‹ Rome souterraineChapitre 2 sur 113 · AB9ÉS · texte numérisé non relu

AB9ÉS

rent longtemps k grève, cheminant inr l'arène humide ; le fidt sonlevé par la brise leur dlipntait souvent le passage et venait en murmurant baigner les pieds des chevaux. Ils passèrent ainsi , battus de la vague et du vent , sons Torre Materna , fort de garde qui domine la plage dn haut d'un roc rouge et déchiré. Craignant quelque mauvaise rencontre, surfont aux approches de Porto d'Anzo, ils quittèrent la plage ouverte et se jetèrent dans une gorge étroite et rocailleuse ; une rude et longue montée les ramena dans on haut pâturage riche et spacieux , mais d'un aspect sombre, bordé de chênes verts et d'olivlen sauvages. Un troupeau de cavales y paissait en liberté ; Tapparition subite des voyageurs les frappa d'une terreur panique, et tout le troupeau s'enfuit en bondissant , avec le bruit du tonnerre , emplissant la solitude de hennissements belliqueux.

O'est là que commencent les campagnes de Porto d'Aozo, l'antique Antium, patrie de Néron. Aux villes impériales ont succédé les casins des princes romaini; à Néron, à Poppée, les GorsinI, les Doria; àCaligula, Albani; à la Fortune, la Madone. Ces champs fameux ont bien mérité de Tart ; ilfl ont conservé dans leurs entrailles, pour noris les rendre intacts après quinze siècles de vandalisme , le gladla*tenr Borghèse et TApollon du Belvédère. Quant à la ville, ce n'est plus aujourd'hui qu'une assez méchante bourgade , pleine de mines et de charbon , entourée de rizières pestilentielles et traqnée par le mauvais air entre les forêts et FOcéan.

« Il faut par prudence, dit Anselme , tooraer la ville et prendre par les bois. Noos retrouverons la plage après Neptune sous les ruines de la villa d'Agrippine. > Ils quittèrent donc les prés et entrèrent dans nne sombre avenue d'yeuses. Tout k coup une nuée de corneilles s'abattit sur la tête de Marius et fit cabrer son cheval.

« 0 déesse d'Antium ! que me veux-tu ? s*écria-til avec un saisissement involontaire.

— Rien que d'heureux, répondit Anselme en souriant ; Foiseau sacré prend à droite , le présage est propice, la Fortune est pour nous.

— J'en accepte l'augure, i répliqua Marius, en s'efforçant de rire ; mais il y avait au fond de cette âme méridionale et païenne un germe de superstition que l'éducation de son pays et des habitudes d'enfance avaient développé. Il ne croyait pas en Dieu , et il croyait à une sorte de fatalité mystérieuse dont il se rendait mal compte, notion vague et confuse qui peuplait pour lui la nature de puissances occultes, et le rendait accessible à des terreurs qu'il commandait bien de sang-froid , mais dont il n'était pas Itoujours le maître.

I Que vois-je , reprit-il soudain , se mouvoir làbas à la lisière des chênes? ne dirait-on pas le Catalan?

— C'est vraiment lui, dit Anselme en s'airétant. Ce misérable nous épierait-il? Il en a l'air.

Nous épier! répéta Marins, pour qui ce mot fut

un trait de lumière. Noos épier! Plus de doute, ce

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