‹ Rome souterraineChapitre 22 sur 113 · LE CONCILIABULE · texte numérisé non relu

LE CONCILIABULE

saperbe d*nn archidoc , j*ai dâ céder , et je Fai fait avec larmes et contrition. Hélas ! en ces joars de calamités , chacnn doit à Dieo sa part d^abnégation , et quitter son poste , jeter ses armes dans la mêlée , ce serait un sacrilège, une lâcheté dont vous ni moi ne nous rendrons coupables. Si les chefs fuyaient, que deviendrait Tannée ? >

Ces paroles pieuses et tristes furent prononcées avec mesure et sans vaine forfanterie d'humilité. Le ion du cardinal était grave , ses traits parfaitement calmes; et cette voix du ciel, tombée au milieu de fous ces intérêts mondains, était d'un effet solennel, grandiose ; mais aucun peut-être, tous par des motifs différents, ne crut à la sincérité de sa tristesse, de son renoncement.

Je me trompe , il en est un sur qui ce langage des vieux jours agit puissamment , le prince d'Iesi ; c'est la seule chose dont il eût eu jusqu'ici une compréhension bien nette : tout le reste avait passé devant Ini comme autant d'ombres vaporeuses sans formes distinctes. Il en était toujours à la ligue lombarde : il voyait dans le monastère trastévérin de Saint-François-d' Assises le monastère milanais de Saint-Jacques de Pontidc, dans l'empereur d'Autriche on autre Barberousse, dans le pape un Alexandre III, et, calquant ainsi l'avenir sur le passé, il rêvait une nouvelle victoire de Lignano. C'était là sa chimère , et son vieux sang guelfe bouillonnait à l'idée seule de tirer l'épée et d'arracher des clochei^ lombards le gonfalon de l'empire. La présence du Moscovite

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UftVftU défQQté , la vois du Siciliaii lui rendit I0 g|. lUniniaé spqdain par ces paroles saprées , ses yeii^ s'étaient ouverts , ses poumons dilatés ooqan^e coi|$ du mineur brusquement sorti des entrailles da It terre.

De ce chaos pourtant deux choses lui étaient rei? tées gravées dans Tesprit, tant 'elles l'avaient heuct^ violemment au passage : p'est que le banquier de la ligue était un juif, et son protecteur impérial un hér rétique. Cette dernière idée surtout le troublait. li eut peine à se contenir en présence du' cofnte ; et quand , ses communications faites , le ]{usse enfin se retira, le vieux ligueur romain éclata pomme If fondre.

c Que nous veut cet hérétique , s^éeria-Nl d'une voix tonnante, avec son impériale migesté? Aigle pour aigle , c'est tont un , et nous ne voulops p^ d'autres auxiliaires que ceux de nos ancêtres. Que le barbare reste dans ses neiges, il y est à sa plape, et le soleil italien est trop chaud pour lui. S'il veut prouver son dévouement au Saint-Siège, qu'il commence par se convertir, qu'il se croise, qu'il marche k la délivrance du Saint^Sépulcre , au lieu de nous venir voler nos villes, et Gênes encore, la république la plus guelfe du moyen âge! Ah! cela crie ven* geance! »

Ce que le prince d'Iesî venait de formuler si clairement, le marquis d'Ivrée en avait le sentiment vague , et il avait de plus , comme Sarde , qqe vieille rancune contre la Russie ; il n'était pas là ^ans savoir

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