‹ Rome & ses monumentsChapitre 94 sur 384 · SAINTE-MARIE-MAJEDRE ; ARC TRIOMPHAL · texte numérisé non relu

SAINTE-MARIE-MAJEDRE ; ARC TRIOMPHAL

foule nombreuse ; près du temple on voit des colombes qui rappellent la modeste offrande de la Mère de Jésus. L*évangé^ liste nous apprend que le Saint-Esprit parlait par la bouche de Siméon et d'Anne ; or, tous deux proclament la divinité de l'enfant que Marie, en qualité de mère, venait offrir à Dieu. Le premier sujet de la seconde zone, nous retrace Y Adoration des Rois. Ce tsd)leau est également conçu de manière à protester contre l'hérésie nestorienne. L'enfant Jésus n'est pas couché dans une crèche; le siège sur lequel il est assis, ressemble moins à un lit qu'à un trône avec marche-pied ; le divin nouveau-né s'y tient par sa propre force, sans être soutenu par sa mère, pour montrer son origine surhumaine. Les mages le reconnaissent comme Dieu et comme Roi, en lui offrant de l'encens et de l'or. Dans l'autre composition, Jésus est retrouvé par ses parents accompagnés de trois anges ; près des portes de Jérusalem on voit les docteurs. Le premier sujet de la troisième zone représente le massacre des Innocents ; trois hommes se dirigent vers un groupe de femmes qui tiennent eil leurs bras de petits enfants. Hérode avait voulu que les mages lui rendissent compte du lieu où se trouvait Jésus, afin que lui aussi allât l'adorer ; il le reconnaissait donc comme Dieu ; mais il voulait le faire massacrer ; et ainsi il le reconnaissait comme homme. Le sujet de l'autre côté de l'arcade nous montre, suivant M. de Bussières, les mages arrivant à Jérusalem et paraissant devant Hérode pour s'enquérir de l'endroit où devait naître le roi des juifs ; un serviteur tient en main une large bande qu'Hérode indique du doigt. D'après M. Barbet, ce serait Hérode assis qui ordonne à ses gardes le massacre des enfants nouveaux-nés (1). Deux villes saintes occupent les deux fragments de la zone inférieure : Jérusalem et Bethléem^ sanctifiées par la naissance et la mort de Notre-Seigneur. On le voit donc, l'arc triomphal de la basilique libérienne est une glorification de la maternité divine de Marie ; tous les sujets se rapportent à l'enfance de Jésus, et partout Notre-Seigneur apparaît comme Dieu. Au point de vue

(4 ) Barbet de Jouy, op. cit., p. 9. — Th. de Bussières, op. cit., t. Il, p. 7t.

SAlNTE-MARlE-MAiEURB ; — BALDAQUIN, — CONFESSION. 163

de l'art, les mosaïques de Sixte III, dit M. Vitet, sont bien inférieures de style et de caractère à celles de Sainte-Pudentienne et même à celles de Sainte-Sabine. On les dirait d'une autre époque. Toutefois l'influence directe des barbares ne s'y fait point encore sentir ; les figures restent romaines de types et de costumes ; ce sont les mêmes airs de tête que sur la colonne Antonine, et la toge conserve sa coupe et ses anciens plis; mais les têtes sont trop fortes pour les corps; les corps sont épais, courts et trapus, les lignes indécises, les compositions confuses (1). Le baldaquin (29) en bronze doré qui surmonte l'autel papal, est un don de Benoît XIV et a pour auteur Fuga ; il est supporté par quatre colonnes de porphyre autour desquelles serpentent des palmes en bronze. L'autel lui-même est une urne antique de porphyre recouverte d'une large table de marbre blanc et noir que soutiennent quatre anges en bronze doré. Cette urne a renfermé, dit-on, les restes du patricien Jean et de son épouse. Devant le baldaquin est (28) la Confession de Saint-Mathias, que Pie IX a fait construire sur les dessins de Poletti. Elle est ornée des marbres les plus variés et les plus précieux. On dit que Sa Sainteté a choisi cet emplacement pour y reposer en paix après sa mort. Puisse la puissante intercession de la Vierge Immaculée reculer encore bien loin de nous ce jour d'épreuve pour les enfants de l'Eglise catholique !

La voûte de l'abside (30) est décoré^ d'une riche mosaïque, commandée par le pape Nicolas IX, exécutée par Jacques de Torrita, et terminée par Gaddo Gaddi après 1307. Au centre de l'encadrement , on voit Y Agneau divin, et, audessous, le monogramme du Christ. Le sujet représente le Couronnement de la sainte Vierge ; sur un même trône richement orné sont assis Notre-Seigneur et la sainte Vierge. D'une main, le divin Sauveur tient un livre, et de l'autre il pose une couronne sur le front de sa Mère ; le nimbe de la sainte Vierge est circulaire, celui de Jésus est cruciforme ; à leurs pieds, on voit le soleil et la lune. Deux groupes d'anges,

!<) Vitel, op. ci/., p 24r

164 SAINTE-NARIE-NAJEURE ; ABSIDE.

en adoration, se pressent aux côtés du trône qu'entoure une auréole étoilée. On lit en dessous : maria virgo assvpta e ad

ETHEREV THALAMV IN QVO REX REGV STELLATO SEDET SOLIO. a Mark

est montée à la demeure éthérée où le Roi des rois est assis sur un trône étoile. » exaltata est sancta dei genitrix : svper choros ANGELORVM AD CELESTIA REGNA. (( La Sainte Mère de Dieu a été portée par les chœurs des anges jusqu'aux royaumes célestes. » Les personnages que l'on voit au premier plan sont : Saint François, saint Paul, saint Pierre, Nicolas IV; de l'autre côté du trône, le cardinal Colonna , saint Jean-Baptiste, saint Jean l'Evangéliste et saint Antoine. Le reste de l'abside est rempli par d'élégantes arabesques qui partent de chaque angle et renferment des paons, des colombes, des cygnes, etc. Le bas de la mosaïque est occupé par le Jourdain, représenté ici comme dans l'abside de Saint-Jean-de-Latran. Dans l'angle à gauche, on lit : jacob; torriti. pictor. h' op' mosiac. fec. « Jacques de Torrita, peintre, a fait cet ouvrage de mosaïque. » La zone inférieure est consacrée à la Très-Sainte-Vierge Marie ; elle comprend cinq sujets : Y Annonciation , — la Nativité de Notre-Seigneur, — la mort de la sainte Vierge. Ici, comme dans presque tous les bas-reliefs représentant la sainte Vierge, sculptés pendant les XIII^ et XIV** siècles, Notre-Seigneur assiste aux derniers moments de sa Mère, et porte son âme entre ses bras comme on porte un enfant. Cette âme est représentée sous la figure d'une jeune personne drapée, couronnée et nimbée. — Le quatrième tableau est Y Adoration des mages, — le cinquième, la Purification. Les deux sujets placés dans l'épaisseur de la croisée, et presque couverts par les orgues, représentent, celui de gauche : Saint JéromCy en vêtements de cardinal, instruisant Paula, et celui de droite, l'apôtre, saint Mathias expliquant TEvangile. Quatre bas-reliefs du XV* siècle se trouvent sous les fenêtres de l'abside : la Nativité de Notre-Seigneur, — saint Libère traçant le plan de la basilique, — l'Assomption, — l'Adoration des mages. Dans le chœur, il y a encore un tableau de Mancini représentant la Nativité de Notre-Seigneur.

On arrive à cette basilique insigne par la porte d*Ostie ou de Saint-Paul. Le premier sanctuaire que Ton rencontre est la Chapelle du Sauveur. D'après la tradition, elle a été construite à Tendroit où sainte Plautille, noble dame romaine, s'était rendue pour voir passer Tapôtre des nations, marchant au dernier supplice. Quand saint Paul l'aperçut en pleurs, il lui demanda son voile pour s'en couvrir les yeux au moment de la décollation, lui promettant qu'il lui serait fidèlement rendu. Tout près est la Chapelle de la séparation. Sortis de la prison Mamertine, saint Pierre et saint Paul firent quelque temps route ensemble, enfin il fallut se séparer et se donner le baiser d'adieu. Saint Pierre se dirigea vers le Janicule, saint Paul continua sa marche vers les Eaux Salviennes, Cet adieu est exprimé dans une inscription naïve placée eittre deux petites colonnes avec un bas-relief sur la façade de la petite chapelle qui rappelle ce souvenir. « En ce lieu se séparèrent saint Pierre et saint Paul allant au martyre. Paul dit à Pierre : Que la paix soit avec toi, fondement de V Eglise et Pasteur de tous les agneaux de Jésus-Christ. — Et Pierre dit à Paul : Va en paix, prédicateur des bons et guide des justes dans la voie

du salut. » IN QUESTO LUOGO si SEPARARONO s. PIETRO E s. PAOLO ANDANDC AL MARTIRIO ; E DICE PAOLO A PIETRO '. LA PAGE SIA TECO FONDAMENTO DELLA CHIESA E PASTORE DI TUTTI GLI AGNELLI Dl CHRISTO. — E PIETRO A PAOLO : VA IN PAGE PREOIGATORË DEl BUOM ET GUIDA

DELLA SALUTE DEi GiusTi. On uc s'cxplique pas d'abord pourquoi l'escorte qui conduisait les Apôtres de la prison Mamertine, ne les fit pas séparer plus tôt; car saint Pierre s'est ici écarté de la route qu'il devait suivre. Mais est-il donc impossible qu'il ait obtenu des soldats la permission de prolonger son dernier entretien ici-bas avec le compagnon de son apostolat et de son martyre, surtout si les fidèles donnèrent quelque argent aux bourreaux. Au reste, Mgr Gerbet fait observer avec infiniment de raison que cette circonstance même est en faveur de la tradition locale ; car si le fait avait, été imaginé, le lieu

166 SAINT-PAUL-ACX-TROIS-rONTAINES.

de la séparation n'aurait pas été placé si loin de la route du Janicule. Arrivé au lieu du supplice, l'Apôtre convertit encore les trois soldats Longin, Aceste et Mégiste, qui cueillirent bientôt après les palmes du martyre; et au moment même de la mort de saint Paul, dit une pieuse et antique tradition, sa tête fit trois bonds sur le sol et trois fontaines jaillirent miraculeusement au lieu où elle s'était posée chaque fois. Une église a été bâtie à cet endroit et a reçu le nom de S. Paolo ALLE TRE FoNTANE. Elle a été renouvelée, en 4890, par le cardinal Pierre Aldobrandini sur les dessins de Fontana et décorée d'une belle façade en travertin. On y voit la colonne qui a servi au supplice de l'Apôtre, et les trois fontaines oU les pèlerins ne manquent jamais de se désaltérer. Cette chapelle a deux autels.

Lucine, noble matrone romaine, de famille sénatoriale et disciple de Paul, avait une villa à la distance de deux milles environ des Eaux Salviennes. Cette pieuse chrétienne soutenait de sa fortune ses frères en Jésus-Christ, et mettait un soin particulier à recueillir les restes des martyrs , afin de leur donner la sépulture dans ses propriétés. Elle rendit les derniers honneurs à son maître, transporta ses reliques dans sa villa et les déposa dans le lieu où s'est élevée depuis la basilique patriarcale de Saint-Paul-hors-des-murs. Anaclet érigea d'abord un oratoire ou confession, comme il en avait érigé un pour l'apôtre saint Pierre dans la Grotte Vaticane. Constantin construisit ensuite une église au-dessus de cette confession. En 386, Valentinien II, Théodose et Arcadius commencèrent à la rebâtir sur un plan beaucoup plus vaste en lui donnant la forme basilicale ; elle fut terminée par Honorius en 398, comme l'attestaient les vers inscrits au-dessus de l'arc de Placidie. Dans la suite, plusieurs papes et, entre autres, Léon III au VIII® siècle, la restaurèrent, tout en lui conservant dans son ensemble le cachet antique. La basilique Ostienne restait là presque solitaire dans la campagne romaine, comme un de ces vieux sanctuaires où l'âme fidèle pouvait venir respirer ce parfum de piété antique dont nos églises modernes ont perdu le secret ; c'était pour le savant

SAINT-PAUL-HORS-DES-MURS . i 67

et l'archéologue un lieu de pèlerinage où l'histoire de l'art au V« siècle se déroulait dans toute sa splendeur. Le 16 juillet 1823, elle devint la proie d'un horrible désastre ; le feu prit aux poutres du toit par l'incurie des plombiers et, en peu d'heures, la plus ancienne basilique du monde entier ne présenta plus qu'un amas de ruines. Ce sinistre événement arriva dans les derniers jours du pontificat de Pie VU, lequel en ce moment était gravement malade. II mourut sans avoir été informé de ce malheur. On voulut laisser mourir en paix l'ancien prisonnier de Fontainebleau , qui , dans sa jeunesse, avait appartenu au couvent des bénédictins de Saint-Paulhors-des-murs, alors qu'il portait le nom de Barnabe Chiaramonti. Les reliques, la confession, l'abside, les chapelles du Saint-Sacrement et du Crucifix, des fragments de la mosaïque de saint Léon I et les portraits des quarante premiers papes échappèrent au désastre. Léon XII, qui succéda à Pie VU, voulut que la basilique Ostienne ressuscitât de ses cendres, majestueuse et digne de la magnificence romaine. Il s'adressa à tous les évoques du monde catholique , les invitant à recueillir et à envoyer à Rome les offrandes des fidèles pour la reconstruction du nouveau temple. L'invitation du pontife produisit l'efiet désiré : les dons des fidèles ajoutés aux sommes considérables (50,000 scudi ou 250,000 fr. par an) que fournissait le trésor pontifical animèrent le Saint-Père à la rebâtir plus grande qu'il ne se l'était proposé d'abord. En conséquence, suivant l'opinion émise par l'Académie de Saint-Luc et le désir des savants, il commanda, par une ordonnance du 18 septembre 1825, la réédification de la basilique dans les mêmes proportions et dans la même forme qu'elle avait avant l'incendie. Cependant dans l'exécution on dérogea en partie à ces prescriptions afin de rendre le nouveau temple plus somptueux que le premier, et surtout pour le mettre à l'abri de l'humidité qui est extrême dans cette partie de la campagne romaine. Le transept et le maître-autel furent terminés et consacrés le 5 octobre 1840. Pie IX fit le reste, et consacra tout l'édifice le 10 décembre 1854, en présence de 185 cardinaux, archevêques et évêques, accourus de toutes les parties

du monde pour assister à la proclamation du dogme de rimraaculée Conception. Leurs noms sont inscrits sur de grandes tables de marbre encastrées dans les murs de l'abside.

On entre ordinairement dans la basilique par une porte latérale qui donne sur la route d'Ostie. On arrive d'abord dans une grande salle où l'on voit quatre énormes fragments de mosaïques provenant de l'abside et qui ont échappé aux flammes; il y a encore dans ce vestibule une statue colossale de Grégoire XVI par Riualdo Rinaldi. Après avoir traversé une seconde salle ornée de fresques assez grossièrement exécutées, du XIIP ou du XIV*' siècle, on pénètre dans la basilique par le transept droit. Il faut le reconnaître, l'intérieur du nouveau temple est magnifique, riche et imposant ; toutefois l'effet est beaucoup moindre que celui qui était produit autrefois par la vieille basilique d'Honorius. Il est divisé en cinq nefs par 80 colonnes de granit du Simplou, d'ordre corinthien. Le plafond est à caissons,* riche d'ornements dorés sur un fond d'argent, moins entassés que, ceux que l'on aperçoit dans les autres églises de Rome. On y voit les armes de Pie IX et de Grégoire XVI. Les parois latérales sont décorées de pilastres de beau cipoUin qui ressortent sur les plaques de marbre veiné contre lequel elles sont adossées. Deux énormes piliers en granit gris du Simplou et provenant des carrières de Baveno, près du Lac Majeur, soutiennent le grand arc.

 l'extrémité de la grande nef, on voit (1) (2) les statues des saints Pierre et Paul, par Obicci et Giacometti. Vient ensuite (3) la Confession de Saint-Timothée, dont les restes sont déposés sous l'autel ; on obtient facilement la permission d'y célébrer la sainte messe. Un peu plus loin est (4) le maître-autel papal, au-dessus duquel s'élève un baldaquin en style gothique (128o), supporté par quatre colonnes de porphyre rouge ; il est surmonté à son tour d'un baldaquin eu style de renaissance, appuyé sur qua-

(4) Voir le plau ci-joiiU.

tre colonnes d'albâtre oriental, qui pour le fond et pour les veines rappellent la peau des tigres d'Afrique. Ces colonnes sont pour ainsi dire transparentes, d'un poli admirable et furent données à Grégoire XVI par le vice-roi d'Egj'pte Mehemet-Ali pour être employées à la décoration de la basilique de Saint-Paul; leurs bases sont en malachite. Ce dernier marbre est un don de Nicolas I, empereur de toutes les Russies. Il serait difficile de se faire une idée de la richesse de cet autel. On y conserve le corps de l'Apôtre des nations, moins la tête qui fait partie du trésor de Saint-Jean-de-Latran. A côté (5) Chandelier pascal, du XIP siècle.

Dans le transept (côté nord) (6)' statue de sainte Scolastique, sœur de saint Benoit, par Baini. (7) Autel de la Sainte-Vierge, l'Assomption, tableau par Agricola. (8) Statue de saint Benoit, par Guaccarini. (9) Chapelle dédiée à saint Benoît, dessinée par Polotti; sur l'autel, statue du saint par Tcnorari. (10) Chapelle de Saint- Laurent, qui sert de chœur aux religieux bénédictins desservant la basilique : tableau par Coghetti. (11) Abside. Les murs sont incrustés de marbre vert avec des pilastres de brèche violette ; quatre colonnes de cette brèche précieuse soutiennent une riche corniche de marbre blanc. Au centre est le siège pontifical moderne orné de bas-reliefs dorés. Audessus, un tableau de Camuccini, représentant saint Paul porté au ciel par les anges. Grégoire XVI a fait rétablir dans la voûte l'ancienne mosaïque qui la décorait. On y \o\i Notre- Seigneur Jésus-Christ assis sur un trône, bénissant de la main droite, et tenant un livre; Honorius III est agenouillé à ses pieds; plus bas se trouvent les douze Apôtres debout. Le même transept est encore orné d'une autre mosaïque,» reproduction de VArc de Placidiej œuvre du V** siècle, et qui avait été complètement détruite dans l'incendie de 1823. Au centre Notre-Seigneur donnant sa bénédiction ; dans la partie supérieure les symboles des quatre Evangélistes, puis de chaque côté un ange en adoration, ainsi que douze vieillards, debout, inclinés, les mains couvertes de leur pallium et offrant au Seigneur de riches couronnes. Au-dessous des vieillards, à

la naissance de Tare, saint Paul à droite et saint Pierre à gauche. Deux inscriptions rappellent la part prise par Théodose, Honorius et le pape Léon I à la construction et à la décoration de la basilique Ostienne. (12) Chapelle du Crucifix, où Ton remarque une statue de sainte Brigitte par Charles Hademe. Ce crucifix sculpté en bois par Gavallini, pieux artiste du XIV'' siècle, est toujours l'objet d'une grande vénération de la part des fidèles, qui viennent particulièrement le visiter le Vendredi-Saint et le premier jour de chaque mois, alors que cette sainte image est découverte. On lit dans la vie de sainte Brigitte que cette fidèle servante de Dieu eut plusieurs révélations alors qu'elle priait devant ce crucifix, et que même il lui adressa la parole. L'expression de la tête et la position diffèrent essentiellement de celles de tous les crucifix connus. Le cou est violemment tourné vers la droite, la bouche est entr'ouverte comme si elle venait de parler avec effort et le regard témoigne d'une indicible douleur. (13) Chapelle de Saint-Etienne, statue du saint par Rinaldi, élève de Canova; fresques représentant son martyre par Podesti et sa condamnation par Goghetti. (14) Statue de saint Grégoire le Grand par Laboureur. (15) Autel de Saint-Paul, tableau, représentant sa conversion par Gamuccini. (16) Statue de saint Romuald parStocchi.

L'ancienne basilique possédait les portraits en mosaïque de tous les papes ; nous avons dit plus haut que quarante de ces mosaïques échappèrent au désastre. Actuellement on est occupé à en placer de nouveaux , au-dessus de l'entablement dans la grande nef. Ceux du transept se trouvent déjà à leur place. Il est à regretter que plusieurs d'entr'eux n'ont pas ce caractère vigoureusement tracé que l'on est en droit d'exiger dans les sujets de cette nature. On les exécute dans les ateliers du Vatican ; chacun d'eux demande une année de travail. La façade est en voie d'achèvement; on voit que Pie IX tient à honneur de terminer la basilique consacrée à l'un des deux grands protecteurs de. Rome. — Les rois d'Angleterre avaient pris Saint-Paul-hors^es-murs sous leur

protection spéciale et maintinrent fidèlement cette tradition jusqu'au XYP siècle; Henri YIII vint l'interrompre. Jacques III Stuart , dont nous avons vu le monument dans Saint-Pierreau-Vatican, avait coutume d'envoyer encore tous les ans, à la Chandeleur, un cierge à la basilique de Saint-Paul.

A côté est le Cloître, qui ressemble beaucoup à celui de Saint-Jean-de-Latran ; il date de Tan 1220. t)n y voit gisant ça et là des débris précieux de l'ancienne basilique. Au premier étage du cloître M. de Rossi a réuni une précieuse collection d'inscriptions. Pendant une grande partie de l'année, la malaria règne dans cette partie de Rome. Les religieux bénédictins, chargés de la basilique, habitent alors le couvent de S. Maria in TrasteverCj tout en ayant soin que le service divin ne soit pas interrompu. A cette occasion, il n'est pour ainsi dire point de guide qui ne regrette les sommes énormes que l'on a consacrées à la construction d'une église, qui ne peut être convenablement desservie pendant quatre mois de l'année. Pour nous, nous croyons qu'il faut perpétuer les grands souvenirs par des monuments proportionnés à la grandeur des faits qu'ils rappellent. Or, pour des enfants de l'Eglise catholique, quel plus beau souvenir que celui qui se rattache au supplice de l'Apôtre des nations? C'eût été une honte pour notre temps, s'il n'avait pas reconstruit dans les mêmes proportions l'édifice d'Honorius. Il ne faut pas qu'où puisse dire que les catholiques du XIX'^ siècle ont moins de vénération et de reconnaissance pour ceux qui leur ont annoncé l'Evangile, que les chrétiens du Y''. Honneur donc à Léon XII, Pie VIII, Grégoire XVI et surtout à l'immortel Pie IX, qui ont eu assez de confiance dans la foi de leurs enfants pour faire relever de ses ruines la nouvelle basiliqu^e avec une grandeur et une beauté qui la rendissent digne du nom et des cendres du Docteur des nations (1).

(I) Lettre de Léon XII aux archevêques et évêques du monde catholique pour la reconstruction de Saiot-PauI-hors-des-murs.

S. Laurent, né en Espngne, selon les actes de son martyre, et d'origine romaine, d'après le Sacramentaire de saint Léon le Grand, était pauvre e( privé des biens de ce monde, mats possédait toutes les richesses du cieL II se consacra dès sa plus tendre jeunesse au service de TEglise. Saint Sixte 11, ayant élé élu souverain pontife, en 257, lui conXéra le diaconat elJe plaça à la léte des sept diacres de Rome. Les fonctions de Laurent consistaient à assister le pontife dans la célébration des saints mystères, à en être le dispensateur pour les fidèles, à soigner les vases sacrés, à garder et à administrer le trésor et à distribuer les aumônes.

L'Eglise romaine possédait alors quelques revenus fixes provenant de maisons et de terrains dont la propriété lui avait élé cédée, et en outre les fidèles riches lui faisaient annuellement des offrandes considérables en or et en argent. Elle employait ces sommes à nourrir un grand nombre de pauvres, de malades, de vierges, de veuves et d'orphelins. En sa qualité de mère commune des chrétiens, elle faisait môme parvenir des secours à ses enfants dans des contrées très-éloignées. Laurent, fidèle économe de ces richesses, et plein de charité pour ses frères en Jésus -Christ, était sévère pour lui même, et, tandis qu'il répandait partout d'abondantes aumônes, il vivait dans la pauvreté évangélique. Ses fonctions d'archidiacre furent la première cause de son martyre. Valérien occupait alori^ le trône impérial. Les persécutions ne tardèrent point à recommencer avec un acharnement inouï. Saint Sixte H et une partie de son clergé avaient été arrêtés. Tandis qu'on conduisait le vieux pontife au supplice, Laurent s'approcha de lui, et enflammé du désir de soudrir pour le saint nom de Jésus, il dit: — « Mon père, où allez-vous sans votre fils; saint prèlre, qu'allez-vous faire » sans votre diacre? Vous n'avez point l'habitude d'offrir des sacrifices sans » ministre. En quoi donc, ô mon père, vous ai-je déplu? Ai-je été infidèle n à suivre les anciens exemples? Le moment est venu de savoirs! vous D avez choisi dignement celui que vous chargiez de distribuer le sang du » Seigneur. Refuserez-vous votre compagnie, à l'heure du martyre, à celui » auquel vous l'avez toujours accordée pour la consommation des sacre- »» ments? Gardez- vous de permettre qu'en louant votre courage on puisse M blâmer le choix que vous avez fait de ma personne. La honte du disciple » rejaillit sur le maître et les personnages les plus fameux et les plus » illustres, sont vainqueurs par les combats de leurs élèves plus que par » les leurs propres! Abraham a ofi'ert son fils, Etienne a précédé Pierre. » Ainsi donc, ô mon père, faites éclater aussi votre vertu en votre fils : » off'rez celui que vous avez instruit, et après avoir justifié votre choix, » vous recevrez vous-même la couronne. » — « Non, mon fils, répondit » saint Sixte, je ne t'abandonne point, mais un plus grand combat t'est

» dù : ane lutte légère suffit à un vieillard ; il Vest réservé, en ta qualité » de jeune homme, de remporter un plus glorieux triomphe... Maintenant » tu pleures, dans trois jours tu me suivras. Il convient que ce temps » s*écoule entre le sacrifice du prêtre et celui du lévite. Ne cherche point » à vaincre sous les yeux du maître, comme si tu avais besoin de secours. » Pourquoi demandes-tu si ardemment à partager mon martyre? Je te » laisse tout entier en héritage. Pourquoi désires-tu ma présence? Les » disciples faibles précèdent le maître, les forts le suivent, on laisse vaincre » seuls ceux qui n'ont plus besoin d'appui. Ainsi Elie a quitté Elisée. »

Laurent consolé par la prédiction de saint Sixte, et comptant le suivre dans trois jours, partagea aux pauvres l'argent du trésor. 11 vendit môme aux fidèles les vases et les ornements , afin que la distribution fût plus abondante, et que ces objets précieux ne pussent tomber entre les mains des païens.

Cependant le préfet de Rome voulant s'emparer des biens que Ton supposait aux chrétiens, ordonna que Laurent fût amené eu sa présence. « Je » veux voir, lui dit-il, les richesses de votre église, ses ustensiles d*or et » d'argent, et les flambeaux qui servent à vos cérémonies nocturnes. » — • Nous possédons, en effet, des trésors d'un prix infini, répliqua Laurent; » que Ton me donne des chars, et je vous les amènerai, n Le préfet en fit venir un grand nombre, et Laurent partit. Parcourant alors les différents quartiers de Rome, il réunit tous les pauvres que Téglise soutenait de ses aumônes; ils étaient plus de quinze cents. 11 y joignit encore les vierges et les veuves, puis il se présenta hardiment au tyran, qui le somma de tenir sa promesse. « Je suis prôt, répondit notre saint, suis- moi, et tu verras » rangés les trésors du Christ, ses joyaux et ses vases. » L'avare préfet se rendit au lieu désigné, et voyant la foule des aveugles, des estropiés, des lépreux, des gens malades et languissants, il demanda ce que signifiait cette réunion et où étaient les objets qui lui avaient été promis. » Voici les » richesses de TEglise, » répliqua tranquillement Laurent en désignant de la main les pauvres de Jésus-Christ, « nous n'en connaissons point d'autres. »

A ces paroles du saint lévite, le païen s'irrite et menace. 11 essaie vainement de le forcer à sacrifier aux idoles. Alors commence pour le jeune diacre ce martyre épouvantable, dont les écrits de plusieurs docteurs nous ont conservé le récit. Fustigé, déchiré à coups de fouet et de bâton, Laurent oppose à ces atroces souffrances une constance inébranlable.

Cependant les bourreaux, après avoir imaginé mille tourments nouveaux sans que leur rage en fût épuisée, retendent sur un gril rougi au feu. Mais pendant que sa chair brûlait et que la graisse de son corps découlait sur les charbons ardents, sa figure était rayonnante et les parfums les plus exquis embaumaient le lieu de son supplice. Se tournant vers le tyran, il dit avec un visage serein : c Voilà déjà un côté rôti ; tourne maintenant ce qui reste encore et mange-le. » Puis il se remit à prier pour la conversion

174 SAÎNT-LACRENT-HORS-DES-MURS.

et le bonbeur de Rome, sa chère patrie. Il pria ainsi jusqu'au moment où son' âme, dégagée des liens du corps, fut portée par les anges au séjour des immortelles joies. Ce martyre eut lieu le 40 août, Tan i58, sur le mont Vîmînal à Tendroit où s'élève aujourd*hui l'église de S. Larenzo in Panepema..

Dieu commença immédiatement à exaucer son fid^e serviteur. Plusieurs personnages appartenant aux familles romaines les plus distinguées, frappées par l'exemple de Laurent, se convertirent à la foi chrétienne.

Or, dans ce temps vivait Cyriaque, matrone chrétienne de noble origine. Elle avait passé jadis onze années dans Tétat du mariage. Veuve depuis plus de trente ans, elle employait ses immenses richesses au soulagement des pauvres de Jésus-Christ. Cyriaque possédait une propriété étendue dans les Champs-VéranienSf sur la route de Tibur. Cétait, an dire des anciens auteurs, un agréable verger entouré de collines qui Tlsolaient et lui formaient une sorte de ceinture de verdure. La pieuse veuve offrit ce lieu pour y ensevelir saint Laurent. Quelques-uns des nouveaux convertis, trompant la vigilance des persécuteurs, réussirent à enlever les restes du glorfeux martyr, « ces restes, disent les écrivains des premiers siècles, plus précieux que l'or et les pierreries. » Puis suivis d'une grande foule de fidèles qui répandaient d'abondantes larmes, ils les portèrent, à la faveur de la nuit, dans le domaine de Cyriaque. Us y restèrent encore pendant trois jours en jeûne et en prières. Telle fut l'origine de la catacombe de sainte Cyriaque. La tombe de saint Laurent ne tarda pas à devenir pour les chrétiens un lieu de pèlerinage très^fréquenté. Ils célébraient le jour anniversaire de sa mort par de pieuses et saintes réunions et par l'oblation du saint Sacrifice (1 ).

Constantin y construisit, vers Tan 330, une basilique placée sous rinvocation de saint Laurent. Au Y"" siècle, saint Léon I obtint de Placidie, fille de l'empereur Théodose, qu'elle reconstruisît l'œuvre du premier empereur chrétien, en lui donnant plus de développement et une forme plus élégante. En même temps, elle fit raser une colline voisine qui menaçait rédifioe et y déchargeait les eaux pluviales. Pelage I restaura cette seconde église, en 887, et déposa dans la confession la majeure partie du protomartyr saint Etienne. Peu après les Lombards vinrent la piller et la profaner. Vers 878, Pelage II répara ou plutôt rebâtit la première basilique, et orna l'arc triomphal dé la mosaïque qu'on y voit encore aujourd'hui. Honorius III, en 1216, changea complètement

M) De Bussières, op. cit., t. H, p. 429.

iflù

,cy

BASnJQTJE DE S.IAUl^NT-HORS-DES-MURS. ^,cra

X ^ttn-n.Ednar dLj^uKTm

Dcuosé

InjpTvnjtTxv J'.Jhirxrrtt

^JgT-

3ES-1II1BS. m

de décombres l'espace 1 transforma en presbylef de l'édifice pélagien unes enfouies presque 'igea la :ïonfession daas t trois nouvelles nefs et l'entrée de la nouvelle e exacte de la basilique in et le confronter avec <ns plus bas; laressempliquera alors parfaiteue de l'arc triomphal.

1 extrême l'édifice que e chœur ou y a trouvé r exemple des croix en

s'élève une colonne de que de Saint-Paul, sur- ;onti, représentant saint 3 de Galetti, que nous itie de la basilique. La tique a été décorée de Caparoni. En voici les eprésentés :

ortique Mi^^ q^ '• ^) ^^^^ tombeatix ) cbapell.'sTt^RsiT ':* phi^Si; tous Ip.s quah»' (u^^ ' '

\) magnifiques saroo-

BASILIQUE DE S . LAURENT -HORS -DES -MURS . •;, ^^^o

.C Fmtgipi.Eitreur. a Loru^xin.

Tf-f rje

IrnprVJiJvcB JuDur-i.'r-.t

SAINT-LAl}RENT-Hi)A;i>-DE$-MURS. 175

l'oFientation de l'édifice. Remplissant de décombres Tespace compris entre les- galeries latérales, il transforma en presbyterium ou abside carrée la grande nef de l'édifice pélagien qu'il avait exhaussé; de là les colonnes enfouies presque jusqu'à la moitié de leur hauteur; il érigea la :^onfession dans le nouveau presbyterium, puis ajouta trois nouvelles nefs et un portique-vestibule où il établit l'entrée de la nouvelle église. Si le lecteur veut avoir une idée exacte de la basilique pélagienne, il n'a qu'à retourner le plan et le confronter avec celui de Sainte- Agnès que nous donnons plus bas ; la ressem blance deviendra manifeste et il s'expliquera alors parfaitement la place qu'occupe la mosaïque de l'arc triomphal. Pie IX a fait restaurer avec un soin extrême l'édifice que nous allons décrire. En déblayant le chœur on y a trouvé beaucoup d'objets d'art précieux, par exemple des croix en or du plus beau travail.

Sur la place de SaintrLaurent s'élève une colonne de granit égyptien, provenant de la basilique de Saint-Paul, surmontée d'une statue en bronze par Sugonti, représentant saint Laurent, d'après un modèle en plâtre de Galetti, que nous retrouverons plus loin dans la sacristie de la basilique. La façade qui s'élève au-dessus du portique a été décorée de nouvelles fresques sur fond d'or par Caparoni. En voici les sujets l'ordre et dans lequel ils sont représentés :

LE SACJVEDH ttnant S.CnuqsB. S. HirrotTf i. S. Et iibmi. un livre ourert. S. LAvtiiif . S. Jotrti. S.CTtitii.

PHàM Itl f 1 11 f 1 Sun iil;

Il II porUnt en |

A et nnehtt | ■oBOBiieni.l | I derrière lui

III main la ba- I

CotiTAnyia. Fenêtre I 1 Pénétre! I Fenêtre Adkiir I.

Sous le portique se trouvent (1, 2) deux tombeaux en forme de chapelles et deux (3, 4) magnifiques sarcophages; tous les quatre en marbre.

L'intérieur de la basilique de Saint-Laurent a subi, depuis quelques années des changements considérables, surtout dans les nefs latérales et dans la partie souterraine du chœur. II est divisé en trois nefs soutenues par 22 colonnes ioniques de granit égyptien, de différents diamètres, parce qu'elles proviennent de divers monuments. Parmi les chapiteaux qui les surmontent on en remarque deux qui ont entre leurs volutes un lézard et une grenouille, en grec Sauras 2aûpo; et Batrachos Barpa;^©;, signatures de deux architectes grecs qui

s'appelaient ainsi et auxquels, au dire de Pline, on avait défendu de signer de leur nom leurs œuvres au Portique d'Octavie. A droite en entrant, à côté de la grande porte (5) Sarcophage antique représentant une cérémonie nuptiale. Il sert de tombeau au cardinal Fieschi, neveu du pape Innocent IV. Au-dessus s'élève un petit édicule gothique décoré de fresques très-médiocres relatives aux saints Laurent, Hippolyte, Etienne et Eustache. (5) Ambon de l'Evangile. (8 Chapelle du Saint-Sacerment. L'autel (9) est orné d'un tableau de Savonanzio représentant sainte Cyriaque donnant la sépulture aux martyrs. Un peu plus loin, on rencontre la sacristie, au fond de laquelle se trouve la statue de saint Laurent par Galetti (10) Maître-autel. (11) Chaire épiscopale ; à droite et à gauche des bancs ornés de mosaïques. (12) Entrée de la confession des saints Laurent et Etienne.

La partie souterraine de l'abside est entièrement déblayée depuis quelques années ; elle a été restaurée et enrichie avec magnificence. (13) Entrée de la basiliq[ue souterraine. Dans cette partie de l'église de Saint-Laurent, on rencontre des portiques qui sont séparés du milieu (lequel s'étend sous le chœur) par des colonnes latérales cannelées. Ces colonnes s'élèvent dans le chœur supérieur et soutiennent les galeries destinées autrefois aux femmes. D'autres petites colonnes doriques supportent l'abside de la basilique. Dans ces portiques se trouvent (14) de petits autels et (15) trois niches très-profondes pratiquées dans le mur. Celle du milieu n'offre rien de très-remarquable, mais les deux autres sont couvertes

'^ <^ 4 4uy^ 4 itc4 lA

Page 1