De Baptismo
Quand donc nous voyons, sur les murailles d'une chapelle des catacombes, l'image d'un homme debout ou assis dans l'arche, et recevant d'une colombe un rameau d'olivier, nous pouvons expliquer le sens symbolique de cette peinture, si incomplète comme représentation historique : elle fait, sous les traits de Noé, allusion aux fidèles qui, ayant obtenu la rémission de leurs péchés par la grâce du baptême, ont reçu du Saint-Esprit le don de la paix divine, et ont trouvé dans l'arche mystique de l'Eglise un abri contre la destruction qui attend le reste du monde. La même image, dessinée sur une pierre tombale, est une application de cette doctrine à l'âme du chrétien mort dans la paix de Dieu et sauvé par l'Eglise.
La peinture de Noé dans l'arche est quelquefois rapprochée de l'histoire de Jonas : une fois même la colombe noétique est représentée posée sur la poupe du vaisseau qui emporte le prophète ^ L'histoire de Jonas a été si clairement prise par Jésus- Christ lui-même comme type de la résurrection générale et de sa propre résurrection , qu'il n'est pas surprenant de la voir occuper la première place entre tous les sujets empruntés à l'Ancien Testament par les peintres des catacombes. Elle est sans cesse représentée dans les anciens cimetières On la trouve dans les fresques qui en décorent les murailles, sur les basreliefs des sarcophages, sur les simples pierres des loculi, sur les médailles, les lampes, les verres déposés dans les tombeaux. Les artistes chrétiens ne se contentent pas de représenter la double scène qui, dans Thistoire de Jonas, symbolise plus particulièrement la résurrection, c'est-àdire son ensevelissement dans les flancs d'une baleine et sa miraculeuse délivrance : ils le suivent à un autre moment de sa vie, et le montrent tantôt couché paisiblement « à l'ombre d'un arbuste recourbé en berceau, à l'orient de la cité, » tantôt étendu à la même place, triste et mélanco-