‹ Rome souterraine (volume 2)Chapitre 15 sur 247 · Partie de la catacombe de Sainte-Affiiès · texte numérisé non relu

Partie de la catacombe de Sainte-Affiiès

de près les catacombes qu'elles furent destinées à la sépulture et aux assemblées religieuses

des seuls chrétiens. Les découvertes modernes ont également démontré qu'elles furent originairement creusées dans ce but. Personne ne voit plus en elles des sablonnières [arenariœ) ou des carrières abandonnées , que les chrétiens auraient adaptées à leurs usages. Entre un arénaire et une catacombe il existe des différences essentielles. Le lecteur en peut juger par les deux plans ci-joints (fig- 2 et 3). L'un représente

Fig. 3. — Plan de l'arénaire communiquant avec le cimetière de Sainte-Agnès.

une portion du cimetière communément appelé de Sainte- Agnès , sur la voie Nomentane ; l'autre , l'arénaire qui s'étend au-dessus. Tous deux sont dessinés d'après une même échelle. Les dissemblances sautent aux yeux. La largeur des galeries de l'arénaire contraste visiblement avec les dimensions étroites de celles de la catacombe. Les premières sont d'une extrême irrégularité ; tout indique , au contraire , que les galeries de la catacombe ont été creusées d'après un plan régulier et bien défini. Il est impossible de confondre désormais deux choses aussi distinctes.

Pendant les deux premiers siècles, les chrétiens creusèrent et décorèrent librement leurs catacombes. Personne ne songeait à y mettre obstacle. L'entrée des cimetières souterrains était publique ; elle s'ouvrait sur les grandes routes ou dans le flanc des collines. Même liberté pour leur décoration intérieure. Les galeries et les chambres des catacombes étaient couvertes de peintures représentant sans dissimulation et sans voile les mystères sacrés du christianisme. Au commencement du iii^ siècle, cette situation changea. Par des raisons qui seront expliquées plus loin, il devint nécessaire, en certains moments, de cacher aux regards l'accès des catacombes. On dut pratiquer de nouvelles entrées, les rendre difficiles, les entourer de mystère, souvent même les dissimuler dans les dédales de quelque arénaire abandonné.

Le mot catacombe. que nous employons souvent, et dont l'origine sera expliquée plus loin, ne servait pas dans l'antiquité à désigner les sépultures souterraines des chrétiens. On les appelait cœmeterium. lieu consacré au sommeil, mot particulier à la langue chrétienne, que les païens répétaient sans en comprendre sans doute la pieuse signification^. On les nommait aussi martyrium. mot d'origine grecque, ou confessio. son équivalent latin, l'un et l'autre parfaitement appropriés à la sépulture des martyrs ou confesseurs de la

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