‹ Rome souterraine (volume 2)Chapitre 235 sur 247 · DE SAINT PIERRE · texte numérisé non relu

DE SAINT PIERRE

Personne, dans l'antiquité et pendant tout le moyen âge, ne douta que saint Pierre eût fondé l'Eglise de Rome et en eût fait le siège de la primauté divinement établie. Ce fait historique fut contesté pour la première fois au xvi® siècle. A cette époque, des controversistes protestants, pressés par les apologistes catholiques, essayèrent de tourner, en quelque sorte, la position que ces derniers occupaient sur le roc inexpugnable de l'Ecriture sainte, de la tradition et des Pères : ils déplacèrent habilement le terrain du combat, substituant à la discussion théologique la controverse historique. Ils crurent ruiner le fondement du catholicisme en soutenant que saint Pierre ne vint pas à Rome, ne fit point de Rome le siège de sa juridiction apostolique, et n'arrosa point de son sang le premier anneau de cette longue chaîne de pontifes dont l'histoire se confond avec celle du christianisme lui-même. Nous ne discuterons pas ici cette opinion, abandonnée aujourd'hui par la critique la moins orthodoxe. Nous la rappelons seulement parce qu'elle se lie à l'histoire liturgique de la chaire de saint Pierre. « Ce fut, dit le R. P. Guéranger, pour opposer l'autorité de la liturgie à une si étrange prétention des Réformateurs que Paul lY, en 1558, rétablit au 18 janvier l'antique fête de la chaire de saint Pierre à Rome, car, depuis de longs siècles, l'Eglise ne solennisait plus le mystère du pontificat du prince des apôtres qu'au 22 février, où l'on réunissait la chaire d'Antioche à celle de Rome. Désormais, ce dernier jour fut assigné à la seule chaire d'Antioche, la première que l'apôtre ait occupée ^. » Tous les martyrologes, à partir du viii^ siècle, désignent ce jour comme Cathedra Pétri in Antiochia^ ou apud Antiochiam , ou qua sedit apud Antiochiam. M. de Rossi fait remarquer que les documents antérieurs au viii® siècle ne contiennent aucune allusion à Antioche à propos de la fête du 22 février. La liturgie grégorienne intitule simplement ce jour Cathedra sancti Pétri et dans un manuscrit de cette liturgie sont même ajoutés expressément les mots

1. Année liturgique, le temps de Noël, II, 18 janvier, p. 361.

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