‹ Rome souterraine (volume 2)Chapitre 146 sur 247 · Eiiarr. i'"» in Ps. xxxni, t. IV, p. 301, éd. Gaunie · texte numérisé non relu

Eiiarr. i'"» in Ps. xxxni, t. IV, p. 301, éd. Gaunie

Il est venu à nous par l'humilité. Dieu s'est fait humble, afin que l'orgueil de la race humaine ne dédaignât pas de suivre les traces divines. » Il continue ainsi : « Autrefois il existait un sacrifice des Juifs, selon l'ordre d'Aaron, dans lequel étaient immolées des génisses. Cela était aussi en figure, car alors n'était pas encore institué le sacrifice du corps et du sang du Seigneur, que les iîdèles connaissent, et qu'ils ont appris de l'Évangile, sacrifice aujourd'hui répandu (diffusum) sur toute la surface de la terre. Mettez donc devant vos yeux ces deux sacrifices : le premier selon Aaron, le second selon Melchisedech. Car il est écrit: Le Seigneur a juré ^ et ne se repentira pas; tu es prêtre pour toujours selon l'ordre de Melchisedech. De qui dit-il cela : tu es prêtre pour toujours selon V ordre de Melchisedech ? De Notre-Seigneur Jésus-Christ. Mais qui était Melchisedech?^ )) Après avoir raconté l'histoire de Melchisedech, et appelé l'attention sur son sacerdoce, sur la bénédiction par lui donnée à Abraham, et sur l'offrande qu'il fit du pain et du vin, le saint docteur poursuit en ces termes : « Le sacrifice d'Aaron est aboli, et le sacrifice selon l'ordre de Melchisedech a commencé d'être. Notre-Seigneur Jésus- Christ a voulu que le salut vînt de son corps et de son sang. Mais par quel moyen nous a-t-il donné son corps et son sang> Par le moyen de son humilité; car, s'il n'était pas humble, il ne voudrait pas être mangé et bu. Contemplez sa. grandeur : oAu commencement était le Verbe ^ et le Verbe était avec Dieu^ et le Verbe était Dieu. Et contemplez-le, devenu pour toujours nourriture ; mais nourriture pour les anges. Les anges la mangent, et les puissances, et les esprits célestes; et la mangeant ils sont rassasiés et satisfaits: et ce qui les rassasie et les rend heureux demeure entier après les avoir nourris. Mais comment un mortel pourrait-il approcher de cette nourriture } comment pourrait-il acquérir un cœur digne de la recevoir?» Il fallait qu'elle devînt lait (mensa illa lactesceret) et pût ainsi parvenir aux petits. Mais comment la viande peut-elle se changer en lait? comment peut-elle se changer en lait, à moins de passer

d'abord par la chair Dans la mère cela a lieu ainsi. Ce que la mère mange devient la nourriture de l'enfant; mais comme il ne peut encore manger lui-même le pain, la rhère change le pain en sa chair (ipsum panem mater incarnat)^ et ainsi nourrit l'enfant du même pain qu'elle même, par l'humilité de son sein et le jus du lait. Comment donc la sagesse de Dieu nous a-t-elle nourris de pain? Parce que le Verbe s'est fait chair, et est demeuré en nous {in nobis). Contemplez donc son humilité: car l'homme a mangé le pain des anges, selon qu'il est écrit: // leur a donné le pain du ciel^ l'homme a mangé le pain des anges^\ c'est-à-dire, Fhomme a mangé le Verbe dont les anges se nourrissent, et qui est égal à son Père, car, étant en la forme de Dieu^ il na pas cru usurper en s^ égalant à Dieu. Les anges se nourrissent de lui, mais il s'est abaissé, afin que Fhomme pût manger le pain des anges, Prenant la forme de serviteur ^ il s'est fait en la ressemblance et l'apparence des hommes^ il s'est huynilié . devenu obéissant jusqu'à la mort, même la mort de la croix, ahn que de la croix pût nous être confié le nouveau sacrihce, la chair et le sang du Christ. »

Après avoir lu ces belles similitudes, dans lesquelles se complaît et se répand, avec son abondance ordinaire, le haut et tendre génie de saint Augustin, on comprend quelle signification mystique les premiers chrétiens ont dû attacher au vase de lait^ représenté par eux sur un certain nombre de monuments. Cependant, bien que relatif aux mêmes mystères^ il paraît avoir été moins universellement compris et accepté que le symbole du pain et du poisson, si populaire pendant trois siècles. Quelques textes seulement y font allusion, tandis que toute la littérature chrétienne primitive est pour ainsi dire fondée sur le poisson symbolique.

Quelques lecteurs seront peut-être surpris de n'avoir rien lu encore sur la croix ou le monogramme, qui, d'après certains auteurs, seraient les plus anciens et les plus fré-

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