‹ Rome souterraine (volume 2)Chapitre 102 sur 247 · I. Voir page 107, fig. 11, et page · texte numérisé non relu

I. Voir page 107, fig. 11, et page

cIxVietjf:re de calliste.

Impatiens feritas posset ne laEDere quemquam. Ostendit Christus reddit qui Praemia vitae Pastoris meritum, numerum gREGis ipse tuetur.

«Au temps où l'epée transperça le tendre cœur de notre Mere, moi, Je pasteur enterre ici, j'enseignais les commandements du ciel. On arrive tout a coup, on me saisit assis dans ma chaire. Des soldats avaient ete envoyés, et le peuple tendit le cou a leur épée. Le vieillard vit bientôt qui désirait recevoir a sa place la palme du martyre, il fut le premier a s'offrir et a livrer sa tète, atin que l'iaipatiente fureur des ennemis n'atteignît aucun autre. Le Christ, qui donne en récompense la vij éternelle, manifeste le mérite du pasteur, et prend soin lui-même du troupeau. »

Cette inscription fait allusion à plusieurs circonstances de la scène du martyre qui étaient sans doute familières aux contemporains de saint Damase, mais qui, malheureusement, demeurent obscures pour nous. Elle ne nomme pas le pape dont elle célèbre le courage. Par des raisons que nous ne pouvons deviner, quelques actes de martyrs attribuèrent à saint Etienne, prédécesseur de saint Sixte, la gloire d'avoir été décapité dans les catacombes. M. de Rossi a corrigé avec beaucoup de clarté et une grande force d'argumentation cette assertion erronée. Il a prouvé que saint Sixte, et non saint Etienne, fut mis à mort sur la chaire épiscopale. Saint Cyprien, contemporain de saint Sixte, le dit expressément ^ Les graffites tracés sur la porte de la chapelle des papes invoquent toujours saint Sixte, et ne nomment pas une seule fois saint Etienne. L'inscription que nous avons citée d'après les œuvres du pape Damase a donc trait à saint Sixte. Si elle ne prononce pas son nom, c'est qu'il était dans la bouche de tous les pèlerins, que sa mémoire remplissait, pour ainsi dire, toute la chapelle, et que la place de l'inscription suffisait par elle seule à le désigner. Elle était en etfet fixée dans la muraille, immédiatement derrière la chaire épiscopale, comme une allusion permanente au martyre du pontife. La disposition des lieux

I. Xistum in cimltirio animadversum sciatis octavo Iduum Augustarum die et cum eo diaconos quatuor. — Ep. 80, ad Successum ^ ed. Leipzig, 1858.

ne permet pas de la placer ailleurs ^ Il ne reste de cette inscription que deux petits fragments trouvés avec tant d'autres débris dans la crypte papale. Ces fragments contiennent en tout sept lettres incomplètes, appartenant à trois vers qui se suivent : elles ont le type damasien ; en les comparant avec le contexte, on reconnaît aisément qu'elles ont fait partie de l'inscription citée plus haut.

Nous n'avons pas l'épitaphe de Caïus (283-290), successeur d'Eutychien. Tous les anciens documens affirment qu'il fut enterré in cœmeterio Callisti^ c'est-à-dire dans la chapelle des papes : pour les pontifes enterrés dans une autre partie du cimetière la formule est en effet différente, in cœmeterio Callisti in crypta. Marcellin (290-303), qui lui succéda, eut directement sous ses ordres l'administration du cimetière de Calliste : pendant son pontificat le diacre Severus fit construire ce beau cubiculum dont nous avons déjà parlé, sur les confins de la troisième area du cimetière de Calliste et de la première de celui de Soteris, jussu Marcellini papœ sui. Ces travaux et d'autres analogues eurent lieu pendant la période de paix qui signala les premières années du règne de Dioclétien. Ni Marcellin ni son successeur Marcel (303-309) ne furent enterrés avec leurs collègues dans la chapelle papale: l'un et l'autre furent déposés dans le cimetière de Priscille sur la voie Salaria. La bonne volonté de Dioclétien envers l'Eglise n'avait pas été de longue durée, et une pérsécution, plus terrible que celles qui l'avaient précédée, était venue désoler la fin du pontificat de Marcellin et toute la durée de celui de Marcel. Non content d'interdire l'entrée des cimetières, Dioclétien les confisqua, et en dévolut la propriété au fisc. Avant d'abandonner leurs cimetières, les chrétiens voulurent soustraire aux profanations des nouveaux possesseurs les sanctuaires les plus vénérés. Le plus sûr moyen, le seul moyen peut-être était d'en bloquer les approches en remplissant de terre les galeries qui y donnaient accès.

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