‹ Rome souterraine (volume 2)Chapitre 106 sur 247 · I. Voir, planche XI, le fac-similé de cette inscription · texte numérisé non relu

I. Voir, planche XI, le fac-similé de cette inscription

Omnîpotens. selon l'expression du pape Pascal. Un simple chiffre indiquait le nombre des martyrs enterrés dans les polyandres, congestis acervis, dit Prudence, employant le même mot dont s'était servi Damase. Prudence met en scène, dans son Peristephanon, un ami qui le questionne sur ceux qui versèrent à Rome leur sang pour la foi, et demande à voir leurs épitaphes. Ce serait difficile, répond le poëte, car à Rome les reliques des martyrs sont innombrables. Tant que Rome adora les dieux du paganisme, leur rage maudite lit périr une multitude de justes. Sur beaucoup de tombes, ajoute-t-il, vous pouvez lire le nom du martyr et une courte inscription ; mais beaucoup d'autres taisent les noms de ceux qu'elles contiennent, et ne disent que leur nombre. (( Sur les tombes muettes une tablette de marbre porte un chiffre écrit : je me rappelle avoir lu que sous une seule pierre soixante personnes reposaient ^ » Les martyrologes et les légendes indiquent quatre groupes de martyrs enterrés ensemble dans le voisinage de saint Sixte et de sainte Cécile : un de vingt-sept, un de quarante-huit, un de huit cent quatre-vingts, un de quatre mille. D'autres documents disent quatre-vingts au lieu de huit cent quatre-vingts, et citent en termes généraux plusieurs milliers de martyrs. On n'a encore retrouvé aucune de ces pierres portant un chiffre dont parle Prudence ; mais M. de Rossi croit reconnaître dans une fosse profonde qui s'ouvre sous la niche à gauche de l'autel dans la chapelle papale, et n'est séparée de la chambre voisine et du tombeau de sainte Cécile que par une mince paroi, le polyandre célèbre où reposaient, selon d'anciens documents, une multitude innombrable de martyrs enterrés ad sanctam Cœciliam ou ad sanctum Xystum. La loi romaine ne reculait pas devant la barbarie d'exécutions en masse, et cela ne doit pas surprendre dans un pays oii Ton décimait les légions mutinées ou malheureuses, et où tous les esclaves d'un maître assassiné étaient conduits au supplice, même si un seul était coupable. Tacite

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