pris le titre de celle que Damase plaça dans le baptistère du Vatican. D'autre part, au yi«* siècle, Eunodius atteste que la chaire apostolique conservée dans-cet édifice de Damase était une sella gestaloria; non point une chaire en pierre, mais en bois et qu'elle était portée sur les épaules au moyen de petites poutres que l'on passait à travers les anneaux enfoncés dans les piliers latéraux de la chaire. Or, cette description s'adapte parfaitement, comme on le voit, au monument que nous venons de décrire. La chaire du Vatican est donc la même que celle dont parle Ennodius, non pas quant aux parties dont les ornements semblent postérieurs à l'époque où vivait cet écrivain, mais quant aux pieds droits en chêne, tout dégarnis et rongés par le temps et les pieux larcins des fidèles. Ces observations jointes aux témoignages (4)
(4) Ennodius, Apologel. pro synodo. App. 1. 1, p. 4647. — Au V» siècle, S. Pierre Chrysologue, epist. ad Eutychem in S. Leonis epist. XXV. — Au IV* siècle, le pape Damase, Gruter, Inscripl. p. 4463 ; S. Optât de Milcve : Àd Parmenian, lib. II, 4. ~ Au 3" siècle, une inscription du cimetière de
aint Calixte, Inscr, Christ. 1. 1, p. CXV. — Saint Cyprien. Epist. t. II. —
u î« siècle, TertuUien, de prescript. CXXXVl, XXXII.