‹ Rome souterraine (volume 2)Chapitre 228 sur 247 · VIBIV. FIMVS R. VII KA SEP DIC. IIII. ET. MAX. COS · texte numérisé non relu

VIBIV. FIMVS R. VII KA SEP DIC. IIII. ET. MAX. COS

« Vibius Fimus mourut {recessit) le 2(5 août, Dioclétien (pour la quatrième fois) et Maximm étant consuls. î)

Cubiculum P-. — Le cubiculum P^ est à demi ruiné; le mur de gauche est détruit, celui de droite est soutenu par un support de maçonnerie : le stuc qui le revêtait est presque entièrement détaché. Par sa situation, cette chambre paraît avoir été construite en même temps que Tescalier P. Le couloir qui conduit de Fun à l'autre est soutenu par de la maçonnerie.

Galerie Q. — L'escalier P occupe aujourd'hui la place de la galerie Q, qui mettait la crypte de sainte Cécile en communication avec la galerie S. Les tombes creusées primitivement dans le sol de Q ont été détruites par les

constructions qui soutiennent Tescalier P ; dans une de ces tombes, près de l'entrée du cubiculum Q% furent découvertes deux plumbatœ ^ ou balles de plomb recouvertes de bronze, et attachées à des chaînes de bronze. Il est possible qu'elles ne soient autre chose que des poids de balance ; mais les poids étaient quelquefois employés par les bourreaux en guise de plumbatœ. et la place de ces balles de plomb, enterrées avec tant de soin dans une tombe chrétienne, donne certainement une grande vraisemblance à la conjecture qui voit en elles des instruments de martyre. Les murs de la galerie ont été renforcés par des constructions de maçonnerie, afin de pouvoir supporter l'escalier P. Dans le mur de gauche, on voit encore les traces (78) d'un large escalier taillé dans le tuf, qui conduisait à S. Il dut être détruit quand fut creusée la chambre : autrement, la porte de cette chambre n'eût pu avoir une hauteur suffisante pour qu'il fût possible d'entrer. La communication avec S fut plus tard fermée par un mur, construit en même temps que l'escalier P : on pensa sans doute, quelque temps après, à la rouvrir, car on peut voir, dans ce mur, la forme d'une porte dessinée.

Cubiculum — Près de l'entrée de le stuc est couvert de graffites, pour la plupart en grec, appartenant probablement au iii^ siècle. Le cubiculum fut déblayé en 1855, avec tous ceux qui ouvrent sur cette galerie. La muraille de droite, taillée dans le tuf, est maintenant en ruines : on y reconnaît encore la place de vastes loculi. Une partie du mur de gauche est en ruines, une autre partie est couverte d'une maçonnerie ancienne, et le reste, jusqu'au fond de la chambre, est revêtu d'une muraille solide en pierres et en briques, qui revient également vers la droite, et soutient une voûte pleine occupant la moitié du plafond. L'autre moitié est remplie par un luminaire. Quatre petites corniches de marbre, en forme de consoles, sortent aux quatre coins de cette espèce d'arc en maçonnerie. Toutes ces constructions, et le soin que l'on eut d'ouvrir, pour donner accès dans cette chambre, le passage

R quand les substructions de P eurent bloqué la porte primitive, montrent quelle était l'importance de ce ciibiculum^ un des sanctuaires des catacombes. Les graffites et les inscriptions l'indiquent également.

CuBicuLUM (y, — Du côté opposé de la galerie s^ouvre le cubiculum Q\ Son plafond est voûté, et recevait la lumière par un petit luminaire communiquant avec celui de Q% mais intercepté plus tard par la construction de l'escalier P. Pour compenser cette perte de jour, une fenêtre fut alors ouverte au-dessus de la porte, et à la même époque le cubiculum fut revêtu de stuc beaucoup moins beau que celui qui garnit la chambre précédente. Les loculi sont vastes, et ceux qui sont ouverts au pied des murailles descendent jusque sous terre. A gauche est un arcosolium^ dont le cintre est de la même construction que la maçonnerie de la porte, c'est-à-dire contemporain de l'escalier P. Plusieurs sarcophages intéressants ont été trouvés dans ce cubiculum et dans le précédent : ils sont décrits pages 376, 377.

Cubiculum — On a vu que la porte de fut construite après la démolition de l'escalier Q 78, qui conduisait dans S. Au fond du cubiculum est un vaste arcosolium^ autrefois revêtu de marbre. Le parapet de cette tombe est si élevé, qu'elle aurait pu difficilement servir de mensdj si le prêtre s'était tenu debout sur le sol actuel. Le sol de la chambre avait été, en effet, abaissé au-dessous de son niveau primitif ; on descend deux marches pour y pénétrer. Aussi, devant la mensa de V arcosolium^ un petit degré a-t-il été construit : il était couvert d'une dalle de giallo antico. Une petite porte, à gauche, conduit dans une chambre voisine : de cette chambre part une courte galerie dans laquelle est un arcosolium : en la creusant, on a pris soin de ne point le faire tomber dans Q^, qui existait avant que Ton construisît ces dépendances du cubiculum (y.

Cubiculum — Le cubiculum a, dans son mur de droite, deux arcosolia^ l'un revêtu de marbre, l'autre garni de beau stuc. Le mur de gauche contient des loculi.

Une muraille épaisse, servant de support à Tescalier, remplit une partie de la chambre, vers la gauche. Le plafond est percé par un vaste luminaire.

Galerie S. — Les marques laissées dans les murs par le pic des fossores montrent que la galerie S fut commencée au point où elle fait sa jonction avec Q : le sol de cette galerie est cependant à un niveau un peu plus élevé que celui de Q, et correspond au niveau de Varea voisine (voir dans le plan général; voir aussi la figure 5p.) Sur le stuc des loculi se lisent de nombreux graffites en grec, THCCYPEEIC. MNHC0H ZHCH, ATTIKEIA- NOC, etc. Quelques loculi ont été détruits pour ouvrir la galerie b (fig. 59), ce qui prouve que la galerie S existait avant qu'on songeât à unir les deux areœ. Les cubicula S^, S^, S^, ont tous des plafonds voûtés, et contiennent des arcosolia. Le cubiculiim est situé immédiatement sous la voie Appio-Ardéatine : il ressemble aux trois précédents : dans sa muraille de gauche on n'a osé ouvrir qu'un loculus^ de peur d'ébranler la solidité de Fescalier A, qui existait, par conséquent, avant la construction de cette chambre. Vis-à-vis la porte de s'ouvre la galerie S^, qui mène dans le labyrinthe, et est beaucoup moins ancienne que Tambulacre S. Le cubiculum est semblable aux autres chambres ouvrant sur l'ambulacre : son plafond est endommagé par une galerie du labyrinthe, qui est venue le couper. Dans un îoculuS; à gauche, on lit encore aujourd'hui l'inscription : MOYCIKIA.

GalePvIE t. — La galerie T est un prolongement deB^, qu'elle unit à V arenarium. Le sol de T va en s'inclinant jusqu'à Varenarium^ et sa voûte est taillée en échelons, de manière à suivre le mouvement de dépression du sol, et à s'abaisser de trois mètres dans un très-petit parcours. Les galeries T^, T^, et toutes celles qui s'embranchent dans T, sont étroites et basses, ainsi que le cubiculum T-, dans lequel est un vaste loculo a mensa. Dans U les loculi sont larges, et contenaient plusieurs inscriptions grecques et latines, telles que EICTEPKOPI, KAI. NATAAEriC, AGA-

TEMERIS. SPIRITUM. TUUM. INTER. SANC- TOS. et U- sont des embranchements de Varenarium, mais contiennent cependant quelques loculi. Plusieurs des loculi de la galerie V sont demeurés intacts, mais la plupart de ceux qu'elle contenait sont détruits ; il en est de même dans conduit dans Varenarium, qui est cer-

tainement plus ancien que cette galerie.

Arenarium X. — La voie spacieuse qui forme Varenariiim X n'a pas besoin d'être décrite, pas plus que ses embranchements X^, X% X% et que le couloir dérobé X^, et son escalier, dont nous avons déjà parlé, pages 42^ et 430.

Galerie Y. — La galerie Y, avec ses dépendances, est basse et étroite; elle est au niveau des galeries creusées quand les principaux ambulacres étaient remplis de terre. Les cubicitla Y% Y% Y% sont grossièrement construits; Z n est qu'une continuation de l'hypogée dans lequel on entre par : la galerie Z vient mourir dans la voûte de Q-, à travers laquelle elle débouche.

Le lecteur qui a eu la patience de suivre jusqu'au bout cette analyse y a trouvé la confirmation de l'histoire architecturale de Varea donnée dans le précédent chapitre , et il a pu se rendre compte du travail immense auquel s'est livré M. de Rossi, qui a décrit avec la même précision chacune des parties du cimetière de Calliste.

NOTE Â (page i8).

Le récit de la découverte des reliques et de la tombe de saint Hyacinthe fera voir comment peut naître une tradition fausse sur la possession de telle ou telle relique par une église particulière.

Le soir du vendredi saint, 21 mars 1845, terrassiers employés dans les catacombes vint trouver le P. Marchi. Il tenait à la main un morceau de papier sur lequel étaient écrits ces mots : — DP. III. IDVS SEPTEBR YACINTHVS MARTYR; il les avait copiés, disait-il, diaprés une pierre fermant encore un tombeau dans la catacombe de Saint-Hermès (ou Sainte-Basilla). La lecture de cette inscription étonna le savant jésuite ; par les anciens calendriers , par d'autres documents antiques , il savait que les deux frères Protus et Hyacinthus, martyrisés ensemble sous le régne de l'empereur Valérien, avaient été inhumés dans cette catacombe le II septembre; mais il croyait que leurs reliques avaient été portées de là en d'autres églises de Rome. Aringhi raconte que les corps de ces deux saints furent transférés de l'église San Salvatore, au Transtevere, dans celle de San Giovanni dei Fiorentini, en 1592, sous Clément VIII. Cependant, quand, le lundi de Pâques, le P. Marchi, accompagné d'un peintre et d'un architecte, se fut rendu dans le cuhiculum où avait été copiée l'inscription, il reconnut que le tombeau sur lequel elle se lisait encore n'avait jamais été ouvert; il remarqua, de plus, que la chambre dans laquelle il se trouvait recevait le jour par un très-grand luminaire, qui éclairait en même temps cinq autres cuhicula; deux escaliers conduisaient dans la crypte : c'était exactement la disposition déjà notée par le P. Marchi dans les principales basiliques souterraines des cimetières de Sainte-Agnès, Sainte- Hélène, Prétextât. Le savant religieux reconnut, en un mot, une chapelle disposée à recevoir un grand concours de fidèles, une foule

de pèlerins comme celle qui devait se presser auprès des tombes célèbres des saints Protus et Hyacinthe. De plus, il ramassa, dans un amas de décombres, un fragment de dalle de marbre sur lequel étaient gravés ces mots : SEPVLCHRVM PROTI M(artyns), Il était désormais prouvé qu'en ce lieu avaient été déposés les deux glorieux martyrs, et que l'un d'eux reposait encore dans sa tombe inviolée.

Cette découverte devait contrarier la croyance populaire, qui vénérait leurs reliques à San Giovanni dei Fiorentini. Aussi le P. Marchi crut-il devoir agir avec une extrême circonspection. Il laissa la tombe exactement comme il l'avait trouvée, et, pendant trois semaines, étudia tous les documents pouvant éclairer l'histoire des deux martyrs. En même temps, il revenait souvent visiter la crypte et y conduisait avec lui des cardinaux, des évêques , des prélats, un grand nombre de personnes attirées par la curiosité ou la dévotion. Le résultat de ses recherches historiques le satisfit pleinement. Il découvrit qu'un siècle et demi après le martyre des deux saints, la chapelle où ils reposaient avait été remplie de terre; que le pape saint Damase la déblaya et la restaura, et , selon son habitude, saisit l'occasion d'y placer une épitaphe en vers en leur honneur; que le pape Symmaque, au commencement du vi® siècle, restaura de nouveau la chapelle, et que les restes des martyrs y étaient encore à la fin du vii«.

On retrouve leur trace au milieu du ix^ siècle, à l'époque où il est raconté que Léon IV plaça sous le maître-autel de l'église des Quattro-Coronati les têtes de saint Protus, saint Sébastien, sainte Praxède et d'autres saints, et avec elles les corps de cinquante-sept martyrs enlevés des cimetières ou des églises de Rome. Or on sait que Pascal P'" avait transféré le corps de sainte Praxède dans l'église élevée en son honneur et que Grégoire IV avait transporté celui de saint Sébastien dans l'église connue maintenant sous son nom, et qui, avant cette translation, avait gardé le vocable de saint Pierre et de saint Paul, en mémoire de l'asile temporaire qu'y trouvèrent, on s'en souvient, les reliques des deux apôtres. Bien qu'on ignore le moment précis où fut apporté dans Rome le corps de saint Protus, il est certain que cette translation eut lieu avant l'époque de Léon IV, car ce pape n'aurait point enlevé la tête seule, laissant le reste du corps dans les catacombes, puisque le modf invoqué par ses prédécesseurs pour justifier la translation des martyrs retirés de leurs tombes souterraines était la crainte de les laisser exposés à l'abandon et aux outrages dans les cimetières devenus un chaos de ruines, ne remanerent neglectui.

La translation de la tête de saint Procus dans l'église des Quattro- Coronati ne s'explique donc qu'en admettant qu'une des églises de Rome possédait déjà, en vertu d'une translation antérieure, le corps entier du saint, et que le pape ne voulut point la priver de la totalité de ses reliques. Cette église était sans doute celle dont parle Aringhi, San Salvatore, et c'est de là qu'à la fin du xvi*' siècle le corps décapité fut transféré dans l'église de San Giovanni dei Fiorentini, où il est encore.

Dans ce récit des translations opérées par Léon IV, il n'est fait aucune mention de tout ou partie du corps de saint Hyacinthe; s'il eût été dans Rome, le pape n'eût sans doute pas manqué de le joindre à tant d'autres précieuses reliques dont il dépouillait d'anciennes églises pour enrichir celle qu'il venait d'élever.

Comment les Florentins purent-ils donc affirmer qu'ils possédaient les corps des deux frères } Une inscription de l'église San Salvatore le leur avait fait croire : on lisait ces mots sur une pierre du pavage qui s'étendait sous le maître-autel : Sub hoc lapide requiescunt sanctorum corpora gloriosissimorum Proti et Hyacinthi. Cette inscription est du xiv^ ou xV^ siècle : entre cette époque et le viii«= ou ix% les détails de la première translation des reliques durent s'oublier et se confondre. Une autre inscription, dans la même église, ou plutôt la moitié d'une inscription, la moitié de l'épitaphe écrite par le pape Damase en l'honneur des deux martyrs, nommait Hyacinthe à coté de Protus. Tout le monde savait qu'ils avaient souffert ensemble, qu'ils avaient été enterrés dans la même chapelle ; il était naturel de conclure que l'église qui possédait maintenant le corps d'un des deux frères possédait également celui de l'autre.

Comment l'erreur ne fut-elle pas découverte quand les reliques furent transportées à San Giovanni? Christophe Castalletti a laissé un récit de leur translation; après avoir creusé sous l'autel, on découvrit une grande caisse de marbre ; l'ouvrant, on n'y trouva point de corps entiers, car d'autres églises avaient à diverses époques reçu des reliques prises dans ce sarcophage : on trouva seulement de nombreux ossements, des jambes, des bras, des côtes, un os maxillaire auquel les dents étaient encore adhérentes, quelques dents détachées. Ceci est tout à fait d'accord avec ce que l'étude des documents historiques révéla au P. Marchi. Dans la relation de Castalletti, il n'est point fait mention de deux corps : au contraire, on y voit pourquoi deux corps entiers n'auraient pu être trouvés. 11 n'est point parlé non plus d'une tête intacte : Castalletti cite seulement un os maxillaire et

quelques dents qui furent probablement laissés là par accident quand Léon IV sépara du corps la tête de saint Protus.

Une question restait encore à résoudre : pourquoi^ en retirant de la catacombe le corps de saint Protus, y laissa-t-on celui de saint Hyacinthe?^ La réponse devint facile, quand, le 19 avril, le P. Marchi fut venu ouvrir le tombeau, accompagne du sacristain du pape, de plusieurs dignitaires de la cour de Rome, et de quelques terrassiers. Une des restaurations faites dans cette chapelle par le pape Damase ou le pape Symmaque fut un pavage entièrement nouveau, construit en tuf et en ciment romain : dans ce lieu humide, exposé sous un luminare ouvert à toute l'action des éléments, ce sol artificiel ne tarda pas à acquérir la dureté de la pierre. Le tombeau de saint Hermès avait été creusé dans la muraille, au niveau de la plus basse rangée des loculi. A l'origine, il était au-dessus du sol ; quand le nouveau pavage eut été superposé à l'ancien, le tombeau se trouva comme prisonnier, le niveau du sol arrivant maintenant au milieu de son ouverture, et le fermant à moitié. Pour enlever la plaque de marbre qui remplissait la bouche du loculus^ il eût fallu briser une partie de ce pavage devenu si dur : or, comme le tuf dans lequel cette chapelle est creusée n*a aucune solidité, aucune consistance, il était évident qu'une fois ce soutien enlevé et le tombeau ouvert, tout un côté de la muraille devait s'écrouler. Cela arriva, en effet, quand le P. Marchi eut fait l'ouverture : pas de suite, mais au bout de quelques jours, l'effondrement eut lieu : la chambre n'est plus aujourd'hui qu'un amas de ruines. Evidemment, la crainte d'un tel désastre avait empêché d'ouvrir le tombeau de saint Hyacinthe en même temps que celui de saint Protus.

En rendant compte de l'état dans lequel fut trouvé le tombeau quand il eut été ouvert, nous allons avoir l'occasion d'appeler l'attention du lecteur sur plusieurs traits intéressants de l'histoire des catacombes. A première vue, il parut ne contenir que de la boue : les spectateurs non initiés encore purent craindre que tant de recherches et de travaux n'aboutissent à une déception. Le P. Marchi les rassura : il leur expliqua que, toutes les fois que l'eau de pluie pénétrait par un luminaire, elle entraînait avec elle des parcelles considérables du sol extérieur : une boue liquide finissait ainsi par remplir les tombes ouvertes au niveau du pavé : mais, si elle dissolvait les ossements mous et encore peu formés des enfants, elle était sans action sur ceux d'un homme fait, comme saint Hyacinthe. Le P. Marchi ouvrit avec un roseau la couche de boue qui remplissait le locu-

lus^ et découvrit bientôt les ossements d'un homme. Ils n'étaient point dans leur état naturel, mais une partie était réduite en cendres, et tous paraissaient avoir subi l'action du feu. Nous ne pouvons rapprocher cette circonstance des incidents du martyre de saint Hyacinthe : ses actes authentiques sont malheureusement perdus.

Quand ces ossements eurent été transportés dans le palais du pape, et examinés, à la pleine lumière du jour, par un professeur d'anatomie, le P. Marchi remarqua, mêlés à la terre et aux ossements, quelques fils d'or entrelacés. Il les recueillit et les soumit à l'examen d'un professeur de sciences naturelles, qui déclara que le corps avait été enveloppé dans une étoffe précieuse, soit drap d'or, soit toile ou soie brodée d'or, il ne pouvait décider lequel, le tissu ayant péri et quelques fils d'or seuls ayant été conservés. Nous trouvons là une intéressante confirmation de ce que racontent non-seulement Eusébe et plusieurs historiens, mais encore Bosio, Boldetti, etc., qui observèrent le même phénomène dans beaucoup de tombes de martyrs ouvertes par eux. Boldetti en cite une en particulier dans laquelle tous les os du squelette étaient intacts, à l'exception du crâne, qui était brisé, et auquel seul adhéraient quelques morceaux de drap d'or. Les reliques de saint Hyacinthe reposent maintenant sous un des autels de la basilique nouvellement restaurée de Saint-Paul-hors-des-Murs.

NOTE B (page 26).

Les (( Actes du martyre de sainte Cécile )) publiés par Bosio en 1600, et de nouveau par Laderchi en 1722, ont été empruntés à un manuscrit appartenant à l'église de Sainte-Cécile dans le Transtevere. La version grecque de Métaphraste fut faite sur un manuscrit beaucoup plus ancien, dont il existe également des copies latines. Il ne sera pas sans intérêt de rapprocher les mêmes passages d'après l'un et l'autre manuscrit. Les additions faites au texte primitif dans le plus récent des deux sont très-significatives ; nous les indiquons par des lettres italiques.

Amachius ordonna d'amener devant lui Cécile, et lui demanda : Quel est ton nom? Elle répondit : Cécile.

Le -préfet Amachius ordonna d'amener devant lui sainte Cécile et lui demanda : Quel est ton nom? Elle répondit : Cécile, selon les hommes; mais, ce qui est beaucoup plus noble^ je suis chrétienne.

A. dit : De quelle condition es-tu?

C. répondit : Je suis ingénue, noble, et de descendance sénatoriale {clarissima).

A. dit : Je te demande quelle est ta religion.

C. répondit : Ton interrogation est donc insensée, puisqu'elle exige deux réponses.

A. dit : D'où te vient cette audace dans tes réponses?

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