‹ Rome souterraine (volume 2)Chapitre 112 sur 247 · I. Cyprian.,i · texte numérisé non relu

I. Cyprian.,i

nous l'avons vu par des additions successives, ne tarda pas à devenir la plus vaste et la plus importante des catacombes romaines. Ce n'est donc pas sainte Cécile qui fut enterrée parmi les papes, c'est elle, au contraire, qui fit aux papes du iii^ siècle les honneurs de sa demeure funèbre. Peutêtre même le sarcophage dans lequel elle reposait fut-il retiré à cette époque de la principale chambre, qui devint la sépulture du collège pontifical, et déposé, par les soins de Zéphyrin ou de son successeur, dans une cellule voisine créée tout exprès. Cette cellule dut être à l'origine petite, étroite, obscure, car la chambre sépulcrale de sainte Cécile ne fut jpas toujours ce que nous la voyons aujourd'hui. C'est au pape Damase qu'elle doit son entrée actuelle et l'escalier qui y conduit directement : les arches et les murailles de brique et de maçonnerie, qui datent certainement de lui, permettent de juger des travaux considérables entrepris par Damase pour l'embellissement de la crypte et la commodité des pèlerins. Enfin, à une époque encore plus récente, probablement sous le pontificat de Sixte III, on mit la chambre ainsi agrandie en communication avec le jour, en ouvrant dans la voûte le grand luminaire sur les parois duquel sont peintes les figures de Policamus, de Curinus et de Sébastien.

Quel peut être ce Sébastien Nous ne connaissons de saint de ce nom que le célèbre martyr dont la basilique s'élève sur la voie Appienne à peu de distance du cimetière de Calliste. Les fastes de l'Eglise romaine conservent la mémoire de deux Quirinus ou Cyrinus : l'un, tribun militaire, qui fut enterré dans le cimetière de Prétextât, l'autre, évêque de Siscia en Illyrie, dont les reliques, fuyant devant les Barbares, furent recueillies dans les catacombes de Saint- Sébastien. La couronne ou tonsure sacerdotale qui orne la tête du personnage désigné dans la fresque du luminaire par le nom de Curinus ne permet pas d'hésiter entre les Jeux martyrs homonymes. Du temps de Prudence, c'est-àdire au commencement du v^ siècle, les reliques du saint -é\êque de Siscia étaient encore conservées dans sa ville

épiscopale*. Quand Tlllyrie eut été envahie par les Barbares, elles furent transportées à Rome, vers l'an 420. La translation de ces reliques, assez célèbres pour avoir été chantées par Prudence, fut sans doute un grand événement, dont le principal cimetière de la voie Appienne voulut garder le souvenir, et l'image du martyr de Siscia fut peinte sur le grand luminaire de la crypte de sainte Cécile, à côté de saint Sébastien, dans l'église duquel il venait de recevoir l'hospitalité. Le troisième personnage de la fresque, Polycamus, n*a pas d'histoire : ni les martyrologes ni les écrivains ecclésiastiques ne font mention de lui. Les anciens Itinéraires le nomment parmi les martyrs qui reposent dans le voisinage de sainte Cécile. On sait, par une inscription du ix^ siècle, que ses reliques furent transportées à cette époque, avec celles de l'évêque Optât, dans l'église de San-Sylvestro in capite. La palme peinte auprès de lui indique qu'il fut martyr; c'était probablement un laïque, car sur ses cheveux n'apparaît aucune trace de tonsure. Peut-être ses reliques furent-elles apportées d'Afrique en même temps que celles d'Optat, dont l'inscription de San- Sylvestro cite le nom à côté du sien. Ces trois figures, bien que roides et contraintes, n'appartiennent pas tout à fait à la décadence de l'art : les têtes ont un accent individuel très-prononcé, et les draperies sont encore belles.

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