‹ Rome souterraine (volume 2)Chapitre 133 sur 247 · S, Paulin. Ep. XII ad Severum · texte numérisé non relu

S, Paulin. Ep. XII ad Severum

2. Edm. Le Blant, Inscript, chrét. de la Gaide^ préface, p. xiv. — Sur une table d'autel trouvée ù Marseille, on voit le monogramme accosté de douze colombes, qui figurent évidemment les douze apôtres entourant le Christ. — Id., II, p. 304.

3. Apoc, VI, 9. — S. Grégoire de Tours rapporte qu'une volée de colombes suivit les funérailles d'une sainte fille nommée Georgia (dont la tombe se voyait encore à Clermont au siècle dernier). — Greg. Tur., De glor. confess.y c, xxxiv. — Après le martyre de saint Bénigne, « les

rent de mort violente ». De tous les caractères composant Falphabet symbolique du premier art chrétien, l'emblème de la colombe est un de ceux que le peuple sut lire le plus longtemps : il ne disparut jamais entièrement, et se retrouve à toutes les époques avec sa douce, simple et gracieuse signification.

Il en est autrement du poisson, le plus important peut-être de tous les symboles chrétiens. En usage depuis les premiers temps du christianisme, il commença à tomber en désuétude dès la première moitié du iii^ siècle, et disparut presque entièrement quand prirent lin les persécutions et avec elles la disciplina arcani. On ne connaît pas d'exemple du poisson employé avec une intention théologique dans un monument chrétien postérieur au v^ siècle. A Ravenne des poissons se voient sculptés au fond d'une cuve baptismale et sur des ambones du vi^ siècle; le pavage en mosaïque du baptistère de Pesaro, datant de Justinien, représente également des poissons, et il résulte tant de la composition que de la légende chargée de l'expliquer qu'ils sont placés là comme allusion au baptême ^ Mais dans ces exemples, et dans plusieurs autres que nous pourrions citer, l image du poisson est mêlée à divers emblèmes chrétiens, elle fait, pour ainsi dire, sa partie dans un ensemble, et ne paraît pas avoir par elle-même et par elle seule un sens symbolique clairement déterminé. Au contraire, dans les épitaphes et les peintures primitives, le poisson, même réuni à d'autres symboles, prend une signification personnelle, et non purement décorative : il devient un signe formel de christianisme. On le trouve employé dans ce sens beaucoup plus fréquemment aux ir et m*' siècles qu'aux iv^ et v^ Sur toutes les épitaphes datées des cata-

chrétiens virent s'envoler de la prison à travers les airs une colombe plus blanche que la neige, qui indiquait par son vol que la sainte âme du martyr montait au ciel. Cette colombe laissa une odeur si suave, que tous se figuraient jouir des délices du paradis.» — Acta S. Benigni^ ap. Surium.

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