‹ Rome souterraineChapitre 56 sur 113 · XXII. -— LES VÊPRES · texte numérisé non relu

XXII. -— LES VÊPRES

Le cardioal aotrichien avait été suivi de près à Rome par le Trastévério Marius. La mort inattendue dtt pape avait tronqué son voyage et sa mission. Cette grande nouvelle ]*avait surpris à Bologne ; attisant par sa parole ce foyer toujours ardent de carbonarisme, il s'était hftté de revenir à Rome pour l'ouverture de ce conclave qui devait ouvrir le se* pulcre de l'Italie.

Quelle fut sa douleur en arrivant! Jusque-là il avait ignoré la catastrophe du Vélabre ; il en fut consterné. Tous ceux qu'il croyait trouver- en armes et déjà sur pied étaient aux fers ou cachés.

Enflé de la dénonciation d'Antonia et de la mésaventure du Vélabre comme d'une victoire éclatante , le Vatican avait fait sonner haut toutes'ses trompettes ; toutes les* églises en avaient retenti ; une circulaire du Sacré-GoUége avait annoncé à Tltalie, à l'Europe , la destruction définitive, radicale des carbonari. Du haut de toutes les chaires l'uiathème pleuvait sur les vaincus.

Exploitant à grands coups cette sanglaate mine , II. 1

2 ROME SOI^TSRIAINE.

la police avait de jour en jonr étendu le cercle déjà si large des persécutions. Véritable pacha dont l'arbitraire eit sans frein, le gouverneur de Home se donnait le long plaisir d*une vengeance de prèti*e ; espions et sbires , saiot-ofBce et confesseurs le secondaient à l'envi , et les cachots s'emplissaient.

Après les compromis , les suspects ; et , de degrés en degrés, la proscription avait atteint , avait frappé jusqu'aux têtes les plus innocentes : Tinnocence est une égide mal sûre quand le soupçon fouille les consciences avec Tépée. Malheur à qui avait fait gras en carême ou manqué la messe un jour de fête ! Mal» heur au philosophe qui avait lu Jean^Jacqnei , à l'hérétique qui lisait l'ËvangileJ Malheur surtout au sujet rebelle que la cloche de Pâques avait en vain appelé au confessionnal, et qui ne pouvait présenter au curé de sa paroisse son billet de confession ! il n'y avait pour lui ni pardon , ni pitié ; car à Rome , où l'autel est sur le trdne , tout ce qui ne va pas à confesse est carbonaro, et les cachots s'emplissaient toujours.

Quoique absent la nuit du Vélabre , Marins n'en dut pas moins veiller à sa sûreté, car il n'allait point à confesse , et son orthodoxie politique était singulièrement suspecte. Un soir déjà il avait failli Atre arrêté. Suivi par des sbires jusqu'au pied dn Janicule (il demeurait an sommet), il n'avait dû leur retraite et sa liberté qu'à la fortuite rencontre d'un groupe de Trastévérins qui sortaient alors de l'église de Saint^hrysogone, et qui l'avaient escorté jusque

chez lui. Dès lora il ne marchait pins qu'armé et prêt à tout plutôt que de se laisser prendre. La police de son côté ne persista point ; elle respecta par peur Fidole du Trastëvérë , tremblant d'avoir encore sur les bras pendant l'interrègne la redoutable tribu du Janicule. G*était bien assez des carbonari.

De tant de sujets d'alarmes, le plus poignant pour Marias était la disparition d'Anselme , dont le sort était un problème. Les uns le croyaient bors de Rome, les autres le disaient plongé dans les cachots du château Saint-Ange ; et le palais Madame accréditait cette dernière version , afin de mieux effrayer ses ennemis. Loysa seule avait le secret d'Anselme , et le gardait bien. Le cceur d'une femme est un sanctuaire profond et fidèle ; ce que l'amour y cache est bien caché. L'cpil ami de Marins lui-même n'y pénétra point ; tout ce qu'il put savoir d'elle, c'est qu'Anselme était libre ; mais en quel lieu ? sous quel déguisement ? c'est ce qu'elle ne lui âU jamais.

Soit jalousie , soit prudence, elle ne voulait pas de tiers dans leur intimité mystérieuse ; elle poussa même la circonspection jusqu'à taire à Anselme le retour de Marius , craignant que la témérité de l'amitié ne le jetât dans quelque nouveau péril. Et puis , quoique le crime des carbonari ne lui fût pas bien clair et qu'elle ne les connût guère eux-mêmes que par les blasphèmes de son père et les épouvantes de sa tante Véronique, elle s'obstinait à voir dans le Trastévérin le mauvais génie d'Anselme, et le haïssait de toute la force de son amour^ Ainsi les

deux amif soupiraient en vain Ton pour l'autre. Réunis dans cette Rome dont ils se croyaient tous les deux si loin , ils respiraient le même air, ils ne s'en doutaient pas , Tégoisme raflûné de Famour s'élevait entre eux poor les diviser.

Mais que faisait Anselme dans sa retraite ? Il renouait lentement et d'une invisible main le fil rompu de la conjuration. Le martyre de ses amis faisait saigner son cœur sans le décourager ; car, s'il avait l'âme sensible , il l'avait forte et croyante. Il savait ' que , si acharnée que fût la persécution , elle pouvait bien retarder d'un jour l'avènement de la liberté, mais non pas éteindre dans les Ames cette lave ardente qui bouillonnait dans son lit de feu et se cabrait contre ses digues. Gréant au contraire de nouveaux sujets de haine et de vengeance , la persécution jetait à l'incendie des pâtures nouvelles, elle ouvrait au volcan de nouveaux cratères.

Plus l'orage était furieux, plus il serait court ; une fois déchaîné , il s'userait par sa propre furie et s'apaiserait de lui-même. Si nombreuses d'ailleurs que fussent les arrestations , elles n'en reposaient pas moins toutes sur des soupçons, sur des présomptiens vagues ; la vente du Vélabre avait été désertée à temps ; pas un carbonaro, hors le comte deKaleff, qui ne l'était guère , qui n'avait rien pu dire , parce qu'il n'avait rien vu et qu'il ne savait rien , pas un n'avait été arrêté en flagrant délit ; les mesures étaient si bien prises , le mystère si profond , que les preuves juridiques manquaient pour tous les détenus.

LES VKPRËS. 5

Il est vrai qn^en cette Jénisalem bieiiheureuse les Gaïphes et les Pilâtes sont en nombre, les témoins à bas prix , et les tortures, au besoin , inqoisitoriales et menteuses ; mais on touchait à l'aurore d*un nouveau pontificat, et, soit par politique, soit même par probité, un pape de la veille consentirait dilBcilement à ouvrir son règne par un prologue sanglant , à monter au trône par un marchepied de cadavres. Un prince nouveau aspire toujours à la popularité ; Néron loi-même aurait voulu ne savoir pas écrire : or, il faut le dire à la gloire du peuple , les supplices ne sont jamais populariseurs ; la clémence seule fait les Henri IV et les Trajan.

Tontes ces considérations pouvaient bien rassurer Anselme sur le sort futur des martyrs , mais elles n'allaient pas cependant jusqu'à dorer pour lui Ta- "Venir d'illusions romanesques. Cette fatale surprise du Vélabre n'en n'était pas moins un grand malheur, car elle avait dispersé l'armée , ajourné le combat et mis le Vatican sur ses gardes ; et puis c'était pour lui une victoire. Or , toute victoire donne au vainqueur en force, en audace, en crédit, ce qu'elle ôte en confiance an vaincu. Anselme le savait , et, tout en se résignant à l'inaction de l'attente , il n'en déplorait pas moins la perte d'une occasoin si belle.

Ce- qu'il déplorait surtout, car ici la patience n'était pas de mise, et l'attente était mortelle, puisque le conclave touchait à son terme, ce qu'il déplorait amèrement ,. c'était de ne rien faire , de ne rien ten-

li UOMK SOUTËRRAINK..

Ici* pour le cardinal de Pétralie , pour ce candidat occulte et puissant , dont l'élection eût délivré ses amis y lui-même et l'Italie. Mais compromis comme il l'était, et nul ne l'était davantage, traqué par les sbires comme un sanglier dans sa bauge , que pouvait-il ? Sa puissance à lui, celle des siens n'était pas dans les cavernes ténébreuses de la diplomatie, mais au soleil, sur la place publique. Or, tenter une (imcute au Quirinal dans un moment si critique, qiiand l'bydre avait toutes ses têtes levées , tous ses yeux ouverts , toutes ses griffes aiguisées , n eût-ce pas été se dresser à soi-même son propre échafaud et perdre son candidat au lieu de le servir?

Bien qu'initié par le cardinal lui-même à toutes ses chances au conclave , sa raison refusait de croire à l'élection d'un tel homme par une telle assenàblée. Certes personne plus que lui ne rendait hommage au génie du grand moine, à sa profonde habileté; mais malgré tout, malgré lui-même, il tremblait qu'à l'heure décisive un des fils si artistement tendus par le Sicilien ne vînt tout à coup à rompre, et n'en* traînât la chute de son mystérieux édifice.

Que le palais de Venise eût été , fût encore sur la trace du consistoire , qu'il eu eût l'œil ouvert sur le cloître de Saint-François , c'est ce dont Anselme ne pouvait douter ; le cicérone de M. de Kaleff était là pour l'en convaincre. Le souvenir du Catalan entretenait et légitimait toutes ses craintes à cet égard ; c'est lui surtout , c'est l'espion marse qui peuplait cette orageuse nuit des fantômes de l'impossible ;

LK8 VÊPHKS. 1

oinlirei linUtres, Mmbrei visions qui éctipstient aux yeux du proscrit Tétoile du bâtard.

C'était pour le cas possible , probable d'un veto gibelin, qu'une pétition armée du peuple romain eût pu servir puissamment la cause du Sicilien et emporter d'assaut son élection par la force ou par la terreur. Mais qui soulèverait maintenant ce peuple inerte et dé^ot? Qui le lancerait contre le conclave , cour auguste et révérée qui porte en son sein le vicedieu de la chrétienté ? Les carbonari seuls étaient capables d'un tel miracle , et les carbonari , oit étaient-ils ?

Rejeté dans les ténèbres par la nécessité y reine du monde ; condamné par elle à Finaction , rôle obscur, rôle ingrat, qu'Anselme subissait en frémissant, il ne lui restait donc plus qu'à se confier à Dieu et à la fortune de l'Italie. — Ce que les hommes font , pensait-il , et cette idée l'apaisait , les hommes {Muvent le défaire. Qu'importe un jour à la vérité , qui est étemelle ? — La foi dans le but finissait toujours par triompher en lui du scepticisme des moyens.

Mais il avait dans sa solitude, dans son revers, une source de consolation plus douce, et celle-là lui était d'autant plus chère qu'elle n'était pas pour lui sans périls. Fidèles à l'autel aimé de Sainte-Marie - Majeure , la jeune fille des Qoatre-Fontainee et le pèlerin de l'Aventin ne manquaient pas un jour au rendes-vous. Tantôt c'était aux Vêpres , comme la première fois ; tantôt à i'Ave-Maria) et toujours avec

mystère et bonheur. Un pèlerin est one chose si peu rare dans les temples de Rome ^ que , bien loin d'éveiller quelque soupçon, la présence d'Anselme n était pas même remarquée ; et quant à Loysa , on ne remarquait la sienne que pour admirer sa piété. Il n y avait pas jusqu'à dame Véronique qui n'eût un bandeau sur les yeux.

C'était un spectacle triste et touchant que ces rendez-vous d'amour entre l'autel et l'échafaud. Gomme si le calme du faux habit que portait le conspirateur eût filtré peu à peu dans ses veines, il oubliait là ses périls : ils oubliaient tous les deux l'univers pour ne songer qu'à la tendresse , pour ne parler que d'eux. Saiotc-Marie-Majeure était un sanctuaire inviolable où ne pénétrait aucun bruit du monde , un terrain neutre où toutes les passions violentes s'éteignaient dans l'amour. Une atmosphère de paix, d'oubli, d'espérance, les environnait, les enivrait comme un par* fum du ciel ; et, comme le musulman dépose sa sandale à la porte des mosquées, ils déposaient au. seuil du temple , lui , ses haines , ses tristesses ; elle , ses angoisses et ses terreurs.

La félicité du proscrit était si grande aux chastes têtc-à-lête de la basilique , que , rentré dans sa retraite , il s'accusait de mollesse et d'égoïsme ; il se reprochait d'avoir plus de tendresse pour une femme que de pitié pour ses amis, de donner plus à l'amour qu'à ritalie. Cette pensée le poursuivait comme un remords. Assise la nuit à son chevet , elle troublait son sommeil de rêves improbateurs. Tous les héros

L£S VKPRES. »

plébéiens de cet Aventîn 8aa*é qa'il babitoit soûler vaîent la pierre des tombeaux ; mâoes mécontents , ils passaient devant lui un à un, ils passaient mornes et silencieux.

Mais ici encore que poovait-il ? En se gardant fort et croyant pour les jours meilleurs, ne servait-il pas mieux Tltalie qu en s'allant jeter, enfant aveugle, en des périls beaux, mais sans fruit? Était-ce sa faute, à lui , s'il avait des passions grandes pour toutes les grandes cboses, pour l'amour comme pour la li' berté? Parce que la plus dévouée, la plus tendre des femmes lui avait donné sa foi, sa vie, devait-il briser ce coeur qui se livrait à lui , rejeter et fouler aux' pieds cette fleur pure et cbarmante qui parfumait pour lui lés routes de Fadversité ; et parce que ses amis étaient dans les fers, devait-il jeter sa maîtresse au tombeau? Hommes forts, hommes convaincus, ils avaient, eux, du moins, pour alléger leurs cbaînes, Ténergie morale et la foi aux idées ; mais elle, faible femme , elle, isolée au milieu du monde, à la merci d'un père ignare et brutal , sous quel autel se fûtelle abritée, quel Dieu eût-elle imploré, si son amant l'eût abandonnée ? La vigne fréie et printaoière attachée aux bras puissants de l'ormeau peut-elle fleurir sans lui? sans lui la grappe d'or se berce-t-elle au soleil de Tété?

Ainsi ouvert par l!amour à la bienveillance , à la pitié , à tous les sentiments tendres , brûlant de déverser sur l'humanité tout entière les félicités dont son âme était inondée, il se reprochait une impossi-

lu HUM« SOtTEaKAINE.

bilité dont il n éUit pu compUbie ; il s'aecutail 6o gémiasant de ce qui était le crime -du monde et non le lien.

Le destin sembla prendre à tâche.d*apaiser sa con-* science timorée en tarissant pour lui la sonrce des consolations.

Retenue on jour à Thospice du Saint-Esprit, la charitable tante Véronique avait manqué le service à Salnte-Marie-Majeure. Agenouillés au pied des autels pendant bien des heures , les amants avaient pu s'aimer sans contrainte dans les solitudes de Dieu. Knhardi môme par le bonheur, le pèlerin n'avait paa ' fui le temple à l'heure des Vêpres , et il était resté à genoux près de la jeuue fille. La foule écoulée , ib étaient demeurés seuls.

Jamais leurs émotions n'avaient été si tendres, ja« mais leurs regards ne s'étaient dit .tant de choses; leurs deux âmes vibraient d^accord comme deux lyres harmonieuses , leurs deux vies étaient confondues dans une intimité ardente et douce. Et pourtant il y avait de la mélancolie dans leur joie ; leur tendresse était grave , les paroles sérieuses et tristes. On eût dit qu'un malheur les menaçait , qu'ils en avaient la prescience , qu'ils prenaient congé de la dernière heure de leur félicité.

c Je ne sais , dit Loysa , le bonheur m'inonde l'âme , et j'ai les yeux tout en pleurs.

— Ce sont des larmes de joie, répondait Anselme en essayant de sourire ; mais ce sourire n'était que sur ses lèvres , la tristesse était dans son cœur.

LS8 VÀPRKg. U

— Le silence de la basilique est moroe et simstre ; il me fait pear.

— Les anges se taisent pour t'ëcouter, car ta voix est douce roéme au ciel.

— Qa'entends-je ? on dirait un bruit de pas !

— G*est le pétillement de la lampe sur Tautel.

— Non, non;Vesl le cri d'une trompette.

: — G* est un soupir de Forgue, promené par Técho de la nef sous les saintes voûtes, t

Mais en vain s'efforçait-il de la rassurer ; l'oreille pleine de bruits d'alarmes, les yeux d'elTrayants spectres, tons les sens aiguisés par la terreur, elle n'entendait, ne voyait, ne pressentait qu'embûches et surprises.

Tout à coup deux yeux durs et menaçants flamboyèrent au-dessus de leur tête, entre deux colonnes. Au regard sombre et soupçonneux qu'ils fixaient sur eux, Anselme se crut surpris. Il tira un poignard de son sein; il se prépara à la défense; un mot de Loysa le désarma.

t C'est mon père , dit-elle à voix basse ; et , recueillant tout son courage, elle fit un pas vers le capitaine Orlandini pour lui soobaiter la bienvenue ; mais il la repoussa brutalement.

— Seule à l'église ! murmurait^il entre ses dents avec une colère concentrée. Ah! ma sœur, vous payerez cher votre négligence. Quel est cet homme ? demauda-t-il rudement en fixant sur Anselme un œil dévorant.

li ROME SOUTERRAINE.

— C'est lai , mon père , répondit Loysa avec in-trépidité.

— Qui? le carbonaro ! Texcommunié ! s'écria Or» landini en serrant le bras de sa fille avec fureur. Le carbonaro ! répétait-il avec une rage toujours croissante , le carbonaro ! i Et la voûte ébranlée retentissait do cri de réprobation, c C'est donc toi , scélérat, continua-t-il en saisissant le fanx pèlerin par sa robe y c'est toi qui te glisses comme un bandit dans les maisons sans défense pour suborner les filles honnêtes et déshonorer les familles !

— Anselme n'a séduit personne, interrompit l'intrépide Romaine avec indignation ; sa présence honore et ne flétrit point. Et puisque le hasard nous réunit tous trois au pied de l'autel , je vous répète ici , mon père , ce que je vous ai écrit k Ravenne , c'est que je l'aime ; fût-il mille fois plus coupable encore qu'il n'est innocent, je vous jure que je n'aurai jamais d'autre époux que loi. Sainte Vierge qui m' écoutez, recevez mon serment, v

Orlandiui ne se possédait pas; il ne fallait rien moins que la sainteté du. lieu et sa peur de l'enfer pour étouffer les blasphèmes qui se pressaient sur ses lèvres. N'osant blasphémer, il se tut. Se retournant brusquement vers Anselme debout et muet : « N'y a-t-il donc , s'écria-t-il , n'y a-t-il personne ici pour arrêter ce misérable ?

— Personne ! répondit Anselme en promenant un regard calme dans l'église déserte, à moins que Dieu ne change en sbires les statues des papes et des saints.

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