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la tombe eut été de nouveau découverte, on reconnut la cause de cette erreur. A droite du tombeau deux grandes figures d'évêques sont peintes sur le mur en style byzantin ; la légende écrite à côté de chacune d'elles indique que l'une représente saint Corneille et l'autre saint Cyprien^ ( Pl. I ). Cette peinture n'est pas la première qui ait décoré cette muraille. On peut encore découvrir la trace des peintures plus anciennes que celle-ci a recouvertes, et des grafîites qui furent tracés sur les peintures primitives. Il est difficile de déterminer avec précision la date de la fresque que nous avons devant les yeux. Les deux évêques tiennent dans leurs mains le livre des Evangiles; ils sont revêtus des habits pontificaux, y compris le ^alliiun. qui n'était pas encore devenu la marque distinctive des métropolitains. Si nous comparons cependant ce pallium avec celui dont est revêtu l'évêque Urbain, dans la crypte de sainte Cécile, nous remarquerons une différence entre les deux qui n'est pas sans valeur comme note chronologique. Le pallium de saint Corneille est marqué d'une seule croix ; celui de saint Urbain porte une croix sur les épaules, ce qui ne se voit jamais sur les peintures et les mosaïques antérieures au siècle. Les fresques de notre chapelle sont donc plus anciennes que celle de saint Urbain; leur style, du reste, est bien supérieur à la facture molle et sans accent de cette dernière. La tête de saint Cyprien est pleine de force, de naturel et de dignité. Toutes ces indications réunies nous permettent de leur assigner comme date probable le commencement du ix^ siècle.
L'examen des fresques qui décorent le pilier de gauche confirme l'exactitude de cette conclusion. Elles représentent également deux figures d'évêques, peintes à la manière byzantine. A l'origine, le nom et le titre de chacun d'eux
I. Dans la catacombe d'Albano, où étaient honorés, le 8 août, les martyrs Secundus, Severianus, Carpophorus, Victorinus, on voit de même l'image du martyr Smaragdus, honoré à pareille date dans le cimetière de Saint-Cyriaque, sur la voie d'Ostie. — Bullettino di arcli^ crist.^ 1869, p. 73.
se lisaient sur la muraille ; une seule de ces inscriptions peut être aujourd'hui déchifFrée. Elle se compose des mots suivants: SCS XVSTVS PP ROM. La seconde est entièrement effacée, sauf une lettre O. Il est extrêmement probable qu^il s'agit, dans cette dernière, de saint Optât, qui fut enterré dans le même cimetière que saint Sixte; qui, jusqu'au ix^ siècle, fut vénéré le 27 novembre par l'Église d'Occident; dont le nom se lit encore dans l'inscription commémorative de la translation des reliques à Sainte- Praxède, mais dont l'histoire positive est presque entièrement perdue. Le SCS XVSTVS est évidemment le second pape de ce nom, dont nous avons expliqué plus haut la relation avec ce cimetière; le titre PP ROM est celui que nous voyons donné, jusqu'au milieu du ix^ siècle au moins, au pontife romain, le mot Papa n'étant pas encore devenu l'appellation exclusive de l'évêque de Rome ^ Léon IV (847) est également désigné sous ce titre dans une des peintures souterraines récemment découvertes à Saint- Clément, et Eugène II (824) dans une fresque du presbytère de Sainte-Sabine. Nous attribuerions volontiers à Léon III (795-815) les peintures que nous étudions en ce moment. Le Liber pontijïcalis dit qu'il a renouvela les cimetières des saints Sixte et Corneille sur la voie Appienne ». La légende peinte autour des deux portraits prendrait une signification particulière, si nous reconnaissions en eux l'œuvre de ce pontife. La première moitié de cette légende est tirée du 17® verset du psaume lviii, et ainsi conçue: Ego autem cantabo virtutem tuam et exaltabo misericordiam tuam quia factus es susceptor meus... a Je chanterai ta force et j'exalterai ta miséricorde, parce que tu t'es fait mon soutien. » Ces accents de reconnaissance seraient bien placés dans la bouche d'un pontife aussi éprouvé, aussi contredit, aussi calomnié que le fut Léon III jusqu'au jour où la main victorieuse de Charlemagne le délivra presque miraculeusement de ses ennemis. Nous sommes donc