‹ Rome souterraineChapitre 74 sur 113 · II. t · texte numérisé non relu

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me Fft arrachée ; et je lui ai souri ,j*aî souri à rAu** trichien , entendez-vous ! Esclave d'un meusonge de quarante ans et ma propre^ victime , je lui ai rendu grâces ; je l'ai embrassé !.... Je Taurais étouffé dans mes bras ! Oh! le monde ne saura jamais ce qui se passait alors dans mon âme ; le monde n'y croirait pas. Je puis défier maintenant l'enfer et ses tortures ; j'ai franchi les limites de la souffrance huniaîne : le guelfe a donné au gibelin le baiser de pâx ! il b y a rien au-delà. Autriche ! Autriche ! continua le bâtard en étendant ses deux bras en signe d'aaathème, Autriche! fléau de Dieu, Anti-Christ de ritaiie et du monde , sois maudite ! Puisse TÉglise te rendre un jour as centuple tant d'ignominies, tant d'outrl^ ges, et te faire boire à ton tour le calice amer dont tu r abreuves ! Malédiction sur toi , géant fatal , géant monstrueux, qui portes sur ton casque le noir vautour aux deux têtes et l'épée d'Attila dans tes maim, malédiction sur toi ! Puisses-tu connaître un joar les saules de Babylone et la verge des Pharaons ! Puisses-tu , géant superbe , puisses-tu venir à ton tour labourer pour un maître ces champs italiens que tu foules d'un pied si insolent , et, lié à la glèbe, le front trempé d'une sueur mercenaire , livrer tes flancs nus au fouet sanglant de 'la servitude .' Malédiction sur toi ! Et toi , Vatican déchu , n'as*tu donc pas assez courbé fa tête dans la poussière et donné ta faiblesse en spectacle au monde ? Conclave imbécile , monument d'abjection et de douleur , il faut à rÉglise des Hildebrand, et tu lui donnes des Cél'es-

lin! Sortez, sortez de vos maosoléess^ grands pon» tifes de l'égalité, bienfadteors des peuples, venez voir la papauté convertie en pompe vaine , les princes de r Église en ilotes , le triple diadème livré à la risée des nations ; venez voir Tarbre gibelin pousser ses racines sur vos tombeaux, et couvrir de son ombre épaisse Rome et l'Italie ! Venez ; ce spectacle est bien digne , tant il est nouveau , qu'on déserte , pour le voir, le séjour des morts! 0 Rome ! n'aurais*tn plus de foudres ! Volcans d'Italie , n'avez- vous plus de feux ! «

Cette imprécation acheva d'épuiser le Sicilien ; il retomba brisé sur son siège.

« Non , non , répondit Anselme électrisé par cette parole puissante ; non, Rome papale n'a plus de foudres , mais nos volcans ont encore des feux. J'y suis descendu, dans ces volcans ; vous l'avez voulu, vous* même vous m'y avez envoyé. Eh bien ! monseigneur, je vous dis en vérité que la liberté d'Italie en sortira, comme en sortit deux fois le destin du monde. Groyez-« moi , vous êtes plus grand qUe la papauté ; vous dé^ passez le Vatican de toute la tête, et le trône vermoulu de Saint-Pibrre se fût écroulé sous vous. Consolezvous de n'y être pas monté. Tel qu'il est , il n'est plus à votre hauteur; el puis , fa foute qui itiéne aujourd'hui à la tiare est trop longue. Vous avez comsumé à la poursuivre plus de génie , plus d'années qu'il ne vous en eût fallu pour devenir le plus grand homme d'État de toute l'Europe , éi vous ne l'avez pas atteinte , et , cardinal obscur , vous n'avez encore rien fait pour votre gloire , rien pour 1« gloire

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de riUlie ; et TlUlie va perdre en vous peut-être un MachîaTel on nu Richelieu. Combien , hélas ! n'en at'^elle pas déjà perdus étouffés au berceau ! Que votre revers du moins vous instruise. Certes , c'est une leçon assez mémorable. Ne vous acharnez pas plus longtemps à la poursuite d'une chimère ; mais gardez-vous de désespérer de vous , de nous , de l'Italie. Ce qu'un conclave n'a pas fait, un antre conclave peut le faire. »

Anselme n'eu dit pas davantage ; le moment d'expliquer sa pensée n'était pas venu. Il lui sufQsait d'avoir semé au cœur du Sicilien un nouveau germe d'espérance , laissant au temps et aux événements le soin de le faire éclore. Le cardinal ne chercha pas à pénétrer son secret ; peut-être l'avait-il deviné. Ces deux âmes fortes étaient depuis longtemps d'intelligence ; unies par un accord tacite , elles s'entendaient sans paroles. Le Sicilien garda le silence ; le Romain n'ajouta rien , et ils se quittèrent comme s'ils venaient de conclure un nouveau pacte.

C'est qu'en eiïet ils venaient d'en conclure un.

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