‹ Rome & ses monumentsChapitre 83 sur 384 · SAINT-JEAN-OE-LATRAN ; MOSAÏQUE DE L*ABSIDE · texte numérisé non relu

SAINT-JEAN-OE-LATRAN ; MOSAÏQUE DE L*ABSIDE

Derrière le chœur règne un pourtour qui a reçu le nom de portique léonin, ainsi nommé de saint Léon I. On y rencontre Tautel du crucifix (28), image en bois sculpté, attribuée à Giotto ; de chaque côté, la statue de saint Pierre et de saint Paul du X® siècle. Parmi les autres statues on remarque celle de Boniface VIII portant une tiare d'une forme toute particulière. La porte de la sacristie est en bronze et a été faite sous Célestin I en 1196. Un peu plus loin s'ouvre le petit sanctuaire où l'on conserve, derrière des grilles de fer et sous de larges feuilles de cristal, (29) la table sur laquelle Notre-Seigneur célébra la dernière Cène et institua la Très-Sainte Eucharistie. Le trésor des reliques, reconnues authentiques, de Saint-Jean-de-Latran possède encore un bras de sainte Hélène, une partie du cerveau de saint Vincent de Paul, du sang de saint Charles Borromée, la coupe dans laquelle, par ordre de Domitien, le poison fut présenté à l'apôtre saint Jean, une partie de la chaîne qui le liait lorsqu'on l'amena d'Ephèse à Rome et une partie du vêtement de pourpre dont Jésus-Christ fut habillé par dérision. Dans ce même pourtour ont été enterrés André Sacchi, le chevalier d'Arpin et A. Galiléi. Près de la chapelle du Saint-Sacrement est le chœur d'hiver des chanoines. Les souverains de France font partie de ce corps ecclésiastique par droit de naissance et y ont une stalle qui leur est réservée, depuis qu'en 1898, après sa conversion, le roi Henri IV fit don à la basilique de la riche abbaye de Clerac en Gascogne. La révolution française ayant foulé ce droit aux pieds, les Bourbons le revendiquèrent sous la Restauration ; Louis-Philippe le méprisa ; Napoléon III l'a revendiqué, et un bref du Saint-Siège l'a remis en pleine possession de cette dignité avec les privilèges adhérents. En échange S. M. Impériale a rétabli, en faveur de la basilique, la rente annuelle que les rois de France lui payaient en compensation de la perte de l'abbaye de Clerac que la révolution avait supprimée pour toujours. Ainsi est perpétuée la tradition qui de tous temps a confié aux rois de France la garde et la protection de Saint-Jean-de-Latran. (30) La

LE CLoItRE de SA1NT-JEAN-DE-LATRAN. 145

Statue équestre en bronze de Henri IV par Gordier, que l'on voit au fond du portique latéral, est un monument de la reconnaissance du chapitre.

Le Cloître est une magnifique création du xn' ou xm» siècle. Il présente une vaste cour carrée, entourée d'un portique couvert, soutenu par des colonnettes richement ornées de délicates mosaïques et dont les chapiteaux sont presque tous d'un dessin différent. On conserve dans les galeries du cloître un assez grand nombre de reliques sur l'authenticité desquelles la Congrégation ne s'est jamais prononcée ; par exemple la plaque de porphyre sur laquelle, dit-on, les soldats ont joué, au Calvaire, les vêtements de Notre-Seigneur, — la colonne fendue du temple de Jérusalem, — celle de la maison de Pilate, du haut de laquelle la sentence de mort du Sauveur fut annoncée au peuple, le puits de la Samaritaine, le baldaquin de marbre soutenu par quatre colonnes de cinq à six pieds de hauteur et indiquant la hauteur de la taille du divin Rédempteur; enfin un antique siège pontifical. On y découvre encore quelques restes très-intéressants de l'ancienne basilique.

Baptistère de Saint-Jean-m-Latran ou église de S. Giovanni IN Fonte, bâti par Constantin lorsqu'il reçut le baptême des mains de saint Sylvestre. Ils est de forme octogone ; à l'intérieur huit colonnes de porphyre soutiennent une architrave antique. Sur celle-ci s'élèvent huit colonnes en marbre blanc qui supportent une corniche, d'où partent huit pilastres» cannelés lesquels soutiennent la voûte. Les peintures k fresque du baptistère se rapportent à Constantin et représentent l'apparition de la croix — la déroute de Maxence — le triomphe de Constantin — la destruction des idoles et celle des livres païens. Sur les parois de la lanterne, Sacchi a peint huit tableaux ayant trait à la vie de saint Jean-Baptiste. Le pavé est en marbre et l'on descend par trois marches au font baptismal qui est formé d'une urne en basalte vert dont le couvercle est orné de bas-reliefs en métal doré. Des deux côtés on voit deux chapelles dédiées au V« siècle par le pape Uilaire l'une à saint Jean-Baptiste, l'autre h saint Jean l'Evan-

146 BAPTISTÈRE DE SAiNT-JEAN-DB*LATRAN.

géliste. Daas la dernière cbapelle, dont les portes ea bronee sont antiques, la voûte est ornée d'une mosaïque de la même époque, où apparaît TAgneau divin nimbé qui se détache sur un fond d*or. Une issue du baptistère conduit à un ancien portique fermé aujourd'hui par des murs d'entrecolonnement et que l'on désigne sous le nom de Portique de saint Venamcb ou d'ORATOiRE DES SAINTES RuFiNE ET SECONDE ; il so termine vers l'Orient et vers l'Occident par des absides enrichies de mosaïques du XIP siècle. Dans la tribune occidentale est un autel dédié aux deux saintes vierges et martyres que nous venons de nommer et qui y reposent. Deux gros blocs ronds, de marbre noir poli, sont eucliâssés dans les murs du portique ; ils servaient, comme nous l'avons déjà dit plus haut, à torturer les martyrs. Derrière le portique, du côté de l'ora* toire de Saint-Jean-l'Evangéliste , est une petite église de forme caiTée, consacrée par Jean lY en l'honneur de saint Venance en 641, et achevée en 648 par Théodore I. L'arc et la voûte de l'abside sont ornés de mosaïques. Sur l'arc on voit les emblèmes des quatre Évangélistes, les villes de Bethléem et de Jérusalem, ainsi que les saints qui reposent sous l'autel. Dans la voûte, au sommet, le Seigneur entre deux anges, plus bas la Mère de Jésus entourée de saints. En allant de gauche à droite nous rencontrons le pape Jean IV, saint Venance, saint Jean l'Evangéliste , saint Paul, saint Pierre, saint Jean Baptiste, saint Domnion et Théodore, successeur de Jean IV. Sur l'autel s'élève une image vénérable de la sainte Vierge et qui remonte à une haute antiquité. La ScALA sANCTA (l'Escalier saint) est l'escalier du palais de Pilate h Jérusalem que Notre-Seigneur monta et descendit quatre fois dans la matinée du jour de sa passion ; d'abord en arrivant chez le gouverneur romain, ensuite en allant chez Hérode et en revenant ; enfin, après avoir été condamné à mort, couvert du manteau de dérision et portant la couronne d'épines. Il est formé de 28 marches en marbre blanc veiné (marmor tyricum) inconnu en Italie, mais dont on faisait grand usage en Syrie. Une tradition immémoriale et qui existe mémo dans l'Eglise d'Orient rapporte que l'impératrice

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