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aÎBsr de siècle en siècle , elle n est plus aojourcl'baî qo'aa anneau de cette longue chaîne de toars de garde élevées de six en six milles pour protéger les marines romaines contre les Barbaresques , la peste et les contrebandiers. Armée d'un canon y elle est penplée, comme ses sœurs, de quatre artilleorSf d*un sergent et d*tt)i député de la Sanîtà (Conseil de Santé), dont le rôle se borne à faire faire quarantaine aux bâtiments , en cas de naufrage ou d*abordage volontaire sur ces plages semi-africaines , éternellement menacées de la contagion.
Refoulée , pour ainsi dire , par les siècles , de la terre dans l'Océan, et bâtie sur des snbstructions an» tiques, la tour moderne est un donjon can*é qui plonge dans les flots, et qu'un pont de pierre amarre au rivage. C'est un écueil fortifié qui pourrait au besoin soutenir un siège. Aussi bien est">il en état de siège permanent, bloqué du cAté de la mer par la peste d'Afrique , du côté des terres par la fièvre des Maremmes.
Debout sur la grève la plus solitaire du désert romain, entre 4a petite ville de Neptune et l'homé'*' rique montagne de Circé , où plane encore l'ombre de la magicienne , terreur des pâtres , la tour d'As* tnre n'est séparée des marais Pontins , de ce vaste royaume de la mal'aria, que par une étroite ceinture de forêts qui se déroulent d'Antiom à Terracine, forêts vierges et qu'on dirait primitives , tant eUes sont profondes et muettes. Sorti de leur sein ténébreux et descendu des monts Albains , l'antique La*-
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naviust aiyoQrd*|iui Gonc*, roule ion onda sabUmneute non loin des muri de h citadelle ; voyageiir ineonnu du désert , il vient se reposer Ik et le perdre «n aliénée dans la mer tj^rrhénienae.
La solitude du lieu et le carbonarisme éprouvé du sergent Oddo avaient fait d'Asture un rendez^vous de conspirateurs. Les huit Italiens avec lesquels on vient de faire connaissance, tous exilés et carbonari, i*y étaient rendus secrètement de Corse avec de la pou*- *dre et des armes. Ils étaient là depuis deux seoiainei, attendant pour agir les ordres d'Anselme, lequel te» naît les fils d'une vaste conjuration nationale dont Rome était le centre.
Ce soir donc on Taitendatt, et l'impatience des bannis était au comble. La nuit venue , ils s'étaient réunis autour d'une grande table brute, le seul meu» ble qui , avec quelques grossiers bancs de cbéne , omAt la salle. Une lampe étrusqne à trois becs brûlait au milieu , et répandait plus d'ombre que de lumière sur les murs sombres et nus ; les faisceaux d'armes dont ils étaient lapisséa jetaient des reflets sinistres. Pressé par le sergent, le vieux If atteo, dé^ pâté de la Saniti, était descendu avec sa fille Isolina de la cellule qu'il habitait au haut de la tour, et tous les deux avaient pris place à la table commune.
Matteo était à son poste depuis trente ans. Il avait vieilli dans sa tour, s'y était marié , y avait eu sa fille unique, et, devenu veuf, il n'avait plus quitté ni l'une ni l'autre. C'était un dévot. Enflammée , assombrie par la solitude et par la double mélaoeolie
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do déaert et de cet Océan dont il entendait depuis trente annéei mogir les vagues et contensplait les tempâtes, son imagination avait par degrés et avec l'âge atteint les dernières limites de la mysticité catholique. Cette loi de réprobation et de tourments étemels convenait merveilleusement à une imagina* tioa ainsi préparée. Ëialté encore par des lectures monacales , les seules qu'il se permît , il ne rêvait qu'enfer , démons et damnation ; il observait les disciplines du culte , le jeûne, le carême , les macérations, avec une rigueur qui décelait son épouvante, et il pratiquait la prière par terreur plus~ que par gratitude. C'est de ces êtres timorés et malheureux que le Christ avait dit : Je veux l'amour et non le sacriGce.
Tout, en effet, chez le vieux Matteo, était sacrifice : l'amour n'était pas en lui, c'est^ànlire qu'il ne vivifiait pas sa ibiet ne s'élevait point k Dieu ; car, pour la fibre humaine, elle vibrait bien en lui ; mais, concentré tont entier sur un objet mortel , sur sa fille unique, son amour s'était fait d'elle une espèce de culte sur la terre. Pauvre vieillard , isolé dans sa teur, il n'avait qu'elle au monde ; la sainte mère de Dieu n'avait pas d'autre rivale en son cœur.
Aussi étatt<-ce par ce lien puissant que les conjurés tenaient sa langue ench^ée ; Isolina était pour eux un gage de son silence et de sa fidélité. Dévot comme il l'était, on sent bien qu'il n'était pas de leur camp. Aveuglément dévoué au représentant visible de son Dieu sombre et vindicatif ^ il pâlissait au seul nom
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de carbonaro ; c'était pour lui un mot de malédiction. Toutefois il était libre de ses démarches : il pouvait à son gré sortir de la tour, aller même à la messe à Neptune , où son absence un seul jour de fête eût éveillé plus de soupçons que sa présence n'y offrait de dangers , tant sa régularité y était devenue proverbiale ; mais s'il sortait, sa fille restait à sa place; surveillée étroitement, la jeune captive répondait de lui.
Or le père l'emportait en lui sur le sujet, sur le chrétien, et avec un tel otage on était bien sûr de sa discrétion. Il s'était même, chose inouïe! abstenu quinze jours de la confession, ne voulant ni exposer sa fille en dévoilant au sacré tribunal les mystères d'Asture , ni offenser Dieu en les taisant à son ministre. Cette privation lui pesait plus que tout le reste.
Et puis, au fond, ce n'était pas un méchant homme. Il regardait les conjurés comme des brebis égarées ; ne rêvant pour eux dans l'éternité que flammes et grincements de dents, il les eût plus volontiers ramenés au bercail que livrés au couteau. Il faut d'ailleurs dans un délateur politique une sorte d'énergie que l'âge avait éteinte en lui, et une résolution qu'il n'avait jamais eue. Ainsi donc , et indépendamment de son amour et de ses terreurs de père, moitié faiblesse, moitié bonté, il se fût tù dans tous les cas et eût reculé devant le rôle d'accusateur. Mais la faiblesse est périlleuse; malheur à qui s'y fie ! N'agissant que par accès , comme la fièvre , elle a comme elle ses délires , ses abattements, et les conjurés avaient
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lueD fait de n'y pas compter et de prendre leun garanties.
c Père Matteo, loi dit Gdme, vous nous aves tenu rigoenr aojoord'hui; ce n'est pas l'acte d'un bon chrétien. Privés sur cet écneil des nouvelles de la terre , nous n'avons que vous pour nous en donner au moins du ciel Avez-vous eu quelque vision ce soir?
— Jeunes gens, répondit le vieillard, vous jouez bien gaiement votre âme , et vous perdez le paradis pour un bon mot. Dieu vous fasse la grâce de vous illuminer! Allez, ingrats, malgré vos sarcasmes impies , je n'en prie pas moins pour vous la Madone soir et matin. Je ne vous demande en revanche qu'une chose, c'est de ne pas me scandaliser par vos blasphèmes. Malheur à l'homme par qui le scapdale arrive!
— Grand merci, père Matteo, dit le Vénitien ; on vous accorde votre requête en faveur d'une madone dont les yeux noirs valent ma foi bien les yeux bleus de l'autre. *
Cette saillie fixa tous les regards sur Isolina , qui lisait on feignait de lire dans un livre d'Heures qu'elle tenait ce soir en main, par contenance plus que par dévotion. Splendidement relié à l'antique, le volume séculaire portait écrit en lettres d'or sur la couverture : SAINT CHARLES BORROM^E d'aRONA. Il avait OU
effet appartenu au bienheureux archevêque de Milan. Passé et re^é de père en fils dans la famille de Gonradin, il était le seul héritage du jeune proscrit.
héritage deux foi» sacré : ion père Fatrait porté aved lui sur Téchafaud , et son sang avait rejailli sur Mt saintes pages ; sa mère l'avait reçu encore humide , et quand son dernier-né était parti pour Fexil ^ elle le lui avait remis tout baigné de ses larmes , comme un gage de douleur et de teddresie. Gonradin avait juré dessus de venger son père , et de ce Jour il ne l'avait plus quitté.
Ce témoin muet de tant de générations , de tant d*iofortuneSf avait touché au cœur le vieux Matteo et fait sa conquête. Le- nom du saint d'Arona était pour le dévot un talisman infaillible, et les lettres d*or irritaient si fort sa pieuse convoitise , qu'il eût donné pour le posséder vingt-quatre heures de la vie éter^ nelle. Le fait seul de ce précieux dépdt était si puift« saot à ses yeuxt qu'il avait concilié au Jeune homme l'amitié du vieillard plus que toute sa grâce et sa beauté. En considération d'une si sainte relique, Matteo pardonnait «presque à Gonradin son carbona«risme comme une étourderie de Jeunesse, ne doutant pas que Dieu ne finît par lui ouvrir les yeux.
Or, si Dieu devait ouvrir les yeux du jeune conspirateur, il n'avait pas ouvert ceux du vieux député, car le brave homme n'apercevait pas ce qui était visible à tous, l'amour de Gonradin pour Isolina. Il surveillait si adroitement sa fille , le bon père , qu'il se défiait de tous ceux qui n'étaient pas à craindre^ et il avait reçu dans ion intérieur le seul qu'il en eût dA prudemment bannir. Il ne voyait en Gonradin qu'un enfant, et dans Isolina que l'instrument dont
ASTURE. Si
Diêtt pourfAit bien m senrir dam It mite pour ra-^ mener ce joli pécheur dttts la voie du salut
Préoccupé de cette charitable idée, Thonnète homme favorisait une intimité qui n'était déjà que trop intime. Il aimait à contempler les beaux ado^ teaeents penchés ensemble snr ïef Heures du bienhenrent archevêque i son Ame se délectait à ee doux spectacle ; et , convaioca que Dieu accomplissait pair sa fille une œuvre de miséricorde, il en rendait grAcês an ciel, c Oui , père M atteo , disait Tespiègle , c'est une bénéitiction snr votre famille ; et certes , si tels étaient toujours les moyens de Dieu, il faudrait bien vite élargir Fétrotte entrée du paradis , tant le oon^ cotti^ serait grand 4 la porte. «— Quel dommage , murmurait le dévot en seconaot tristement la tête , que cela soit carbonaro ! v
Les Jêttnes gens n'en étaient pas où croyait le vieillard , et ils lisaient bien pins souvent dans les yeux l'un de l'antre que dans le livre du béat. Tout le Jour ensemble , le saint volume Aiisait entre eux l'office qu'en son temps fit le roman de la Tabler- Ronde entre Françoise de Rimini et son doux Paolo. Si le vieux Matfeo eût lu Dante autant que le père Sanches on dom Galmet, il eût vu au chant cinquième de Tëpopée infernale le danger des lectures communes ; mais il s'en donnait bien garde , le dévot, et il tenait sérieusement le proscrit Forentin pour hérétique , voire carbonaro. Carbonaro , en efTet , car ta grande Ame, û Dante! brûlait pour la liberté de Tltalie.
GfAee ^onc 4 sa pieuse ignorance , les amants en
étaient à si bons termes qne, fou d'amour pour Iso* lina, Gonradin avait, non pas donné, c'eût été un sacrilège , mais prêté , et c'était beaucoup , le livre béréditaire dont le dévot député était si friand. Sensible à un si grand sacrifice, la jeune fille ne quittait plus ce doux otage d'amour, appelé à des destinées si diverses. Le jour elle le tenait dans son sein ^ la nuit sous son chevet, et, la nuit comme le jour, elle le baisait plus souvent, quand elle était seule, qu'elle ne le lisait.
Ce soir^là, suivant l'usage, elle l'avait en main; mais son attention n'était pas tellement absorbée par sa lecture que ses grandes prunelles ne lançassent à la dérobée bien des éclairs furtifs du côté de Gon« radin. Peu à peu rapproché d'elle, il se trouva enfin à ses côtés ; car, il faut le dire , telle était la nature du sentiment presque paternel qu'il inspirait , que parmi tous ces jeunes hommes il n'avait point de rival ; pas un ne songeait à traverser ses amours ; et si Tipaldo, le plus gai des conspirateurs, se permettait parfois un sourire, tous, et lui le premier, se seraient fait scrupule de troubler une si candide union. Dispesés au contraire à la servir, ils n'étaient tous occupés qu'à prolonger l'illusion du père Matteo.
Assis près de la lampe étrusque , les amants en recevaient sur le visage toute la lumière. Jamais le contraste de deux têtes ne fut plus frappant Autant Gonradin, né au pied des Alpes, était blanc et rose, autant la fille du désert romain était brune et pâle , mais de cette pâleur du Midi qui trouble le cœur et
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qui éveille la volupté. Il y' avait entre eux confoiion de sexe, kolina avait les cheveux noirs, et Tardenr de ses yeux plus noirs encore faisait ressortir la douceur des yeux bleus de Gonradin. Il y avait quelque^ chose d'africain dans cette tête romaine. Des dents très-blanches et deux perles mates en forme de poires suspendues à ses oreilles ajoutaient à Tillusion. Svelte et formée, elle avait quinze ans.
Placé en face du^charmant tableau , et frappé , inspiré par un contraste rendu plus saillant encore par toutes ces mâles physionomies que la lampe laissait en partie dans Fombre , Remo en faisait un dessin gracieux comme ses modèles.
• Monsieur le Vénitien, dit gravement le député à Tipaldo après un moment de silence, vous aves tranché tout à Fheure bien lestement une question profonde.
— Laquelle?
— Vous avez dit que la sainte Vierge avdt les yeux bleus ; or c'est un point de doctrine fort controversé. Les docteurs et les Pères de l'Église ne sont nullement d'accord là-dessus : les uns les lui donnent bleus, les autres noirs. Saint Jean Damascène et saint Ëphrem même, dans son évangile de la Vierge, n'ont pas résolu le problème. Quelles sont , je vous prie , vos autorités?
— Ma foi, répondit Tipaldo d'un ton cavalier, Raphaël les lui a faits bleus , et son autorité en vaut bien une autre.
— Jésus-Marie! s* écria Matteo en se signant.
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mettre RAphtël fto raçg dei docteurs de fÉglise! Un libertin qui a vécu en concubinage avec une bottlan«» gère ! Mon Dieu ! mon Dieu I en quel siècle vivonsnous, et 06 va le monde ?
— A la liberté , père Itatteo , répondit Septime. . Mais vous ne servez pas ce dieU'^Ià, vous autres dévots.
— Quant à Raphaël , dît le Parmesan sans lever les yeux , je crois , comme Tipaldo , qu'il vaut tous les Pères de TÉgltse et les docteurs. Les artistes de son génie sont les plus grands théologiens, puisqu'ils donnent de la divinité les idées les pins sublimes. Ce sont là nos saints, à nous.
— Quoi qu'il en soit de la couleur des yeux de Marie, ajouta le Vénitien, ils devaient être bien doux, puisque Dieu le Père s'en est épris, t — Le père Matteo se signa.
c Eh ! de grâce , interrompit Gème , pas de théo« logie.
— D'ailleurs , messieurs , ajouta Grimaldi , nous avons promis au père Matteo de ne le point scandaliser; et, pour couper court à la théologie, notre savant historiographe va nous raconter quelque bis* toire de nos ancêtres. Cette théoiogie^là nous va beaucoup mieux, t
L'historiographe de la tour était Gavalcabo. Le Lombard devait ce titre à sa profonde connaissance des fastes italiques : si son temps ne l'eût fait conspirateur, il aurait donné à l'Italie un nouveau Muratori.
t Que voulez-vous que je vous raconte? demanda* t-il.
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— Ne MÎs^tu rien ior 1« bonne vieille toar de notre ami Oddo ?
-^ Rien qoe rooi ne stchiei* L'âventnre de Gicéron est connue, on l'apprend an collège. Quant à Gonradinf les amants ne m'ont rien laissé 4 dire. Resterait à vous raconter comment, nn deml^iiole plus tard , le petit»ftls de Tempereor Frédéric kronva on vengeur dans un autre FrédMc , nn roi de Sicile; mais un roi populaire, nn roi valeureux et juste ; grand dans la prospérité, plus grand dan* les revers ;un roi enfin comme on n'en voit plus. Car, voyez^votts , la royauté est nn vieux vaisseau démâté et battu par les orages ; comme l'esclave de Térence, elle fait eau de partout
— Si elle ne sombre pas sous peu , dit Septitne, ce ne sera pas au moins notre faute. Mais ce Frédéric de Sicile, qn'a-t-ii fait?
— Il ruina le château des Frangipani , et n'y laissa que cette tour pour nous abriter. Mais tout cela date d'hier; remontons plus haut. Je vais vous raconter l'origine d' Asture ; j'ai là*dessus des idées. La science historique, comme toutes les sciences humaines, n'est qu'analogie et inductions ; c'est ainsi que je vais procéder. D'abord, croyex*vous en Virgile?
— Mais oui ; en Virgile poète , du moini.
— Et en Virgile historien ?
— Où en veux-tu venir?
— A ceci : Virgile nous dit que , parmi les Italiens qui vinrent an secours d'Énée , il y avait an Étrusque nommé Astur...
— Mais c'est là de la mythologie , ce n est pas de rhistoire.
— Veuillez , de grâce , mlindiqner le point fixe où fiait la mydiologie et où commence Thistoire. La mythologie n'est que Thistoire primitive de Thumanité, et avec le temps, mes bons amis , nous ne se* rons noas-mémes que de la mythologie.
— Eh bien! cet Astor?
— Cet Astur était d'une grande beauté, habile écoyer, couvert d'armes resplendissantes. C'est Virgile qui raconte cela au dixième livre de son histoire... de son poème, si vous le voulez. Astur donc amena trois cents hommes de Céré an siège de Lavinie ; or Lavinie n'est qu'à deux pas d'ici , et entre Astur homme et Asture tour... t — Un signal du dehors coupa la parole à Cavalcobo , et la légende vir^ gilienne en resta là.
c Oh ! pour cette fois , s'écrièrent les conjurés en courant vers la fenêtre , c'est Anselme.
— Anselme ! Anselme ! t — cria aussi le pauvre député, plus effrayé que si Ton eût annoncé Lucifer ; car, à vrai dire , le prince des démons et le chef des carbonari ne faisaient qu'on pour lui. « Anselme ! t — répéta-t-il tout tremblant , et il s'enfuit éperdu , en entraînant Isolina.
Gonradin la suivit de l'œil en soupirant. Retranchée toute la soirée dans un silence timide , elle ne lui avait pourtant rien dit ; mais leurs cœurs étaient d'inteUigence, et les yeux d'une femme aimée sont si éloquents ! son sourire a tant d'esprit !