‹ Rome souterraineChapitre 93 sur 113 · SAINT-JEAN-D£-LATRAN. I»S · texte numérisé non relu

SAINT-JEAN-D£-LATRAN. I»S

saioU de marbre, ks apdtres, les patriarches, les papes, dont elle est peoplée, elle ressemble pins à une salle de bal qu'à ua temple, sortout les jours de fête ; car alors on la revêt de tentures de soie rouge d'une magnificence toute mondaine : le proverbe ronaain dit qu'il faut voir Saint-Pierrç nu et Saint-Jean habillé. Bien des pontifes dorment sous ces voûtes superbes, et le pinceau de Giotto leur a légué l'image du fougueux Boniface Gaetani.

Mais si l'église pèche par trop de splendeur, rien de plus chétif, de plus désolé que la place qui est devant. Quelques échoppes d'artisans adossées aux murs des villas , quelques pauvres masures, les plus misérables de Rome, rappellent seules qu'on est dans une cité , non pas au désert. D'un cêté est un vaste hêpital, de l'autre l'Escalier Sacré ; transporté là du palais de Pilate et sanctifié par le sang du fils de l'homme, ses vingt-huit marches de marbre blanc, usées par^ les siècles , ne se montent qu'à genoux. Quelques arches encore debout de l'aqueduc Glaudien projettent leur grande ombre et leurs grandes herbes sur les masures et les sanctuaires ; non loin gasouiUe une fontaine, seule voix dans ce silence, et un immense obélisque égyptien plane suc ces so« liliides sacrées.

G' est le plus gigantesque des onze de la cité déchue. Taillé d'un seul bloc de granit rouge et chargé d'hiéroglyphes mystérieux , il a quatorse palmes de largeur et cent quarante-quatre d'élévation. Amené de Thèbes à Alexandrie par Gonstantin, il le fut d'A~

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