CHAPITRE III
DESCRIPTION ANALYTIQUE DU PLAN DE LA PREMIERE AREA DU CIME Tjl ERE DE CALLISTE^.
Escalier A. — L'escalier par où l'on descendait originairement dans la principale galerie de Varea a été étudié et analysé en détail par MM. de Rossi en mai 1865. L'inclinaison des marches encore existantes a permis de déterminer celle de la partie détruite, figurée dans la figure 55 par une ligne de points. Ce qui reste de l'escalier commence à une profondeur d'environ trois mètres au-dessous du niveau du sol et descend à près de douze mètres sous terre. Un mur construit en maçonnerie et en tuf mélangés formait d'abord les parois de cet escalier, qui bientôt commençait à descendre à travers le roc vif. On reconnaît les traces de deux constructions différentes, de deux rangées de marches superposées. Les degrés de l'escalier primitif étaient couverts de dalles de marbre, et ses parois étaient revêtues
I. Le lecteur devra suivre cette analyse sur le plan qui accompagne ce chapitre : il devra aussi recourir à Vélevation donnée figure 55,, page 425.
de très-beau stuc, sur lequel couraient d'éclatantes bande de minium. Il fut en partie démoli, et ce qui restait de ses marches servit de fondations à un escalier nouveau , construit en maçonnerie. Ce second escalier est indiqué dans la figure 55 par la ligne de points. Le lecteur devra se reporter à cette ligure, ainsi qu'au plan qui accompagne ce chapitre. Les lettres et les chiffres sont les mêmes que ceux dont se sert M. de Rossi.
— M\\r ayant pour assises un degré de l'escalier
primitif.
A^. — Construction semblable, appuyée sur trois degrés.
A^. — A peu près à moitié de l'escalier, à gauche, on trouve un sepolcro a mensa . divisé de manière à contenir trois corps. Il a la même forme que le célèbre tombeau de saint Corneille ; mais la niche qui surmonte la mensa est bouchée avec de mauvais plâtre, comme le sont également les loculi construits de chaque côté de l'escalier. Ce tombeau et ces loculi sont postérieurs à l'ambulacre auquel conduit l'escalier A.
A'^. — Trois ou quatre loculi ont été taillés dans l'escalier lui - même , évidemment à une époque qui se place entre sa démolition et la construction de l'escalier postérieur. Près de sa partie inférieure on avait construit deux vastes tombes (A®, A^^), profondes d'environ un mètre et demi , et qui percent le massif de l'escalier comme feraient deux petites galeries. Dans l'intérieur d'une de ces tombes sont trois loculi fermés de la manière ordinaire ; l'autre est divisé de manière à pouvoir renfermer neuf cadavres dans autant de niches séparées. Les ouvertures de ces tombeaux sont couvertes de tuiles ajustées en forme de toit, afin de pouvoir supporter le poids de l'escalier qui fut plus tard bâti au-dessus d'eux. Les dernières marches de l'escalier primitif, indiquées par des points (A^^), ont été entièrement détruites, de manière à ne pas même laisser, adhérents aux parois, quelques fragments sur lesquels il fût possible de poser le pied ; quiconque, après cette destruction, eût essayé de pénétrer dans le cimetière par l'escalier
LE TÉiMOIGNAGE DES CATACOMBES. 445
aurait été obligé de faire un saut d'un mètre et demi environ avant d'atteindre le sol de Tambulacre. Dans le mur vertical ainsi laissé à découvert on a trouvé un sépulcre pouvant contenir plusieurs cadavres, et dont les ruines subsistent encore.
A^^ — Le second escalier était d'environ 85 centimètres plus haut que l'escalier primitif; cette diiférence de niveau rendit nécessaire la construction de quelques marches à droite et à gauche, pour descendre dans le cubiculum et dans la galerie L.
Ambulacrum a. — U ambiilacrum dans lequel nous pénétrons maintenant fut déblayé au commencement de 1856; il avait déjà auparavant été visité par Boldetti et d'autres explorateurs, dont les noms se lisent dans les galeries qui l'avoisinent. Arrivés entre les chambres A- et A^, nous remarquons que, des deux côtés de l'ambulacre, les murailles sont entièrement ruinées, à l'exception d'un espace de la hauteur de deux lociili. laissé intact sous la voûte, et qui surplombe sur la partie inférieure de la muraille. Les loculi de cette bande demeurée intacte sont plus petits que les autres ; le plafond et cette portion de muraille sont revêtus de stuc et décorés de peintures que l'on ne peut distinguer d'en bas. Cette partie supérieure, dont une section est donnée page ^-^6^ figure 61, fut certainement creusée quand le reste de l'ambulacre était rempli de terre , et l'élévation de cet amas de terre, qui formait le sol de la petite galerie taillée au-dessus, a permis aux compagnons de Pomponio Leto d'écrire leurs noms, Parthenius et Gallus^ sur la voûte.
Pour entrer dans le cubiculum A^, on est obligé de monter deux marches; à la chambre A^, deux marches encore rendent sensible la dépression subie par le sol de l'ambulacre. A l'autre extrémité de la galerie, la même particularité devient plus frappante : le plafond de la galerie transversale I reste constamment horizontal , tandis que, depuis la moitié de cette galerie jusqu'au point où elle rejoint l'ambulacre A, le sol ne cesse de s'élever. Arrivé à
la porte du cubiculum A"^, on passe de plain-pied de l'ambulacre dans cette chambre, ce qui prouve qu'elle fut creusée quand le sol de Tambulacre était déjà abaissé. A l'entrée de la galerie transversale H, de 60 centimètres plus élevée que Tambulacre A, on voit les restes de deux marches, qui, maintenant usées, forment un plan incliné. La différence des deux niveaux est indiquée dans la figure 61, et l'on reconnaît que H doit avoir été creuse avant la dépression du sol de A. Presque vis-à-vis de la galerie H est l'entrée de la chambre A% dans laquelle on descend par deux marches, comme on peut le voir dans la figure 61. Ce cubiculum a donc été construit après que le sol de A était déjà abaissé et en prévision d'un abaissement plus profond encore, qui ne fut pas effectué. La même figure nous montre l'étroite galerie qui court au-dessus de Vambulacrum A, et les vestiges du plafond primitif de l'ambulacre. Elle représente aussi une portion de la petite galerie I ; le puits pour l'extraction des terres, se trouve immédiatement au-dessus de la chambre A^ Le pont moderne qui aujourd'hui traverse l'ambulacre A ne correspond à aucun vestige de l'antiquité ; il a été construit par la commission d'archéologie sacrée pour rendre possible de traverser la galerie I, qui, maintenant que l'amas de terre formant son sol et comblant l'ambulacre A a été déblayé, serait sans cela impraticable et demeurerait suspendue en l'air.
Descendant cinq marches usées, et devenues un plan incliné A-°, on arrive à l'entrée de la galerie G; elle suit le niveau le plus abaissé de A, et on n'aurait pu de l'ambulacre A passer dans cette galerie, si celui-ci avait conservé son niveau primitif. L'entrée de la galerie G a donc été creusée après la dépression du sol de A. Presque en face de G est la porte du cubiculum A^, dont le niveau est à peine inférieur à celui de A ; nous sommes parvenus à la partie la plus abaissée de l'ambulacre : l'extrême dépression du sol, que l'on n'avait pu effectuer en face de A% l'a été ici. Les murailles de Vambulacrum sont en cet endroit dans une
condition si ruineuse, qu'il a fallu les soutenir par des travaux modernes de maçonnerie. L'entrée de la galerie F a été, au contraire, creusée au niveau du sol primitif de l'ambulacre; plus tard on l'a abaissée jusqu'à son second niveau : on en trouve la preuve dans la hauteur inusitée de cette galerie, et dans la manière grossière dont le tuf formant aujourd'hui la partie inférieure des murailles fut taillé lors de cette nouvelle excavation. Derrière le ciibiculum s'ouvre un large sépulcre marqué A^^ dans le plan, et ressemblant à un sepolcro a mensa. si ce n'est qu'il est creusé beaucoup plus près du sol, et qu'il paraît avoir été clos comme un simple lociiliis. L'entrée de la galerie E doit avoir été construite après la dépression du sol de A; celles des galeries D et F portent, au contraire, la trace de travaux exécutés postérieurement à leur construction pour les égaler au niveau abaissé de l'ambulacre. Approchant du coin AC, nous remarquons que le mur de gauche est soutenu, dans une grande partie de sa hauteur, par une muraille en tuf et en briques, et que l'angle AC est presque tout entier rempli par un solide pilier fait des mêmes matériaux (A"""^), et ne laissant qu'un étroit passage pour une seule personne à la fois. Dans toute la longueur de Vambulacrum A, on a trouvé de nombreux fragments d'inscriptions tombés des loculi : la plupart de ces inscriptions sont en grec.
CuBicuLUM A^ — Revenant sur nos pas jusqu'au pied de l'escalier, entrons maintenant dans le cubiculum A^ Le sol primitif de ce cubiculum était de 85 centimètres plus bas que son sol actuel ; par la hauteur où cesse le beau stuc blanc, orné de bandes rouges, qui couvre les murailles, nous pouvons déterminer la ligne originaire du plafond. Le mur de gauche n'existe plus; il a été démoli pour élargir la chambre, et la mettre en communication avec la deuxième et la troisième area de la nécropole, dont le niveau plus élevé a nécessité l'élévation du sol de la chambre et par suite celle du plafond. La porte du cubiculum et les loculi qu'il contenait sont tout à fait en ruine.
CuBicuLUM A-. — Deux marches conduisent au cubiculum Il est revêtu de stuc, sur lequel se voient les fresques reproduites par les planches VI, i, VIII, 2. En examinant la partie inférieure des parois, on reconnaît que le sol primitif doit avoir été abaissé de 20 centimètres. A droite, près de la porte, est un piédestal ou siège carré recouvert de terre cuite ; à gauche un petit escalier conduit à un étage supérieur : cet escalier est certainement moins ancien que la chambre.
CuBicuLUM A^ — Le ciibiculuni A^ est carré comme le précédent, et décoré de même. Le sol s'élève à 30 centimètres au-dessus du niveau de l'ambulacre. Ces deux chambres sont appelées par les guides les Capelle dei Sacramentiy à cause des peintures liturgiques qui se voient sur leurs murs. Voir planches III, V, i, VI, 2, 3, VIII, 3. Voir aussi pages 335 et 336.
CuBicuLUM A^. — Le ciibiculiim suivant, A^, est décoré de la même manière^ mais le stuc est d'une qualité inférieure. La voûte est très -basse, élevée à peine de deux mètres au-dessus du sol, qui est pavé de marbres de couleurs, disposés en figures géométriques. M. de Rossi a reconnu que le sol primitif est beaucoup plus bas que ce pavage, et que, plus tard, l'ambulacre n'ayant point été abaissé au niveau qu'avait prévu l'architecte du cubiculum. ce sol primitif fut exhaussé pour être de plain-pied avec A ; on ne changea rien au plafond, et ainsi s'explique le peu d'élévation de celui-ci. Ce cubiculum^ de même que A% a, creusé dans le mur, en face de la porte, un lociilo a mensa; les murs latéraux renferment aussi deux loculi, l'un au-dessus de l'autre. Au-dessus du loculo a mensa deux petits lociili. destinés à des enfants, ont été irrégulièrement taillés à une époque postérieure. Les explorateurs du XV* siècle pénétrèrent dans cette chambre, et y gravèrent leurs noms Tarthenius^ Galliis. Matthias^ Thomas. qui sont maintenant à peine lisibles.
Cubiculum A^ — Le cubiculum A^ a la même forme que le précédent, et offre une décoration analogue. Il est
probable que le sol, dans lequel on descend aujourd'hui de l'ambulacre A par deux marches, fut, à une certaine époque, exhaussé artificiellement comme celui du ciibiciilum A^, car on a la preuve d'une élévation, sans doute correspondante, du plafond. Celui-ci fut assez exhaussé pour permettre de creuser tout autour de la chambre une rangée supplémentaire de lociili. Cette nouvelle portion de muraille est revêtue d'un stuc de qualité très-inférieure. Le plafond est cintré et non plat ou cruciforme, comme celui des précédents cubicula. Pour les changements de niveau, voyez les lignes de points dans la figure 6i, page 436.
CuBicuLUM A^. — A*^ a la forme et la décoration des cubicula précédents \ Dans chacune des murailles latérales, le tombeau creusé le plus près de terre est un loculo a inensa. dont l'intérieur est revêtu de marbre, et forme un locus bisomus : la fermeture était semblable à celle des loculi ordinaires. La muraille du fond est tout entière occupée par un vaste sepolcro a mensa. divisé en deux tombes, chacune intérieurement garnie de marbre : les barres de fer qui supportaient la mensa sont encore visibles. Aune époque plus récente, il devint nécessaire de renforcer le mur avec de la maçonnerie ; les deux pilastres de marbre qui s'élèvent de chaque côté du tombeau doivent être assignés à cette date, ainsi que la dalle de marbre grec qui était autrefois posée verticalement entre eux. Le sol de la chambre est encore garni de son pavé de marbre. L'épitaphe suivante a été trouvée dans ce ciibiculum :
SERGIVS ALEXANDE CAECILIE FAVSTAE COIVGISVEBENE MERIENTI FECIT.
Escalier B. — L'escalier et l'ambulacre B sont parallèles à A. Ils sont très-spacieux, très-élevés ; mais ils ont
I. C'est dans le cuhiculian que se trouve la fresque représentant Lazare, reproduite page 345, fig. 36, et attribuée par erreur au cuhicidum A}.
été défigurés non -seulement par d'anciennes altérations, mais encore par la négligence de ceux qui, pendant le siècle dernier, possédaient ce cimetière, et transformèrent l'ambulacre B en une cave. Les tombes et les murs furent ruinés pour placer des barriques de vin, et Ton construisit, pour descendre dans la galerie, un escalier moderne passant sous l'édifice à trois absides qui marque la limite de la seconde area. Aujourd'hui cet escalier est muré; l'endroit où les marches de l'ancien escalier devaient atteindre la surface du sol est indiqué sur le plan par des lignes de points.
B-^. — Un mur fermant l'escalier à peu près à moitié de sa longueur. Depuis cet endroit la partie supérieure de l'escalier a été rétrécie de moitié, afin de ménager la place d'un étroit escalier B% qui descend aux galeries Z et Y. Près de ce mur l'escalier B conserve quelques restes d'un revêtement de beau stuc blanc, orné d'étroites lignes rouges, pareil à celui déjà observé sur les murailles de A. Presque immédiatement au-dessous du mur, les degrés de l'escalier ont été démolis, comme l'avaient été, évidemment à la même époque, ceux de l'escalier parallèle A : on distingue, le long des parois latérales , quelques débris des marches détruites. A cet endroit ont été trouvés les restes d'un petit sarcophage orné de dauphins, et portant l'inscription AOrrAlANOS. KAT. nPO H EIAHN AOPIA ; une inscription latine, dédiée àHASELLicA, a été découverte au même lieu : elle était sans doute originairement posée contre une marche.
B^-. — Un petit corridor, s'ouvrant à gauche, conduit à une chambre rectangulaire revêtue de stuc grossier, et presque détruite par une galerie moderne qui passe immédiatement derrière elle. L'entrée de la galerie B^, ouverte par la démolition d'un grand nombre de loculi. montre quels dommages sa création a fait éprouver à l'ambulacre B, bien qu'on se soit efforcé de les limiter le plus possible. Le mur de droite est entièrement ruiné. Sur le mur de gauche on peut remarquer une rangée de loculi creusés immédiate-
ment sous la voûte, et appartenant évidemment à une autre période que les loculi inférieurs, dont ils diffèrent par leur forme et leurs dimensions. Ils sont l'indice d'une galerie taillée dans le plafond de B, quand cet ambulacre eut été rempli de terre, de même que P fut creusé au-dessus de l'ambulacre A ; cette galerie, après que l'escalier B eut été rendu impraticable, dut communiquer avec B'% qui était sa seule issue, et paraît avoir été au même niveau.
Ambulacrum b. — L'ambulacre B est pavé de larges tuiles qui portent toutes la marque OPUS DOLIARE EX PR.EDIIS DOMINI N ET FIGL NOVIS, c'està-dire, selon Marini, la marque de la manufacture impériale de Marc-Aurèle. Approchant de l'ouverture de la galerie B'\ on remarque que, de chaque côté de la porte, la muraille est renforcée par une maçonnerie de tuf et de briques mélangés, et que l'entrée de la galerie a été taillée à travers plusieurs loculi ; ce qui prouve que sa construction est postérieure à celle de Tambulacre. Ce mur de maçonnerie n'atteint pas jusqu'à la voûte de l'ambulacre : à l'époque où il fut élevé, cette voûte n'avait pas encore été portée à sa hauteur actuelle par l'excavation de la petite galerie B\
A main droite est un sepolcro a mensa, 37 ; l'élévation inaccoutumée qu'il occupe^dans la muraille montre que le sol de l'ambulacre a été considérablement abaissé au-dessous de son niveau primitif. L'entrée de la galerie I avait été d'abord creusée à ce premier niveau. Celle de H, au contraire, n'a guère plus de deux mètres de haut; cette galerie ne pouvait être en communication avec B, quand le sol de l'ambulacre avait i"',2o de plus que son niveau actuel. La disposition des loculi dans le mur de droite de B semble indiquer, cependant, que la mise en communication de la galerie H et de l'ambulacre faisait partie du plan primitif ; mais elle ne put être réalisée qu'après la dépression du sol de B. Les murailles de maçonnerie qui longent une partie de H, et d'autres indices, montrent que, originairement, H s'avançait en ligne droite vers B, mais qu'à
une époque plus récente cette galerie se détourna de près de 50 centimètres vers la gauche.
Dans l'ambulacre B, le mur de gauche est presque ruiné. A droite, on reconnaît les premiers travaux d'excavation de la galerie G ; ils furent abandonnés, et on ne les reprit qu'après l'abaissement définitif du sol de B. La petite ofalerie taillée à même la voûte de l'ambulacre est trèsreconnaissable en cet endroit. L'entrée de F montre que, comme H, cette galerie ne fut commencée qu'après la dépression du sol de B. Le couloir B% taillé à même trois loculi^ est très-peu élevé, et n'a pu non plus être construit avant cette époque. Immédiatement au-dessus de la porte de B%on reconnaît l'endroit où cesse la petite galerie supérieure (B^^). Quelques ouvertures commencées à une assez grande hauteur dans la muraille de gauche indiquent que les fossores entreprirent de creuser une communication entre l'ambulacre et la galerie E; mais ce dessein ne fut point poursuivi, probablement pour ne point démolir les loculi qui remplissaient la muraille.
L'entrée de la galerie D fut creusée au niveau primitif du sol de B, et ensuite abaissée en même temps que celui-ci. Le mur qui est au-dessus est moderne, et fut construit au siècle dernier, quand cette partie de la catacombe servait de cave aux propriétaires de vignobles. L'ouverture de la galerie est également moderne. Le point de jonction des ambulacres B et C ne formée pas un angle aigu, comme à l'intersection de la plupart des galeries souterraines, mais une courbe assez douce. Cette particularité indique une date reculée ; elle montre qu'à l'époque où ces deux galeries furent creusées, les fossores n'avaient pas encore adopté un système immuable de construction. Le petit nombre de loculi taillés dans ce coin BC appartient à une date beaucoup plus récente que la construction primitive des galeries.
Galerie B^ — Aussi, quoique la galerie B*, qui met cette area en communication avec un arenarîum ^ ait été creusée dans le mur BC sans causer la démolition d'aucun loculus^ il ne s'ensuit nullement que cette galerie soit contempo-
raine des deux ambulacres ; elle n'appartient point à la période primitive du cimetière. Après quelques pas nous atteignons un couloir moderne, qui conduit au cimetière de Sainte-Soteris , creusé à un niveau plus élevé que notre area.
Galerie — La galerie B' venait à peine d'être construite, elle était déjà remplie de loculi, quand on s'aperçut que sa proximité de B pouvait compromettre la solidité des tombeaux de cette dernière voie. Elle fut alors fortifiée par un épais mur de maçonnerie, qui la suivit dans toute sa longueur, et enfin tout à fait murée au point où elle opérait sa jonction avec
Galeries B^ B% B^ — La galerie B^ conduisait dans V arenariiun X, en passant par T. B^ aboutissait à Y, B^ à Z; on entrait dans cette dernière galerie par des marches taillées dans la partie supérieure de l'ancien escalier B.
Ambulacrum C. — Uambiilacriim qui joint A et B a été déblayé en 1863 ; il est spacieux et élevé. Il ne présente point de traces visibles d'un changement opéré dans son niveau primitif; mais comme on reconnaît des indices d'un changement de cette nature à l'extrémité de A et à celle de B, il est certain qu'il en a été de même dans C. Les lociili de l'ambulacre C sont vastes, rangés avec ordre ; on rencontre dans les murailles de nombreuses niches destinées à recevoir des lampes. Dans plusieurs loculi on trouve encore de larges tuiles portant la marque des manufactures des empereurs Marc-Aurèle et Commode. A droite, immédiatement après avoir tourné l'angle BC, on aperçoit deux spacieux loculi (49, 50), et à gauche, quelques pas plus loin, un sepolcro a mensa (52). Ces tombes, étant presque à ras de terre, sont indiquées dans la figure 56 comme ayant été construites postérieurement à l'abaissement du sol. Au-dessus du sepolcro a mensa^ on remarque, presque sous la voûte de la galerie, une ouverture pratiquée dans la muraille par les excavateurs du dernier siècle, se frayant un passage pour sortir d'un étage supérieur de Varea de saint Eusèbe; c'est par là que tombèrent probablement dans
l'ambulacre C des fragments d'inscriptions entièrement différentes, par le style et le caractère, de celles découvertes dans cette galerie. Une d'elles a le >g , ce qui est sans exemple dans notre area; des fragments de plusieurs inscriptions, dont quelques débris avaient été découverts ici, furent retrouvés dans une galerie de X area de saint Eusèbe.
Galerie C-. — L'entrée de la galerie a été pratiquée dans le mur extérieur de C en démolissant plusieurs loculi : il est donc certain qu'elle est d'une date postérieure à celle de cet ambulacre. La galerie est remplie de terre et n'a pas encore été explorée; un autre passage a du traverser l'ambulacre C quand celui-ci était également comblé, et aller rejoindre D. Ce couloir était en communication directe avec \ area de saint Eusèbe , et paraît avoir été considérablement abaissé depuis sa première construction, soit par les explorateurs modernes, soit par l'excavation de tombes dans son sol. Il est marqué dans le plan et dans la section donnée page 424, ^z^z/re 54.
Galerie — Une autre porte conduit de l'ambulacre C dans la galerie C^, qui appartient sans doute au même système de galeries que C-, et paraît avoir été construite à la même époque. Les fragments d'inscriptions trouvés dans l'une et dans l'autre sont du même caractère ■que ceux trouvés dans l'ambulacre.
Galerie D. — D est une galerie très-élevée, construite, comme nous l'avons vu, pendant la première période architecturale de Varea, et dont le sol fut abaissé plus tard comme celui des ambulacres A, B, qu'elle met en communication. Beaucoup d'inscriptions, la plupart en grec, furent découvertes dans cette galerie, explorée pendant l'hiver de 1862-1863.
Galerie E. — E fut creusée après la dépression subie par le sol de A; dans toute son étendue, elle ne dépasse jamais deux mètres de hauteur. Beaucoup de ses loculi sont obstrués par des constructions en briques.
Galerie F. — F fut commencée au niveau primitif
de A, et plus tard creusée plus avant pour correspondre au sol abaissé de B, où elle débouche. Le petit couloir fut évidemment construit après la dépression du sol, car il évite de s'embrancher dans E.
Puits — Ce couloir fut plus tard démoli pour faire place à un puits de construction ancienne, qui contient encore de l'eau. Le long- du puits sont percées deux rangées de trous, afin de permettre à un homme de poser alternativement chaque pied pour descendre; plusieurs puits des catacombes présentent la même particularité.
Galerie G. — G, commencée à partir de B, quand cet ambulacre était encore à son niveau primitif, vient aboutir en pente dans A, dont le sol était déjà abaissé quand cette galerie intermédiaire fut construite.
Galerie H. — H a eu pour point de départ A, dont le niveau, quand on a commencé à creuser la galerie^ n'avait pas encore été déprimé, et est venue aboutir dans B, à une époque où le niveau de cet ambulacre était déjà abaissé. La galerie H est pavée en marbre. Nous avons déjà remarqué le changement de direction qu'elle éprouve avant de joindre B; un examen attentif fait voir que cette inflexion vers la droite est contemporaine de la construction de l'escalier Cette partie de la galerie est pavée de tuiles portant la marque de Marc-Aurèle. L'escalier H' a été d'abord creusé dans le tuf, et les parois naturelles du roc ont été percées de loculi; plus loin, il descend entre deux murailles de maçonnerie, composée de tuf et de briques, dans lesquelles des loculi ont été construits. A peu près à moitié de l'escalier, à gauche, on aperçoit une porte percée dans le tuf et murée, sans doute une galerie commencée, puis abandonnée presque aussitôt. A droite est un loculus à demi ouvert, dans lequel, au lieu d'un squelette, on aperçoit un petit sarcophage de terre cuite, contenant le corps d'un enfant. Le bord supérieur des loculi construits en cet endroit n'est point plat, selon la forme ordinaire, mais légèrement cintré ; la voûte de l'escalier passe sous la galerie I, qui est à demi bouchée par les travaux de
maçonnerie faits pour le soutenir. Cet escalier construit à tant de frais est demeuré inutile, car on reconnut vite que la galerie à laquelle il conduisait était, à cause de la nature du roc, impropre aux usages sépulcraux. Les briques portent toutes la marque de la manufacture de Marc-Aurèle {figlinae novae).
CuBicuLUM H^. — Le cubîculum H^, dont l'entrée fait face à Tescalier H^, diffère des chambres que nous avons jusqu'ici décrites par la qualité très-inférieure du stuc dont ses murailles sont revêtues, par son plafond voûté, et surtout par ses deux arcosolia, le premier exemple à'arcosolium offert par notre area. Cette circonstance, jointe à d'autres indices , oblige M. de Rossi à lui assigner une date postérieure à celle de l'escalier H-.
Galerie L — La galerie I a été construite au niveau primitif de A et de B ; plus tard on creusa de nouveau son sol pour le faire correspondre au niveau que les excavations postérieures donnèrent à ces deux ambulacres ; la partie centrale de I demeura à son élévation originaire, et de là une double pente douce descendit vers A et vers B. Les murs sont très- dégradés , par suite des tentatives faites au siècle dernier pour convertir en cave cette galerie. On n'y a trouvé qu'un petit nombre d'inscriptions. L'entrée par laquelle on pénètre aujourd'hui dans la crypte de sainte Cécile est toute moderne ; mais un peu plus loin, à gauche, on peut, en grimpant sur quelques décombres, pénétrer dans la petite galerie tortueuse P, qui, à cet endroit, traversait la galerie I quand celle-ci était remplie de terre, allant de A^ à la crypte de sainte Cécile, où elle paraît s'être terminée. Elle contient beaucoup de petits loculi; au-dessus de l'un d'eux est dessinée, sur le mortier, une croix sous cette forme : + . On paraît avoir tenté de construire un embranchement de cette petite galerie le long de I, comme nous l'avons déjà vu exécuté le long de A et de B; mais cette tentative fut abandonnée. Les constructions modernes faites le long de la partie de I ordinairement traversée par les visiteurs sont l'œuvre de la commission
d'archéologie sacrée, et furent nécessitées par l'escalier ouvert sans précaution à cet endroit de la crypte, à l'époque où elle servait de cave.
Galerie L. — Entrons maintenant dans la galerie L, la première galerie latérale partant de l'ambulacre A. Elle contient encore des traces du beau stuc lisse qui la revêtait originairement. Nous avons raconté déjà comment la construction d'un nouvel escalier rendit nécessaire l'excavation des degrés par lesquels on descend aujourd'hui dans L. Au bas de ces degrés, on reconnaît que le mur primitif a été taillé une seconde fois , pour élargir le passage ; de semblables traces d'agrandissement peuvent être observées sous le luminaire qui éclaire ce qui était autrefois l'extrémité de la galerie, quand on n'entrait dans la chambre de sainte Cécile qu'en traversant celle des papes. On reconnaît aussi que le sol de la galerie fut abaissé après la dépression de l'ancien niveau de A.
Crypte papale — La porte de cette crypte, qui est le cubiculiim le plus important de la catacombe, puisque les papes du iii^ siècle y furent enterrés, est large de i'",6o, et construite en briques. Le stuc dont l'extérieur de cette porte est revêtu est couvert de graffiti; le plus grand nombre de ces grafîites se trouve à un niveau plus élevé que celui choisi naturellement par un homme écrivant debout, ce qui semble indiquer qu'ils étaient déjà tracés dans la muraille quand le sol fut abaissé par saint Damase. D'autres sont à moitié détruits par les jambages de la porte; ils sont antérieurs à son élargissement et à la construction du cintre qui la surmonte. Ce cintre a été revêtu successivement de trois couches de stuc ; deux d'entre elles étaient décorées de peintures. Deux parois du cubiculum sont aujourd'hui entièrement reconstruites en maçonnerie; la condition ruineuse dans laquelle il fut découvert en 1854 rendit cette précaution nécessaire. Tant de travaux successifs ont été faits, depuis le m® siècle, dans la chambre papale, elle a reçu tant de décorations superposées, qu'il est impossible de déterminer le nombre exact des loculi
4j8 ROME SOUTERRAINE.
percés à l'origine sur ses murailles, et quelle était la forme du plafond. Nous avons décrit en détail, livre III, chapitre III, l'état du cubiculum et les diverses parures dont la vénération des siècles l'a revêtu ; nous renvoyons à cette description et à la planche XV, qui reproduit la restitution proposée par M. de Rossi.
Cubiculum L-. — Le cubiculum L-, qui s'ouvre du côté opposé de la galerie L, a ses trois murailles principales entièrement revêtues d'une épaisse maçonnerie de briques, qui rétrécit considérablement sa grandeur originaire. Les tombes pratiquées dans cette couche de maçonnerie n'existent plus , et les loculi creusés dans le mur primitif ont également beaucoup souffert. On peut encore reconnaître cependant que les murailles du cubiculum étaient garnies d'un beau stuc blanc, que la voûte était cruciforme et, ■comme elles, ornée de fresques. La figure qui occupe le centre de la voûte est celle d'Orphée, reproduite dans la planche V, n" 2. Ce cubiculum offre toutes les caractéristiques de la portion la plus ancienne de Varea.
Vestibule M. — Le vestibule M est entièrement construit en maçonnerie; M. de Rossi ne sait comment expliquer sa forme particulière. Ses murailles sont revêtues de stuc tout couvert de grafîites. On a trouvé dans ce vestibule un grand nombre de pavés de forme polygonale, provenant évidemment de la voie Appio-Ardéatine.
Portique N et cubiculum O. — Le portique conduisant à la crypte de sainte Cécile est creusé dans le tuf et soutenu par des cintres en briques. Les inscriptions de ses loculi appartiennent à l'époque de saint Damase. A l'extrémité de N, un couloir étroit conduit derrière la crypte de sainte Cécile. On pénètre dans cette crypte, O, par deux marches. Derrière le mur de droite , en entrant dans la crypte, on voit des loculi^ qui indiquent la place où passait la galerie Q avant que les travaux du pape Damase eussent complètement transformé cette portion de la catacombe. A gauche du cubiculum^ en face de la tombe de sainte Cécile, on remarque un mur de briques formant un segment de
cercle ; c'était autrefois une portion du puits dans lequel venait se perdre la petite galerie P. Ce puits et Textrémité de cette galerie étaient originairement distincts de la crypte, et lui furent plus tard incorporés. Le ciibiciilum, à cette époque, avait les petites dimensions que l'on peut voir dans les plans représentant la troisième et la quatrième période des excavations.
CuBicuLUM — Le cubiculum a son entrée
presque murée par l'escalier P. Les murs de P^ sont trèsruinés ; les loculi n'existent plus. Il est difficile de déterminer si V arcosolium qui occupe le fond de la chambre est une tombe plus simple transformée, ou s'il était déjà construit quand furent placés les pilastres de brique et les marbres qui l'ornent aujourd'hui ; mais il est certain qu'avant la construction de V arcosolium et avant que l'inscription de DASUMIA QVIRIACA fût posée dans sa lunette, il 7 avait là un simple loculus^ fermé par une plaque de marbre, et caché ensuite par ce vaste tombeau. Au-dessus de la porte a été retrouvée, en 1854, une inscription de l'année 290 :