XXIV. — LB PONT DV NUMICUS
Perdue au Vélabre et an Qoirinai , la cause italienne ne l'était point à Asture. Distraits de la mort de Grimaldi par l'arrivée de Brancador et les tristes nouvelles de Rome , passant pour ainsi dire d'une douleur domestique à une douleur publique , les bannis, décimés par la mal'aria, confondaient dans un
:(2 . ' ROM^ SOIITRRRAIFTE.
même regret le martyr mort avaot Fàge au foiHea d'eux et les martyrs captifs aux cachots Saint^Ange.
Inquiets d'Anselme , ils ne savaient rien de lai. Kb vain avaient-ils envoyé Nicolo à la découverte^ le garde-forêts ne leur avait rapporté de Rome que les bruits publics , et ce vague , ce mystère redoublait leurs angoisses.
a Hélas ! disait tristement Çôme, tout espoir est-il donc éteint?
— Kh quoi ! ajoutait don Gamillo , n'avoir échappé à tant de périls que pour mourir ici de mararia , comme Grimaldi !
— Mô'urir sans vengeance ! s'écriait Ponzio avec sa violence de montagnard; mourir sans avoir combattu ! Gela ne sera pas.
— Gela ne peut être , répétait le vieux Septime , dont les passions guerrières étaient électrisées par le Samnite. Gela ne sera pas , dussions-nous marcher seuls sur Rome et donner l'assaut au château Saint- Ange ! .
— Dites au ciel , poursuivait le capucin de Gala* bre. Gomme Lucifer et ses légions , je me révolte , moi Y contre ce Dieu sans justice ou sans pouvoir, qui nous abandonne et nous livre à nos persécuteurs.
— Groyez-moi, mon cher frère, répondit Tipaido, ou détrônerait plutôt le Père éternel au milÎMi de ses chérubins , si on savait où le prendre , que nos princes au milieu de leurs sbires ; la conquête ilu royaume des cieux est bien plus facile que celle dm royaumes du monde.