LA SCALÀ SANCTA — LE SAINT ESCALIER
Hélène les fit venir de Jérusalem avec trois portes et deux colonnes pour ôtre placées dans le palais de Latran. Au XVI^ siècle, Sixte Quint chargea Dominique Fontana de faire le transport des degrés et de les entourer d'un portique. Ce ^tmsport se fit en une seule nuit et avec l'assistance du clergé de la basilique de Latran. On commença par placer la marche supérieore, puis l'avant-derûière et ainsi de suite, de telle sorte que le premier degré fut posé après les autres et que les ouvriers achevèrent leur travail sans mettre le pied sur Tescalier qu'ils érigeaient. La scala sancta est au milieu ; on la monte à genoux et de nombreuses indulgences sont attachées à cet acte de dévotion ; de chaque côté il y a deux autres escaliers en pipemio par lesquels redescendent ceux qui ont monté celui du milieu. Gomme les degrés de la scala sancta proprement dite s'étaient usés à force de monter et que plusieurs pèlerins cherchaient à en enlever quelques parcelles qu'ils emportaient dans leur pays, Innocent XIII les fit couvrir en 1723 de forts madriers de noyer qu'on a depuis été obligé de renouveler plusieurs fois. Sous Sixte Quint on orna la voûte et les parois de fresques relatives à la passion. Pie IX y a placé deux statues par Giacometti représentant un Ecce homo et Notre-Seigtieur trahi par Judas et a fait exécuter des travaux considérables à ce précieux monument de la passion de notre divin Mattre.
Quand on a gravi les saints escaliers on arrive au sanctuaire Sancta Samctorun, ancien oratoire particulier des souverains Pontifes qui l'ont enrichi d'un grand nombre de reliques précieuses. On y vénère la célèbre image de Notre- Seigneur de grandeur naturelle, peinte sur bois de cèdre ou d'olivier et appelée achiropoieta (non faite de la main de l'homme) et saci*a tavola. Commencée par Saint Luc, suivant la légende, et terminée par les anges, elle fut transportée au IV"" siècle de Jérusalem à Gonstantiuople, oii elle resta en haute vénération jusqu'au règne de Léon l'Isaurien. Echappée miraculeusement aux iconoclastes, elle arriva à Rome sous le pontificat de Grégoire I qui la transporta au patriarcat de Latran à la chapelle de Saint-Laurent. On ne la montre au
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public qu'à certaines fêtes. Dans les grandes calamités ou à des époques solennelles on la porte processionnellement de l'oratoire Sancta sanctorum à la basilique de Sainte-Marie- Majeure. La dernière procession a eu lieu en 1863 sous Pie IX. Au VIII" siècle saint Léon III enrichit cette chapelle de nouvelles reliques renfermées dans une châsse en bois de cyprès sur laquelle on lisait Sancta sanctorum ; de là l'origine du nom donné au sanctuaire. Une inscription gravée sur l'architrave apprend, au pèlerin quels riches trésors renferme cette chapelle : « ISoti est in toto sanctior orbe locus. <c II n'est point de lieu plus saint que celui-ci dans le monde entier. » Près de Saint-Jean-de-Latran est un autre monument extrêmement intéressant et connu sous le nom de Triglinium de saint Léon III. Le mot triclinium désignait dans l'antiquité des salles à manger ou cénacles dans lesquels les personnages constitués en dignité donnaient des festins à certains jours solennels. Saint Léon III en fit construire un dans le patriarcat de Latran pour les réunions du Sacré-Collége et pour d'autres solennités. De cette magnifique construction, il ne restait plus que la voûte d'une abside qui, transportée d'abord par Clément XII près de la chapelle de Saint-Laurent, fut définitivement placée par Benoît XIV à l'endroit où on la voit maintenant. La mosaïque qui décore cette abside perpétue le souvenir de la fondation du Saint-Empire romain et est en même temps un hommage rendu par Léon III à Charlemagne. Dans la voûte on voit Notre Seigneur apparaissant aux Apôtres après sa résurrection ; au-dessous on lit les paroles que Jésus-Christ leur adressa : « Allez et instmisez tous les peuples, les baptisant au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit,., et voici que je suis avec vous jusqu'à la consommation des siècles. » Dans l'arc qui entoure la voûte apparaît d'un côté Jésus-Christ assis, tenant deux clefs de la main droite et de l'autre un étendard que surmonte une croix. Saint Silvestre et Constantin sont agenouillés à ses pieds. De l'autre côté on aperçoit saint Pierre présentant un pallium à Léon III et un étendard à Charleinagne. Sous ce groupe on lit l'inscription : béate, petre. uona. vita. leon. pp. e. bictoria.
mosaïque ou TRICUNIUM DE SA1NT-JEAN-DE-LATRAN. 149
CARVLO. REGI. DONA. « Biciiheureux PierrCy donne la vie au pape Léon et lu victoire au roi Charles. » Et autour de l'abside :