Vales., in. ibid
tére du Vatican^ où elle fut conservée pendant le et une partie du vi^ siècle : et il est probable que l'épitaphe de Ceadwalla^ au vii^, contient une allusion formelle à cette cathedra. Pendant le moyen âge^ on entend moins parler de la chaire de saint Pierre. Elle est nommée incidemment à l'occasion de l'intronisation des papes : les recueils liturgiques font mention d'elle. Mais les apologistes ne songent pas à l'invoquer, comme dans les siècles précédents^ à titre d'argument contre les hérétiques. On ne peut donc voir dans la chaire de saint Pierre une légende de cette époque^ une invention des siècles barbares. L'existence de la chaire, et les souvenirs qu'elle rappellC;, furent bien connus^ du reste^ pendant tout le cours du moyen âge : chaque année^ le 22 février, elle était portée solennellement près du maître-autel de Saint-Pierre, et le pape s'asseyait sur elle. Les historiens du Vatican rapportent qu'elle fut conservée tantôt dans une chapelle, tantôt dans une autre, jusqu'au xvii® siècle : Alexandre VU l'enferma dans un monument de bronze, où elle est demeurée cachée à tous les yeux jusqu'en 1867. Il n'est guère probable qu'une nouvelle chaire ait été, soit à cette époque, soit à une époque antérieure, substituée par fraude à celle que vit Ennodius, et que Damase déposa dans le Baptistère du Vatican. La cathedra exposée en 1 867 correspond exactement à la description donnée par Ennodius. Les anneaux qui font d'elle une sella gestatoria sont fixés dans une portion de la chaire facile à distinguer des additions plus récentes. L'archéologie et l'histoire s'accordent donc pour reconnaître la vraisemblance de la tradition romaine, qui voit dans la chaire conservée à Saint-Pierre de Rome le siège même de l'apôtre.
IIL — AUTRE CHAIRE DE SAINT PIERRE DANS LE CIMETIÈRE d'oSTRIANUS.
Voici par quels raisonnements la critique peut établir l'existence d'une seconde chaire de saint Pierre, aujourd'hui perdue, mais qui fut vénérée dans les premiers siècles.
Parmi les olea recueillies, au temps de saint Grégoire le Grand, par l'abbé Jean (voir pages 28, 2p, 93), et conservées à Monza, figure (( l'huile de la chaire dans laquelle siégea d'abord l'apôtre saint Pierre « . Elle ne peut pas avoir été puisée prés de la chaire conservée à cette époque au Vatican ; car, dans le papyrus manuscrit de Monza, où la provenance de chaque relique est indiquée avec beau-
coup de soin^ on la trouve citée parmi les olea recueillies près de la voie Salaria Nova. Entre la voie Salaria Nova et la voie Nomentane s'étend une lande derrière laquelle est située la crypte ( le cimetière d'Ostrianus) où^ selon Bède^ furent enterrés les corps des martyrs Papias et Maurus, baptisés en prison par le pape Marcel. Ce lieu était appelée ad Nymphas B. Pétri ubi baptiiabat ou^ comme on lit dans les Mirabilia Urbis Romœ, « le cimetière de la fontaine de Pierre, )) fons Pétri. Or, puisque toutes les autres olea de l'abbé Jean sont notées par lui dans l'ordre où il les recueillait^ allant de sanctuaire en sanctuaire^ cette conclusion est évidente : lorsque^ en allant de la voie Salaria à la voie Nomentane^ il s'arrêta pour puiser à la (( fontaine de Pierre )> « l'huile de la chaire où siégea d'abord l'apôtre y>, il devait exister dans ce cimetière une chaire alors vénérée comme sedes ubi prius sedit Petrus apostoîus.
On en trouve des traces légères, et comme voilées, dans quelques documents antiques. Ainsi le martyrologe hiéronymien indique le i8 janvier comme date de la Dedicatio cathedrœ sancti Pétri apostoli qua primum Romœ sedit. Le même jour est marqué comme la fête de la chaire de saint Pierre à Rome, dans les martyrologes d'Ado et de Bède. Aucun de ces documents n'emploie l'expression ubi primus ou. prior, mais toujours l'adverbe prius ou. primum, faisant allusion, non à la lignée des pontifes romains dont saint Pierre fut le premier, mais à quelque autre chaire dans laquelle il siégea après celle-ci. L'histoire de saint Pierre rend vraisemblable cette hypothèse. Tous les anciens auteurs supposent deux voyages de l'apôtre à Rome, l'un du temps de Claude, l'autre sous le règne de Néron. Ces deux voyages expliquent aisément comment il put résider en deux lieux différents, et siéger sur deux chaires conservées ensuite avec affection et respect par les chrétiens de Rome.
L'antiquité du cimetière appelé indifféremment d'Ostrianus ou Fons Pétri a été démontrée ailleurs ; la description d'une de ses cryptes par Bosio ressemble beaucoup, selon la remarque de M. de Rossi, à celle du lieu où dut être vénérée la chaire. Mais tout vestige de la chaire elle-même a disparu : moins heureuse que la chaire du Vatican, il n'est rien resté d'elle dans la mémoire des hommes : le raisonnement peut seul la retrouver : pas une légende, pas même une tradition fabuleuse n'a perpétué son souvenir. Et cependant, l'hypothèse de son existence est le seul moyen d'expliquer certaines expressions singulières relatives au cimetière d'Ostrianus, qui, bien que fort petit, portait le titre de Cœmeterium majus; elle est aussi le
seul moyen de débrouiller la confusion, autrement inexplicable, dans laquelle est enveloppée l'histoire des deux fêtes de la chaire de saint Pierre.