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m HOMK SOUTCIIAiNC.
lexaudrie à Rome par ton Us. Erigé par lui «u nî^ lieu da Grand -Cirque , pais eoieveli sona terre peu» dant des siècles , il fat eihumé par Sitte^Joint,^ el dressé là par son architecte Fontana. Ainsi venoe de Thèbes à Rome , raiguiHe monameotale est l'image immobile de la mobile civilisation des hommes. Pas«> sées toutes les deux d*Ortent en Occident, leurs des* tinées sont communes.
L'œil ûxé sur le colosse égyptien, Anselme attendait. Un carbonaro de ses amis passa à cheval pri^s de bit ; ils n'eurent pas Tair de ss connaître. Le cavalier, riche tenancier romain , avait des terres à la lisière des marais Pontins , non loin d*Asture ; il aHa droit à la porte de Saint-Jean, et dit aux officiers de la gabelle qu'il attendait de ses métairies deux cha*> riotft de blé et de paille qui étaient en route sons la garde de son facteur ; il présenta en même temps aux pnblicains un passavant de la préfeotnre de F Annena, qui affirancbissait le convoi de tont droit d'en* trée et de tonte visite.
C'était le stratagème imaginé par Anselme pour onlrrir aux bannis les barrières de Rome. Fidèle à ses instructions , son complice alla au-devant d*Mx jnsqae pfès dn temple de la Fortune Mnllèbre, à la bifurcation des deux routes d'Albane et de Fraseati. lies bannis devaient arriver par la première.
Anselme resta au pied de la basilique, contemplait du haut des murailles et sondant d'un regard scrutateur la vaste solitude des champs latins. Saint-Jeande-l^atran est le balcon do désert; il domine tonte la .
SAINT. JEAN-DB.LATItAN. 196
Campagne jusqu'aux monts d'Albanê, dont les villas étiacelaates et les sombres forêts voleaniqaes fermait rhorizon. Sillonnée de voies antiques et d'aqueducs ruinés on debout, toute liérissée de temples croules et de tombeaux convertis les uns en ostéries, les autres en étables, la plaine a de là'toote sa grandeur, toute sa beauté. Descendu de Marino à travers le désert, un filet d'eau, la Marana, coule an pied des murs, entre dans Rome par l'antique vallon d'Ëgérie., et se perd dans le Tibre sous FAventin.
Indifférent à tout ce qui n'était pas les bannis, Fœii d'Anselme ne cherchait qu'eux dans l'espace , et les bannis ne paraissaient point. Quelques chaises de poste poudreuses, venant de Naples ou y allant, troublaient seules de loin en loin la solitude.
Des baïonnettes brillèrent tout d'un coup au soleil : c'étaient les carabiniers commis à la garde des marais Pontias ; rappelés par le gouverneur de Rome , ils venaient renforcer la garnison pour la cérémonie sanglante du lendemain , laissant la route sans défense et les voyageurs à la merci des bandits. Les carabiniers ne précédaient que d'un mille à peine le convoi mystérieux. Enfin il parut. - , Partis la nuit des collines de Lannviufti, les voyageurs d'Asture avaient pris la voie Appta à Gejiiano, et, cheminant de là vers Albane par le délicieux valton d'Aricie, ils ne l'avaient plus quittée. Anselme les vit poindre à Tfaorizon avec une palpitation de joie et d'inquiétude.
Le cortège s'avançait lentement ^ mais en bon c^
lae BOHE SOUTERRAINE.
dre. Azzo , le facteur prétendu , ouvrait la marche à cheval. Gonradia, déguisé en ûUe, était couché sur les gerbes ; tous les autres allaient à pied. Les quatre plus vigoureux conduisaient les quatre paires de buffles; les* autres suivaient les chariots, la faucille à la main. Le capucin, le seul qui ne fàt pas travesti, venait le dernier ; il disait son bréviaire comme le moine de La Fontaine, et n'avait pas l'air de faire partie do cortège. On marchait en silence sous un soleil ardent.
Le tenancier romain alla au-devant d'Ai;zo, qui avait le mot, et, rebroussant chemin, le faux patron se mit à la tête de ses faux moissonneurs.
Le convoi atteignit la porte. Le chariot charge de blé, c est-à-dire de poudre, passa sans accident.
Vint le tour du second ; c'était le plus lourd ; il portait les armes cachées dans les gerbes. Gonradîn était couché dessus.
t Ëb ! eh ! dit un vieux gnbeleur blanchi sous le harnais , voilà de la paille bien lourde , qu'il faille quatre bufQes pour la traîner? £t qu'ils tirent crâne* ment , ma foi !
— Tu es donc bien pesante, ma belle enfant? ajouta un second publicain en fixant sur le gracieux Aronais travesti son œil de faune ; c'est égal , j'en connais , pardieu ! qai se chargeraient volontiers du fardeau , si tu voulais. >
Gonradin fit la modeste , et baissa pudiquement les yeux.
* c Seigneur douanier, cria rudement Septime, pas de privautés avec la petite, s'il vous plaît.