I. Peristeph., XI, v. 9 et seq
a raconté^ la discussion qui s'éleva au sénat romain à propos de l'assassinat de Pedanius Secundus. Il possédait quatre cents esclaves, et l'innocence de la plupart d'entre eux était notoire. La loi exigeait qu'ils mourussent tous. A la vue d'un aussi grand nombre de malheureux traînés au supplice, le peuple s'émut. L'affaire fut discutée dans le sénat; quelques sénateurs parlèrent de pitié. La majorité du sénat déclara que la loi devait suivre son cours {nihil miitandum), et, le peuple menaçant de s'insurger, les quatre cents esclaves furent menés à la mort entre deux haies de soldats. Tacite nous a conservé le discours d'un des principaux orateurs : les arguments qu'il emploie sont les mêmes dont se servaient sans doute, au ii*' ou au iii^ siècle, les adversaires des chrétiens demandant aux empereurs de nouveaux édits de persécution. « Nous avons au milieu de nous, disait Cassius, des nations entières qui ont d'autres rites, d'autres cérémonies, qui suivent des religions étrangères, ou qui n'ont même aucune religion; il est impossible de maintenir dans l'obéissance un tel ramas d'hommes, colluviem istam, si on ne les gouverne par la terreur. Quelques innocents, il est vrai, périront peut-être avec les coupables. Mais, toutes les fois qu'il est nécessaire de donner pour le bien public un éclatant exemple de sévérité, il faut se résigner à frapper injustement des innocents. )) Telle était la politique romaine, et Tacite n'est pas le seul à nous la montrer en action. Lactance ou l'auteur, quel qu'il soit, du traité Sur la îiiort des pei^sécuteurs nous apprend que, si les chrétiens condamnés à mort étaient trop nombreux, on n'exécutait pas isolément chacun d'eux, mais on les entourait de feux, et on les brûlait par troupes, gregatim amburebantur- . Cela nous explique comment les restes d'un grand nombre de martyrs pouvaient être renfermés dans un même tombeau.
L'inscription damasienne parle ensuite des compagnons