LE CONCILIABULE
qa'en des troubles réceots elle avait assisté, excité peut-être les carbonari piémontsus , et qu'après leur défaite elle s*était constituée leur avocat aup\;é8 du vainqueur. Quel grief ! Toutefois, circonspect jusque dans la colère , il n outrepassa pas ses pouvoirs , et s'abstint de rien préjuger sur la question principale ; mais il se récria avec aigreur contre toute alliance avec les carbonari; il déclai'a, car là-dessus il avait des ordres précis, que sa cour n'en voulait point, et qu'un tel projet serait saivi d'une rupture immédiate. Cette menace effraya Saverio ; il savait bien que Turin était l'âme de l'entreprise, et que sa défection amènerait infailliblement la dissolution du consistoire. Or ce n'était point du tout son compte , et il se mit à manœuvrer si adroitement, qu'il éconduisit sans cérémonie le projet d'alliance présenté par le Moscovite, et que lui-même avait d'abord soutenu. Il ne l'avait fait, dit-il, que par ménagement, par politique, pour ne point heurter un si puissant auxiliaire ; mais il n'en voulait pas ; mais il la repoussait à tout prix ; mais sa haine , son horreur des carbonari, et on devait bien le savoir, était ardente, irré* conciliable. Ce cœur froid , sans haine comme sans amour, joua si bien le fanatisme, qu'il dépassa tous les autres , et le marquis lui-même , en invective et en violence.
Honteux d'être dépassé, le Sarde, qui sur ce terrain avait ses coudées franches , et avec lui son confrère de Naples, se piquèrent d'émulation. Le prince dlesî , qui tenait les carbonari pour des Pauïiciens